Alcool plaisir ou alcool violence, alcool oubli ou alcool fête, alcool accident ou alcool détente ? Peu importe la raison, l’alcool doit se boire avec modération.

L’alcool, qu’est-ce que c’est ?

L’alcool est obtenu par fermentation de végétaux riches en sucre ou par distillation. On le retrouve dans diverses boissons alcoolisées : bière, vin, cidre, apéritifs, digestifs, spiritueux.

Effets et dangers de l’alcool

L’alcool est absorbé par le tube digestif. En quelques minutes, le sang le transporte dans toutes les parties de l’organisme.

L'alcool est un dépresseur du système nerveux central. Il détend et désinhibe. À court terme et lorsqu’il est consommé à des doses importantes, il provoque un état d’ivresse et peut entraîner des troubles digestifs, des nausées, des vomissements...

Bière
Vin
Apéritif
Spiritueux

Les effets de l’alcool sur l’organisme sont proportionnels à l’alcoolémie, c’est-à-dire au taux d’alcool dans le sang.

Sur le cerveau, l’alcool se lie à de nombreux récepteurs biologiques comme les récepteurs à glutamate, GABA, sérotonine, nicotine. Il perturbe également les fonctions des neurones en altérant la structure de leurs membranes. Enfin, l’alcool augmente la libération de dopamine dans le système hédonique.
 

Les risques sociaux
 
diminution de la vigilance, souvent responsable d’accidents de la circulation, d’accidents du travail ;
 
pertes de contrôle de soi qui peuvent conduire à des comportements de violence, à des passages à l’acte : agressions sexuelles, suicide, homicide ;
 
exposition à des agressions en raison d’une attitude parfois provocatrice ou du fait que la personne en état d’ébriété n’est plus capable de se défendre.
 
Les risques pour la santÉ

À plus long terme, l’alcool affecte les principaux organes et l’usager risque de développer de nombreuses pathologies : maladies du système nerveux, troubles psychiques (anxiété, dépression, troubles du comportement), troubles gastro-intestinaux, maladies du foie (cirrhose) et du pancréas (pancréatite), troubles cardiovasculaires (cardiomyopathies), troubles sanguins (hémorragies, anémies), troubles métaboliques (perturbations du taux de sucre dans le sang ; augmentation de l’acide urique dans le sang, entraînant la goutte) ; troubles hormonaux (diminution de la libido, impuissance, infertilité, irrégularités menstruelles) ; diminution de la résistance aux infections et augmentation des risques de développer des cancers (notamment les cancers de la bouche, de la langue, de l’œsophage, de l’estomac et du foie).

 
 

Conseils pour un usage sans dommage

Lorsqu’on boit de l’alcool, plus on dépasse les limites indiquées ci-après (augmentation des quantités et fréquences de consommation), plus le risque est important.
 

Consommations occasionnelles

Exceptionnellement, pas plus de 4 verres standard en une seule occasion.

Au-delà de la deuxième consommation chez la femme et de la troisième chez l’homme, le taux d’alcoolémie autorisé pour conduire un véhicule moteur au Québec et au Canada (80 mg/100 ml) peut être dépassé. Associée à des médicaments ou à des drogues, une seule dose, même faible, peut avoir des conséquences néfastes immédiates.

Consommations rÉguliÈres
 
pour les femmes :
pas plus de 2 consommations standard par jour ;
 
pour les hommes :
pas plus de 3 consommations standard par jour ;
 
Au moins un jour par semaine sans aucune boisson alcoolisée pour les deux sexes.
 

Servis dans un bar ou un restaurant,
 
un verre de vin rouge, blanc ou rosé, un bock de bière en fût, une flûte de champagne, un verre de porto, un petit verre de whisky, contiennent tous environ la même quantité d’alcool.
 
À domicile, les doses sont toutefois plus variables :
 
les verres ne sont pas tous de la même taille
et peuvent être plus ou moins remplis.

 
Il est donc important de connaître ce que représente une consommation standard.
 

 
 
Il est important de se rappeler que les consommations suivantes contiennent toutes la même quantité d’alcool, soit 13,5 grammes d’alcool par consommation standard :

Bière
5 %

Champagne
12 %
Vin de table
12 %
Vin apéritif
20 %
Spiritueux
40 %
341m
(12 oz)
142ml
(5 oz)
142ml
(5 oz)
85ml
(3 oz)
43ml
(1.5 oz)

INÉGAUX FACE À L'ALCOOL
 
À poids égal et à consommations égales, l’alcoolémie de la femme est plus élevée que celle de l’homme. Dans ces conditions, la femme est plus vulnérable aux effets de l’alcool pour le même nombre de consommations.
 
Le seuil sécuritaire de consommation dépend donc de la personne et du contexte. Quand la consommation s’effectue avec, avant ou après d’autres substances (médicaments, drogues), cette notion de seuil n’a plus cours.
 
Boire une grande quantité d’alcool en peu de temps provoque une montée importante du taux d’alcoolémie.
Seul le temps permet de le faire baisser.

 
On considère que l’organisme élimine environ
15 mg/100 ml d’alcool par heure. Ainsi, l’élimination complète de 80 mg/100 ml d’alcool, qui correspond à
80 mg % (la limite légale pour conduire un véhicule moteur au Québec et au Canada) nécessite en moyenne 5 heures et 20 minutes.
 


Conseils


Retarder le moment de conduire un véhicule ou manipuler une machine dangereuse.
 
Suivant l’état de fatigue et l’état psychologique (énervement, agitation...), se reposer, dormir, manger, se faire conduire.
 
Si on boit sans manger, l’alcool passe beaucoup plus rapidement dans le sang et ses effets sont plus importants. Il est donc préférable de manger lorsqu’on consomme des boissons alcoolisées.
 

Une seule dose, même faible,
peut avoir des conséquences néfastes immédiates.

Évaluer son alcoolémie approximative

Ces tableaux sont fournis à titre indicatif seulement. On doit les interpréter avec prudence, car chacun réagit différemment selon sa corpulence, son état de santé et les circonstances de la consommation. Si on boit sans manger, l’alcool passe beaucoup plus rapidement dans le sang et ses effets sont plus importants. Il est donc préférable de manger lorsqu’on consomme des boissons alcoolisées.
 


 

 
Un exemple

Une femme de 68 kg (150 livres) soupe chez des amis. À 19 h, elle prend une bière de 341 ml à 5 % d’alcool, puis trois verres de vin de 5 onces chacun à 12 % d’alcool et finalement un cognac de 1,5 once à 40 % d’alcool, pour terminer sa dernière consommation à 22 h. À minuit, elle décide de prendre son véhicule automobile.
Est-elle en mesure de conduire à ce moment
là ? Non ! Cette femme est à .095 g % !
 

 

Intoxication aiguË à l’alcool

Cette section supplémentaire a été ajoutée suite au décès d’un jeune causé par une intoxication aiguë à l’alcool. Elle vise à fournir une information de base pour tous, afin de porter secours à une personne qui se retrouverait en état d’intoxication aiguë à l’alcool.

Comment reconnaître une intoxication ?

Le surdosage à l’alcool est une manifestation relativement courante, particulièrement lorsqu’une personne ingère de grandes quantités d’alcool dans un court laps de temps.

Une intoxication aiguë à l’alcool peut causer la mort en moins d’une heure, d’où l’importance de suivre de près l’évolution des signes chez une personne qui semble avoir absorbé une grande quantité d’alcool en peu de temps.

Bien que les signes d’intoxication à l’alcool soient proportionnels à l’alcoolémie, tous les individus ne réagissent pas de la même manière à un niveau déterminé d’alcool. Plusieurs facteurs peuvent être déterminants, entre autres le poids, le sexe, la tolérance, la nourriture ingérée, qui peut ralentir l’absorption de l’alcool dans le sang, et le contexte de consommation. Il faut donc être vigilant aux effets suivants pour identifier une intoxication sérieuse et réagir à temps.
 
Une consommation standard équivaut à :

341 ml (12 oz) de bière à 5 % d’alcool

ou
142 ml (5 oz) de vin à 12 % d’alcool

ou
85 ml (3 oz) de vin apéritif à
20 % d’alcool

ou
43 ml (1,5 oz) de spiritueux à 40 % d'alcool

 

En cas de doute sur le niveau d’intoxication

Il est souvent difficile de savoir la quantité précise d’alcool qu’une personne a consommée au cours des dernières heures, puisque nous n’étions pas nécessairement avec elle depuis le début. Il importe alors de vérifier l’évolution des effets qui peut être rapide, au fur et à mesure que l’alcool est absorbé dans le sang. Si les effets démontrent une intoxication de plus en plus importante, il faut contacter les urgences médicales.

Si l’on est certain que l’absorption de l’alcool dans le sang est complète chez la personne (30 à 90 minutes après la dernière consommation d’une personne à jeun) et que les effets de l’intoxication sont dans une phase de déclin plutôt que de progression, elle peut être hors de danger. Il faut toutefois la surveiller de près pour s’en assurer.

 
 

Alcool et dÉpendance

Certaines personnes risquent de passer d’une consommation récréative contrôlée (usage récréatif), à une consommation excessive non contrôlée (abus) ou à la dépendance.

Les troubles liés à la consommation excessive d’alcool surviennent à des moments très variables selon les individus. Certains vont vivre des ivresses répétées avec de longues interruptions sans devenir pour autant dépendants. Cet usage reste toutefois problématique.

Un consommateur excessif peut évoluer en trois étapes vers la dépendance alcoolique.
 
Phase 1 :
aucun dommage majeur.
Les activités professionnelles, sociales et familiales sont globalement conservées. La santé mentale et physique n’est pas altérée de manière significative.
 
Phase 2 :

Des difficultés d’ordre physique, psychologique, relationnel, social, professionnel et judiciaire apparaissent.

Des atteintes à la santé physique et mentale amènent parfois la personne à réduire ou à arrêter momentanément sa consommation (abstinence).
 

Phase 3 :

La personne est incapable de réduire ou d’arrêter sa consommation, malgré la persistance des dommages.

De nombreux symptômes peuvent apparaître : tremblements, crampes, anorexie, troubles du comportement. Le consommateur est alors dépendant de l’alcool.


 
Ne pas consommer
 
pendant l’enfance et la préadolescence ;
 
pendant une grossesse;
 
lorsqu’on conduit ou prévoit de conduire un véhicule ou lorsqu’on manipule des outils ou des machines dangereuses ;
 
quand on exerce des responsabilités qui nécessitent
de la vigilance ;
 
quand on prend certains médicaments.


 

La consommation d'alcool remonte À l’antiquitÉ.

La consommation d’alcool remonte au moins à l’ère paléolithique, celle où les premières civilisations humaines utilisant des outils et des pierres taillées ont fait leur apparition. Déjà à l’époque, l’Homo Sapiens obtient des boissons fermentées d’une teneur alcoolique relativement faible, à partir de grains (bière), de jus de fruits (vin) ou de miel (hydromel).

C’est vers l’an 800 que les Arabes découvrent la technique de distillation, laquelle permet d’obtenir les spiritueux, des alcools à très hautes concentrations. Quand celle-ci est introduite en Europe vers l’an 1000, les alchimistes croient que l’alcool est l’élixir de la vie longtemps recherché. L’alcool est alors considéré comme le remède pour pratiquement toutes les maladies tel que le suggère le terme whisky qui signifie eau-de-vie pour les Irlandais.

Les problèmes sérieux reliés à la consommation d’alcool s’accentuent à partir du XVIIIe siècle avec la production et la distribution en masse des spiritueux, plus particulièrement le gin. L’épidémie de gin qui frappe l’Angleterre à partir de 1720 a des conséquences sociales dramatiques qui conduisent à la naissance des mouvements de tempérance. Leur impact politique conduit les États-Unis à la prohibition en 1919. Le commerce parallèle et la criminalité engendrés par la prohibition amènent sa levée en 1933.

Au cours du XXe siècle, les percées scientifiques ont permis de mieux définir les variables biopsychosociales reliées à l’usage inapproprié de l’alcool. De nos jours, le concept d’alcoolisme et de ses traitements étant mieux circonscrits, plusieurs approches efficaces existent pour lutter contre cette dépendance.
 


Aujourd’hui, la consommation excessive d’alcool et l’alcoolisme frappent de nombreux pays en développement.
 
Les chiffres DE notre réalité
 
En 2000-2001, les Québécois ont acheté en moyenne 112,5 litres d’alcool : 93,3 litres de bière ; 16,3 litres de vin et 2,9 litres de
spiritueux. Au Canada, nous retrouvons une consommation moyenne de 103,7 litres d’alcool/habitant : 85 litres de bière,
12,2 litres de vin et 6,5 litres de spiritueux.
 
En 1998, 87 % des Québécois âgés de 15 ans et plus (92 % des hommes et 82 % des femmes) ont consommé de l’alcool au cours de leur vie et 81 % (86 % des hommes et 77 % des femmes) au cours de la dernière année. En 1999, selon Statistique Canada, 65 % des Canadiens et 45 % des Canadiennes sont des buveurs réguliers (consomment au moins un verre d’alcool par mois).
 
En 1998, la consommation moyenne des Québécois âgés de 15 ans et plus était de 5 consommations par semaine (6,6 pour les hommes et 3,1 pour les femmes). Dix pour cent des Québécois âgés de 15 ans et plus avaient consommé 14 consommations ou plus par semaine (15 % d’hommes et 5 % de femmes) et 10 % des Québécois rapportent s’être enivrés au moins cinq fois au cours de la dernière année.
 
En 1999, 24,6 % (186/755) des accidents de la route au Québec impliquant le décès d’une personne étaient liés à l’alcool. Dans 69 % des cas, la victime était le conducteur (19 % un passager et 12 % un piéton).
 
Une enquête menée en 2000 auprès de 4 730 élèves du secondaire québécois révèle que 71 % d’entre eux ont consommé de l’alcool durant les douze derniers mois. Selon cette étude, la proportion de consommateurs d’alcool augmente de 46 à 91 % entre la 1re et la 5e année du secondaire. D’après cette enquête, la proportion de buveurs réguliers parmi les élèves du secondaire québécois (fréquence hebdomadaire) augmente constamment, passant d’un peu moins de 6 % en 1re secondaire à 40 % en 5e secondaire.
 
Au Québec, entre 1992-93 et 1998, environ un jeune sur quatre âgé de 15 à 24 ans rapportait une consommation élevée ou abusive d’alcool. L’augmentation du nombre de consommateurs d’alcool semble reposer sur les plus jeunes, soit les 15-19 ans.
 
En 1996-1997, 77 % des Canadiens âgés de 15 ans et plus ont pris de l’alcool au cours de la dernière année. Cette consommation moyenne était de 3,5 consommations par semaine (5 pour les hommes et 2 pour les femmes). Dix-huit pour cent des Canadiens âgés de 15 ans et plus avaient consommé hebdomadairement plus que le seuil recommandé (14 consommations/ semaine et moins pour les hommes ; 9 consommations/semaine et moins pour les femmes).


Que prÉvoit la loi ?

L’alcool est un produit licite dont la production, la vente et l’usage sont principalement régis par la Loi sur les aliments et drogues. L’importation, l’exportation, l’imposition des taxes et la publicité électronique des produits de l’alcool sont de compétence fédérale. La commercialisation, la promotion publicitaire et la vente des produits destinés à être consommés à l’extérieur des points de vente sont de juridiction provinciale.

L’établissement des prix, l’âge légal de consommation et l’interdiction de vente aux personnes intoxiquées caractérisent de telles mesures législatives, de même que l’interdiction de consommer ou de s’intoxiquer sur la voie publique. Par contre, l’âge légal pour consommer de l’alcool est soumis à certaines exceptions comme la consommation d’alcool dans le cadre d’un rituel religieux ou la supervision parentale à l’intérieur d’une résidence. L’interdiction pour les commerçants du Québec de vendre de l’alcool après 23 heures est un autre exemple de cette législation.

CONDUITE AVEC DES FACULTÉS AFFAIBLIES

Le Code criminel stipule que quiconque conduit un véhicule moteur alors que ses facultés sont affaiblies par l’alcool ou la drogue commet une infraction (article 253). La loi fédérale régissant la conduite avec facultés affaiblies reconnaît quatre infractions distinctes :
conduire, opérer ou avoir la garde ou le contrôle d’un véhicule motorisé avec une alcoolémie supérieure à 80 milligrammes d’alcool par 100 millilitres de sang (80 mg/100 ml) ;
 
conduire, opérer ou avoir la garde ou le contrôle d’un véhicule motorisé sous l’influence de l’alcool ou d’une drogue ;
 
conduire avec les facultés affaiblies et causer la mort ou des blessures corporelles ;
 
refuser de fournir un échantillon d’haleine ou de sang sans motif valable.
 
Ces infractions ont une grande portée puisqu’elles n’ont aucune restriction géographique (jardins privés, stationnements, etc.), s’appliquent à tout véhicule motorisé (même une tondeuse) et touchent toute personne ayant la garde ou le contrôle du véhicule moteur.

Au Québec, l’alcool demeure la première cause des accidents de la route. Afin d’améliorer le bilan routier, des changements au Code de la sécurité routière ont été apportés en décembre 1997 pour les conducteurs interceptés avec les capacités affaiblies. Quiconque conduit un véhicule avec un taux d’alcoolémie dépassant 80 mg/100 ml commet une infraction au Code criminel. De plus, il est interdit à tout titulaire d’un permis d’apprenti conducteur ou d’un permis probatoire de conduire après avoir consommé de l’alcool.

Les sanctions prévoient :

la suspension sur-le-champ du permis ;
 
un permis restreint obligeant l’utilisation d’un dispositif détecteur d’alcool ;
 
l’obligation de suivre un programme d’éducation ou de se soumettre à une évaluation du comportement ;
 
des amendes.