Avec la cocaïne tout augmente, les consommations et les risques aussi.

La cocaïne, qu’est-ce que c’est et à quoi ça ressemble ?

La cocaïne se présente habituellement sous la forme d’une poudre blanche plus ou moins fine.

Elle est extraite des feuilles du coca.

Elle peut être prisée (la ligne de coke est reniflée), injectée par voie intraveineuse ou fumée. Une ligne équivaut approximativement à 25 mg de cocaïne.

La cocaïne est fréquemment mélangée à d’autres substances, ce qui peut accroître sa dangerosité et potentialiser les effets et les interactions avec des produits dont on ne connaît pas la nature.


Effets et dangers de la cocaïne

La cocaïne est un stimulant majeur du système nerveux central. Son usage provoque une euphorie fébrile, un sentiment de puissance intellectuelle et physique et une suppression de la fatigue, de l’appétit et de la douleur.

La cocaïne est extraite des feuilles de coca préalablement séchées.

Cet état de stimulation est souvent accompagné d’une certaine agitation et d’anxiété.

Après la période d’euphorie, une sensation de malaise (dysphorie), accompagnée d’anxiété s’installe. Cet état pousse le consommateur à répéter la prise selon un horaire plus ou moins régulier (exemple : une ligne aux 30 minutes). Au fur et à mesure que la consommation progresse, l’anxiété et l’agitation augmentent. L’usager a alors souvent recours à la prise concomitante d’alcool, d’anxiolytiques, de sédatifs ou de cannabis pour réduire ces symptômes ou pour accéder au sommeil.

Sur le système nerveux central, la cocaïne agit en empêchant le recaptage de la dopamine dans les terminaisons pré-synaptiques.
Ce faisant, elle augmente la présence et donc l’effet de la dopamine dans les synapses du système hédonique du cerveau.

La cocaïne provoque :

une contraction de la plupart des vaisseaux sanguins.
Les tissus, insuffisamment irrigués, s’appauvrissent et, par conséquent, meurent. C’est souvent le cas de la cloison nasale qui peut même être perforée chez les usagers qui inhalent ou reniflent régulièrement la cocaïne.
 

des troubles du rythme cardiaque et une hypertension artérielle. Ils peuvent être à l’origine d’accidents cardiovasculaires, notamment chez des personnes fragiles ou celles qui consomment de fortes quantités de tabac ou de cannabis.
 

chez les personnes plus sensibles, ou lors de la consommation de doses importantes, la cocaïne peut provoquer des troubles psychologiques, une grande instabilité de l’humeur, des délires paranoïdes, des hallucinations (surtout auditives) ou des attaques de panique. De plus, la cocaïne provoque parfois une psychose toxique, laquelle est caractérisée par une perte de contact avec la réalité. Le comportement de l’individu intoxiqué devient alors imprévisible et potentiellement dangereux.
 

une augmentation de l’activité psychique et, par conséquent, des insomnies, des phases d’excitation et des troubles de mémoire.
 

Une autre caractéristique de la cocaïne est de lever les inhibitions, ce qui peut conduire à commettre des actes de violence, des agressions sexuelles, des dépenses compulsives, etc. La sensation de toute-puissance entraînée par la cocaïne en fait un produit qui facilite le passage à l’acte pour divers comportements indésirables ou même criminels.
 

Par ailleurs, les accessoires utilisés pour renifler peuvent transmettre les virus des hépatites A, B et C s’ils sont partagés entre plusieurs usagers. En cas d’injection, le matériel partagé peut aussi transmettre les virus du sida et des hépatites B et C.


Cocaïne et dépendance

Stimulant puissant, la cocaïne provoque une dépendance psychologique importante.

Il est alors très difficile d’arrêter une consommation de cocaïne, tant la nécessité d’en reprendre est importante. L’apaisement, même avec la consommation d’une autre substance, est très difficile.


Originaire des Andes, le coca est un arbrisseau cultivé en Amérique du Sud, en Indonésie et dans l’Est africain.

Dans les sociétés précolombiennes, la coca servait de plante médicinale, de drogue stimulante, d’objet rituel et de taxe d’imposition.

Dans les pays andins, les feuilles de coca sont consommées sous forme d’une chique que l’on mastique pendant quelques heures. Cette utilisation entraîne chez le consommateur une diminution des sensations de faim, de fatigue et de froid.

Au début du XVIe siècle, les conquérants espagnols donnèrent ce stimulant aux peuples indigènes exploités dans les mines.

En 1860, William Lossen détermine la structure chimique de la cocaïne. Plus tard, des dérivés de la cocaïne sont utilisés pour diverses applications médicales. Dès 1880, la cocaïne devient populaire aux État-Unis et en Europe et elle est utilisée dans diverses boissons toniques, dont le Coca-Cola. À la suite de nombreux problèmes de santé, la vente de cocaïne est sévèrement régie à partir de 1906.

Depuis des décennies, la consommation de cocaïne s’est progressivement répandue, notamment sous
l’influence des cartels sud-américains.



Un dérivé de la cocaïne : le crack ou rock

Le crack ou rock est de la cocaïne sous forme de base libre (free base). Il est obtenu en chauffant la cocaïne avec du bicarbonate de sodium et de l’eau. Il se présente sous forme de petites roches.

L’usager en inhale la fumée après les avoir chauffées. Cette opération provoque des craquements qui sont à l’origine de son nom.

Ce mode de consommation provoque des effets immédiats et beaucoup plus intenses que ceux de la cocaïne reniflée : le produit arrive plus rapidement au cerveau, la durée de l’effet euphorisant est plus brève et la descente est beaucoup plus désagréable. Ses effets sont semblables à ceux de la cocaïne injectée.
 

L’usage régulier de crack peut entraîner :

des dommages au cerveau ;
 
des épisodes paranoïdes ;
 
des hallucinations ;
 
des idées suicidaires ;
 
des comportements violents ;
 
de graves atteintes des voies respiratoires ;
 
des arrêts respiratoires ou cardiaques pouvant entraîner la mort.

Sa consommation régulière crée rapidement une dépendance psychologique très forte et persistante. Les usagers, même après avoir cessé d’en consommer, restent souvent soumis à des altérations de l’humeur et peuvent connaître des épisodes de rechutes pendant plusieurs mois après l’arrêt de la consommation.


Les chiffres de notre réalité

En 1998, 1,6 % des Québécois âgés de 15 ans et plus ont consommé de la cocaïne au cours de l’année précédente.
 

En 1997, 46 décès attribués à la cocaïne sont enregistrés au Québec.
 

Une enquête effectuée en 2000 auprès de 4 730 élèves québécois du secondaire révèle que 5,2 % d’entre eux ont consommé au moins une fois de la cocaïne durant les douze derniers mois.
 

Une étude canadienne réalisée en 1998 auprès de 7 800 étudiants du premier cycle universitaire rapporte que 5,1 % d’entre eux déclarent avoir fait usage de cocaïne au cours de leur vie et que 1,6 % l’ont fait dans l’année précédant l’enquête.
 


Que prévoit la loi ?

La cocaïne est inscrite à l’annexe I de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.
 

La possession, le trafic, la possession en vue d’en faire le trafic, la production, l’importation et l’exportation sont illégaux.
 

En 1998, au Québec, 34 % des mises en accusation pour possession de drogues sont reliées à la possession de cocaïne.
 

En 1996, au Canada, la cocaïne représentait 17 % des 65 106 infractions reliées aux drogues traitées par les tribunaux.