Une vie est une somme d’expériences. Une quête d’émotions et de connaissances nouvelles qui apportent des succès mais aussi des échecs.
 

Entre liberté et responsabilité, l’enfant puis l’adolescent apprend progressivement à devenir autonome. Cet apprentissage individuel l’amène, une fois adulte, à connaître ses obligations et à savoir prendre des décisions dans sa vie personnelle, sentimentale, professionnelle et sociale.

Si l’adolescence est une période d’évolution particulièrement importante, les changements ne cessent pas pour autant à l’entrée dans l’âge adulte ! L’équilibre s’ajuste tout au long de la vie, au-delà des épreuves, des succès, des joies, des ruptures et des chagrins.

Si ce chapitre consacre une place importante à l’adolescence, c’est qu’il s’agit d’informer plus particulièrement les adultes, de leur donner les informations nécessaires pour aider les plus jeunes à vivre expériences et découvertes sans courir des risques inutiles.
 


Adolescence et expérience

Première cigarette, première ivresse, premier amour, première relation sexuelle : l’adolescence est le temps des expériences.

Ces essais passent souvent par des excès. Qu’elles soient bruyantes (attitudes provocatrices) ou silencieuses (repli sur soi), ces manifestations ne signifient pas a priori que l’adolescent est en difficulté.

Cette période de recherche et d’hésitations, quête d’autonomie ou maintien du lien de dépendance vis-à-vis des parents, est souvent compliquée à vivre pour l’adolescent et son entourage. Il s’agit pour les adultes, les parents en particulier, de maintenir et d’affirmer les valeurs qui leur semblent importantes pour l’éducation de leurs enfants.
 

Tout en dosant leurs interventions et l’affirmation de leur autorité, il est indispensable pour les adultes de marquer les limites et de mettre en garde un adolescent contre les dangers qu’il peut encourir. Il est par ailleurs tout aussi nécessaire de le valoriser, de l’encourager et de favoriser ses contacts avec l’extérieur.

Aider un adolescent à trouver ses forces personnelles est aussi essentiel pour lui que de connaître les limites posées, particulièrement s’il manifeste une attitude de repli, s’il éprouve un besoin important de confiance et manque d’estime de lui-même.


Le rôle de l’entourage

Chaque personne établit une relation unique à l’autre et au monde, développe des stratégies personnelles pour éprouver du plaisir ou pour ne pas souffrir.

La consommation des substances psychoactives fait partie de ces stratégies. Aucune recette existe donc pour éviter qu’un individu, et en particulier une personne jeune ne fasse usage de psychotropes.

L’adolescence est l’âge de tous les possibles, des expériences et des rencontres.

Ce qui peut être vécu dans un moment particulier peut ne pas prendre un caractère définitif, et rien ne sert de dramatiser un essai ou une erreur.

Dans une période de crise, il s’agira pour l’adulte de trouver le bon moment pour se faire entendre et pour adopter l’attitude la plus appropriée. S’il n’y parvient pas, il peut rechercher l’appui de personnes compétentes.

Quelles questions se poser face à l’usage d’une substance psychoactive ?

Quels sont les produits consommés ?
 
La consommation est-elle rare, fréquente ou régulière ?
 
Quelle est la quantité consommée ?
 
Dans quelles circonstances consomme cette personne, seule ou en groupe ?
 
Y a-t-il des conséquences néfastes ou des dommages causés à soi-même et à autrui ?
 
Quelle importance le consommateur reconnaît-il à cet usage ?
- Pour s’amuser de temps en temps ?
- Pour faire comme les autres
- Parce qu’il l’estime indispensable à son bien-être ?
 
S’interroger, parler en toute confiance d’une consommation, quelle qu’elle soit, est nécessaire.

La plupart des consommations resteront sans conséquences graves si le dialogue est instauré.

Malgré tout, dans certaines situations, il y a lieu de se faire aider. L’accepter, c’est souvent trouver des solutions à des
situations jugées insupportables.

Chercher conseil et assistance n’est pas une marque de faiblesse ou une trahison.


Donner des repères

Refuser ou fuir les conflits ne résout pas les problèmes. 
Dire non à un jeune enfant qui s’apprête à faire quelque chose de dangereux ou d’interdit, dire non à un adolescent sans avoir peur d’exercer son autorité, sont des attitudes éducatives tout aussi essentielles pour lui que celles qui consistent à l’ouvrir à des connaissances nouvelles.

Des études confirment la place éducative de l’interdit dans les comportements de consommation des plus jeunes. Inciter l’adolescent à retarder le plus possible l’expérimentation du tabac et de l’alcool peut atténuer le risque d’un comportement d’abus ou d’une dépendance ultérieure.

Par ailleurs, des enquêtes récentes réalisées auprès de jeunes confirment le rôle positif joué par le dialogue parents-adolescents dans le comportement tabagique des jeunes.

Les adolescents qui déclarent avoir une communication facile avec leurs parents sont moins nombreux à fumer que ceux qui affirment qu’il est difficile de parler avec leurs parents de choses qui les préoccupent vraiment.
 

Retarder le plus possible l’expérimentation du tabac et de l’alcool peut atténuer le risque d’un comportement d’abus ou d’une dépendance ultérieure.



Ne pas préjuger d’une consommation

Tout comme un verre de vin ne fait pas l’alcoolique, un adolescent qui fume occasionnellement du cannabis n’est pas un toxicomane !
 
Cette consommation ne l’entraînera pas forcément dans l’escalade vers des produits de plus en plus dangereux. Les proches peuvent aider à cette prise de conscience en donnant des informations de base claires, précises et exactes destinées à aider l’adolescent à évaluer ses vulnérabilités et ses points forts. Face à une offre de produits et à l’influence de la consommation de l’entourage, il est alors plus facile de faire des choix responsables. Les consommations abusives et les dépendances font partie, le plus souvent, d’un ensemble de comportements à risques ou de symptômes qui sont l’expression de difficultés passagères ou parfois plus profondes et de souffrances, qui doivent être examinées et résolues au cas par cas. Un adolescent
qui fume
occasionnellement du cannabis
n’est pas un toxicomane.


Promouvoir la santé et prévenir

Sous l’égide des Régies régionales de la santé et des services sociaux, des activités sont conduites par des établissements publics et des organismes communautaires auprès des jeunes et des parents. Le plus souvent, elles sont élaborées en concertation avec plusieurs partenaires gouvernementaux concernés. Ces actions visant la prévention de la consommation inappropriée de produits psychotropes se déroulent habituellement :

En milieu scolaire
Des ententes entre le ministère de la Santé et des Services sociaux et le ministère de l’Éducation permettent de mettre en place des stratégies d’intervention globales touchant la promotion de la santé et la prévention de l’ensemble des problèmes qui peuvent affecter les enfants, les adolescents et les adultes en milieu scolaire.

Au cours élémentaire
Des activités de promotion de la santé sont menées afin de susciter chez les élèves une prise de conscience de l’importance de conserver une bonne santé et les informer sur les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.
 

Au cours secondaire
Des programmes sensibilisent les élèves aux situations à risque en regard de la consommation de produits psychotropes et aux moyens à prendre pour faire des choix éclairés. De plus, des éducateurs en prévention des toxicomanies (EPT) soutiennent le personnel scolaire et les enseignants dans leurs démarches d’information et d’intervention précoce auprès des jeunes.
 
À la formation des adultes
Des cours en prévention de la toxicomanie sont offerts à des personnes qui ont déjà leur diplôme d’études secondaires et qui souhaitent se responsabiliser davantage en tant que citoyens ou parents.
   
 

Dans le cadre d’activités des maisons de jeunes
Des forums, discussions, activités dirigées et rencontres avec des personnes ressources sont organisés afin de stimuler et soutenir la réflexion des jeunes au regard de la consommation et des activités alternatives qui s’offrent à eux.

Dans le milieu
(travail de proximité, incluant le travail de rue et de milieu)
Les travailleurs de milieu accompagnent et soutiennent des jeunes ainsi que des jeunes adultes vivant des problèmes d’adaptation, de désorganisation passagère ou d’autres types de difficultés.

Les travailleurs de rue accompagnent et soutiennent, sans limite d’âge, les personnes en situation d’exclusion ou de rupture (comme les jeunes de la rue) afin de leur apporter l’aide requise et de les sensibiliser aux comportements sécuritaires, notamment en matière de consommation de drogues et de sexualité. Ces travailleurs rejoignent leur clientèle là où elle se trouve, c’est-à-dire dans la rue, les parcs, les arcades, les bars, les centres commerciaux, les pîqueries et autres lieux qu’elle fréquente.

Dans les CLSC
Des groupes d’information et de soutien s’adressant aux parents préoccupés par la consommation, réelle ou appréhendée, de leurs enfants sont disponibles dans la majorité des régions du Québec.

Lors de la semaine nationale de prévention des toxicomanies (troisième semaine de novembre)
Des activités de promotion, de sensibilisation et de communication sont mises sur pied afin de responsabiliser les jeunes et de les rassembler autour de thèmes relatifs à la prévention de la consommation inappropriée de substan-ces psychotropes.

Au cours de cette semaine, certaines activités s’adressent de façon spécifique aux parents, mettant l’accent sur l’importance de la communication avec les adolescents et proposant des exercices pour développer les habiletés requises pour y parvenir.

Dans les milieux de travail
Des activités de prévention ont aussi lieu dans les milieux de travail. Ces activités sont habituellement organisées par les programmes d’aide aux employé(e)s (PAE) ou la direction des ressources humaines.
 



Ou s'informer et se documenter?

Centre québécois de documentation en toxicomanie
950, rue de Louvain Est,
Montréal (Québec) H2M 2E8
Téléphone : (514) 385-3490

www.centredollardcormier.qc.ca/qdt.htm
Courriel : cqdt.cdc@ssss.gouv.qc.ca

Pour trouver d’autres adresses utiles :
www.toxquebec.com
www.cplt.com

Par téléphone, 7 jours sur 7,
24 heures sur 24 :

Drogues : Aide et référence
Montréal : (514) 527-2626
Autres régions : 1 800 265-2626

L’appel est anonyme et gratuit et ce, pour l’ensemble du territoire québécois. Ouvert à tous, ce service téléphonique peut répondre aux demandes d’information et orienter les démarches de toute personne aux prises avec des problèmes reliés à l’alcool ou aux autres drogues.


Pour en parler, se faire aider, trouver des services spécialisés

CLSC

Un premier contact avec un CLSC peut aider à trouver des services adaptés, surtout si la consommation est associée à quelques difficultés mais ne présente pas encore la gravité de la dépendance. Le CLSC peut aussi, après consultation, référer aux services spécialisés si la situation l’exige.

Centres hospitaliers

Un bon nombre de centres hospitaliers offrent des services d’urgence en cas de crise aiguë et des services de désintoxication. Pour en savoir plus, consultez le centre hospitalier de votre région.
 

Centres de réadaptation pour personnes alcooliques et autres toxicomanes (CRPAT)

Si la situation exige une intervention spécialisée, les CRPAT sont des établissements du réseau de services du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ils accueillent la personne toxicomane qui désire reprendre progressivement du pouvoir sur sa vie et reconstruire un meilleur équilibre physique, psychologique et social.

La plupart de ces centres privilégient une démarche à l’externe, en continuité avec les autres services publics et communautaires. Des services résidentiels sont aussi disponibles pour les personnes dont la condition nécessite un retrait de leur milieu.


Une quinzaine d’établissements publics offrent les services suivants :
 
urgence
accueil, évaluation, orientation
désintoxication
psychothérapie individuelle ou de groupe
intégration sociale
services à l’entourage
services à la communauté

Ces services sont offerts gratuitement dans toutes les régions du Québec. Vous pouvez obtenir des renseignements additionnels sur le site Internet de la Fédération québécoise des centres de réadaptation pour personnes alcooliques et toxicomanes (FQRCPAT) à l’adresse suivante : www.fqcrpat.qc.ca
 
 

Ressources privées et communautaires

Il existe, dans chaque région du Québec, plusieurs ressources privées et communautaires. La gamme et la qualité des services offerts varient grandement d’une ressource à une autre et d’une région à l’autre. Vous pouvez obtenir des renseignements sur ces ressources accréditées en contactant la Régie régionale de votre région ou en visitant le site du ministère de la Santé et des Services sociaux à l’adresse Internet suivante : http://msss.gouv.qc.ca/f/sujets/allcotoxico.htm


Groupes d’entraide

Au Québec, il existe de nombreux groupes d'entraide, répartis sur l'ensemble du territoire. Ces mouvements offrent de l'aide gratuite au téléphone et des rencontres hebdomadaires de groupe. Leur objectif est d'aider les personnes qui souffrent de problèmes liés à l'alcool (Alcooliques anonymes), aux drogues (Narcotiques anonymes, Cocaïnomanes anonymes) ou aux médicaments (Pharmaco-dépendants anonymes) à trouver une solution à leurs difficultés. Des groupes (Alanon, Naranon...) offrent aussi de l'aide pour la famille et l'entourage.

Leurs coordonnées se retrouvent dans les annuaires téléphoniques de chaque région du Québec ou peuvent être fournies par la ligne téléphonique : Drogues : Aide et référence.