Tout savoir sur une substance dont le nom fait déjà peur. Pourquoi ?

L’héroïne, qu’est-ce que c’est ?

L’héroïne est obtenue à partir de la morphine.

Ces deux opiacés puissants sont originaires d’une plante, le pavot, que l’on incise pour recueillir de l’opium sous forme de latex blanchâtre, pour ensuite le faire sécher et fabriquer la morphine.

 


À quoi ça ressemble ?

L’héroïne se présente sous la forme d’une poudre blanche, beige ou brune. Elle est la plupart du temps injectée par voie intraveineuse, après dilution et chauffage. L’héroïne est également prisée et fumée. Une dose moyenne correspond à environ 20 mg.

Lors d’un usage répété, le plaisir intense des premières consommations ne dure en général que quelques semaines.


Effets et dangers de l’héroïne

L’héroïne est un dépresseur du système nerveux central. Elle est transformée dans le cerveau en morphine et se lie aux récepteurs opioïdes naturels. Ces récepteurs logent dans le cerveau, dans la mœlle épinière ainsi que dans certains viscères. Leur activation par les opiacés entraîne une puissante analgésie, une euphorie tranquille, l’apaisement et une sensation d’extase. Elle possède également des propriétés anxiolytique et antidépressives. Les effets recherchés traduisent parfois un malaise psychique, une souffrance, un besoin d’oubli.

L’héroïne est un opiacé qui dérive de la morphine. Celle-ci est extraite d’une plante originaire d’asie, le pavot.

Injectée, l’effet immédiat de l’héroïne est de type orgasmique. C’est le rush. Il est suivi d’une sensation d’euphorie et de somnolence, accompagnée parfois de nausées, de vertiges, ainsi que d’un ralentissement du rythme cardiaque et respiratoire.

Lors d’un usage répété, le plaisir intense des premières consommations ne dure en général que quelques semaines. Cette phase est souvent suivie d’un besoin d’augmenter la quantité du produit et la fréquence des prises. La place alors accordée à cette consommation est telle qu’elle modifie totalement la vie quotidienne de l’usager.

Des troubles peuvent apparaître, incluant la sédation, la somnolence et l’anorexie.


Le surdosage (surdose ou overdose) de l’héroïne provoque une dépression respiratoire, une perte de connaissance et éventuellement la mort (chez environ 1 % des héroïnomanes par année).

L’injection entraîne des risques d’infection (notamment par les virus du sida et des hépatites B et C) si l’usager ne se sert pas d’un matériel d’injection stérile, à usage unique.


À partir de 1985, l’approche de réduction des méfaits s’est développée pour éviter la contamination des usagers par le virus du sida.

Les mesures préventives suivantes ont été prises :

la mise en vente libre des seringues en 1987 ;
 

la mise en œuvre de programmes d’échange de seringues (exemple : organisme Cactus à Montréal) ;
 

la diffusion de kits de prévention.
 

Cette politique a entraîné une baisse significative de la contamination par le virus du sida.

Diverses études montrent que les partages de seringues et les nouvelles contaminations par le virus du sida ont diminué chez les usagers de drogue par voie intraveineuse.

Le nombre de personnes contaminées par le virus de l’hépatite c et du vih demeure important : il représente 60 à 80 % des usagers qui s’injectent des drogues par voie intraveineuse.



Héroïne et dépendance

La dépendance à l’héroïne s’installe rapidement dans la majorité des cas. L’héroïnomane alterne entre des états d’euphorie ou de soulagement (lorsqu’il est sous l’effet de l’héroïne) et des états de manque qui provoquent de l’anxiété, de l’agitation et plusieurs symptômes physiques.

Les dépendances physique et psychologique à l’héroïne sont très élevées.

Le sevrage à l’héroïne débute 6 à 12 heures après la prise de la dernière dose et se traduit par des symptômes ressemblant à ceux d’une grippe accompagnés d’anxiété et de bâillements. Par la suite, l’individu manifeste un sommeil agité qui persiste plusieurs heures. Le sevrage atteint son paroxysme après 36 à 72 heures : il éprouve alors des problèmes gastro-intestinaux importants, ses pupilles sont dilatées et il a la chair de poule. Ces manifestations s’accompagnent d’un désir obsédant de consommer la drogue. L’anxiété, l’insomnie, l’agressivité, le délire paranoïde, l’accélération cardiaque et l’hypertension peuvent aussi être observés. Une grande partie de ces symptômes se résorbe en 5 à 10 jours.

La dépendance à l’héroïne entraîne des risques sociaux importants. Elle enclenche un processus de marginalisation chez plusieurs usagers.


En 1888, un chimiste allemand préconise d’employer l’héroïne synthétisée pour soigner la tuberculose.

Médication héroïque, elle est considérée comme susceptible de se substituer à la morphine dans le traitement des douleurs et de la toux. Rapidement, son utilisation devient abusive. Aux États-Unis, on estimait à près de 500 000 le nombre de personnes dépendantes à l’héroïne à la veille de la Première Guerre mondiale.

En 1923, la Société des Nations déclare le produit dangereux et de faible intérêt thérapeutique.

En 1924, l’utilisation non médicale de l’héroïne est prohibée aux États-Unis ; elle y sera totalement bannie en 1956.





Les chiffres de notre réalité
 
Au moins 23 000 Québécois s’injecteraient des drogues. De ce chiffre, 75 à 80 % s’injectent de la cocaïne et 20 à 50 % s’injectent de l’héroïne.
 

Au Québec, 14 % des utilisateurs de drogues injectables seraient infectés par le VIH.
 

À Montréal, près de la moitié des jeunes de la rue sont des utilisateurs de drogues injectables (UDI).
 

Dans une cohorte d’utilisateurs de drogues injectables suivis au Centre hospitalier de l’Université de Montréal, Pavillon St-Luc, 48 % étaient atteints d’hépatite B et 70 % d’hépatite C.
 

En 1997-1998, 566 000 seringues étaient distribuées par un des cinq programmes de la région de Montréal. On enregistrait également un taux de récupération de 86 %.
 

Une étude canadienne réalisée en 1998 auprès de 7 800 étudiants du premier cycle universitaire rapporte que 0,7 % d’entre eux déclarent avoir fait usage d’héroïne au cours de leur vie.
 

Au Québec, parmi les utilisateurs de drogues injectables, 20 % affirment que l’héroïne est la principale substance injectée.
 

Au Québec, en 1997, 30 décès attribués à l’héroïne sont enregistrés.
 

À Montréal, chez les jeunes de la rue, 32 % déclarent avoir déjà consommé de l’héroïne au cours de leur vie, 16 % dans le dernier mois, 10 % toutes les semaines et 5 % tous les jours.
 



Que prévoit la loi ?

L’héroïne est inscrite à l’annexe I de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.

La possession, le trafic, la possession en vue d’en faire le trafic, la production, l’importation et l’exportation sont illégaux.

Au Québec, en 1998, 2 % des mises en accusation pour possession de drogues sont reliées à la possession d’héroïne.
 

Au Canada, en 1996, l’héroïne représente 2 % des 65 106 infractions reliées aux dro­gues traitées par les tribunaux.