Du bon et du mauvais usage de ces médicaments qui sont là pour soigner et qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère.

 


Un médicament psychoactif, qu’est-ce que c’est ?

Prescrit et utilisé avec discernement, un médicament psychoactif permet d’atténuer ou de faire disparaître une souffrance psychologique : anxiété, angoisse, insomnie, dépression, psychoses, maladie affective bipolaire, etc.

Un médicament psychoactif est généralement prescrit par un médecin. Après examen, celui-ci établit un diagnostic et, s’il l’estime nécessaire, détermine le traitement le mieux adapté à l’état de santé de la personne.

Un grand nombre de personnes utilisent, avec ou sans ordonnance, des médicaments psychoactifs pour faire face à des troubles provoqués par leurs difficultés quotidiennes. Parmi elles, on peut citer les personnes âgées confrontées à la solitude, ainsi que les personnes exposées à une surcharge de responsabilités, au stress ou à un événement éprouvant.


Prescrit et utilisé avec discernement, un médicament psychoactif permet d’atténuer ou de faire disparaître
une souffrance psychologique.

Les troubles du sommeil sont un motif fréquent de consultation médicale et de prescription de médicaments psychoactifs. Ces troubles peuvent être transitoires ou occasionnels et peuvent parfois devenir chroniques. Les causes peuvent être somatiques (provenant de causes physiques), psychologiques, psychiatriques, ou dues, tout simplement, à des conditions peu propices au sommeil.


Effets et dangers des médicaments psychoactifs

Les effets des médicaments psychoactifs diffèrent selon leur composition chimique, les doses administrées et la sensibilité de la personne.

Consommer des médicaments et d’autres substances psychoactives en même temps comporte des dangers, d’autant plus que certaines interactions sont méconnues. Le mélange avec l’alcool, par exemple, potentialise ou annule les effets de chacune des substances absorbées.

Les effets d’un médicament psychoactif diffèrent selon la catégorie à laquelle il appartient. On distingue :

les anxiolytiques, les sédatifs et les hypnotiques
 

les antidépresseurs
 

les antipsychotiques
 

les stabilisateurs de l’humeur


Les benzodiazépines

Les anxiolytiques, les sédatifs et les somnifères les plus prescrits appartiennent à la grande famille des benzodiazépines. Ils sont prescrits pour diminuer ou supprimer les manifestations d’anxiété ou d’angoisse, pour calmer et apaiser, pour faciliter la relaxation musculaire et pour induire le sommeil.

Elles peuvent entraîner : perte de mémoire des faits récents, baisse de la vigilance, somnolence et diminution des réflexes. Ces effets rendent dangereuses la conduite d’un véhicule ou la manipulation de machines ou d’équipement pouvant causer des blessures. Ces produits sont connus pour le risque de dépendance physique et psychologique qu’ils entraînent. Ils sont souvent utilisés à doses massives ou en association avec d’autres produits et conduisent à une forme de toxicomanie difficile à surmonter.

Plusieurs benzodiazépines sont actuellement commercialisées au Québec et au Canada. Les principales sont : Ativan®, Dalmane®, Halcion®, Lectopam®, Mogadon®, Restoril®, Rivotril®, Serax®, Tranxene®, Valium®, Versed®, Xanax®.
 


 

Les anxiolytiques et les sédatifs

Ils font partie des dépresseurs du système nerveux central. Ils diminuent l’angoisse et les manifestations de l’anxiété (tension musculaire, agitation …) tout en calmant et en apaisant le consommateur. Ils ne sont pas indiqués pour une maladie précise mais pour répondre à un état d’anxiété ou d’angoisse. Cependant, tout état de ce type ne nécessite pas systématiquement une prescription de ces médicaments.

Les anxiolytiques et les sédatifs les plus prescrits, notamment pour des durées longues, appartiennent à la famille des benzodiazépines, connue pour le risque de dépendance physique et psychologique qu’elle entraîne.

Ils sont parfois utilisés de façon toxicomaniaque, à doses massives ou en association avec d’autres produits.


Les somnifères ou hypnotiques

Ils font aussi partie des dépresseurs du système nerveux central et sont destinés à provoquer ou à maintenir le sommeil. De ce fait, ils peuvent diminuer la vigilance en état d’éveil.

Les somnifères les plus prescrits, notamment pour des durées longues, appartiennent à la famille des benzodiazépines.

Ils sont parfois utilisés de façon abusive, à doses massives ou en association avec d’autres produits


Quelques conseils

Des anxiolytiques, des sédatif ou des somnifères peuvent être prescrits temporairement sans conséquences néfastes significatives pour la santé.
 

Les médicaments psychoactifs ne doivent pas être réutilisés sans nouvel avis médical et ne conviennent pas à une autre personne : une ordonnance est individuelle et personnelle.
 

Une consultation médicale ne se termine pas obligatoirement par la prescription de médicaments, notamment d’anxiolytiques, de sédatifs ou de somnifères.
 

Un état anxieux n’est pas systématiquement traité par un anxiolytique, un sédatif ou un somnifère. Le médecin sait s’il s’agit d’une maladie ou de difficultés passagères et propose alors des solutions adaptées.
 

Le patient doit se conformer strictement à l’ordonnance du médecin et éviter de prendre simultanément de l’alcool et d’autres drogues lors du traitement.

 


Mise en garde

La prise d’alcool ou d’autres dépresseurs du système nerveux central au cours d’un traitement aux benzodiazépines comporte certains risques, car cette combinaison entraîne une potentialisation des effets dépresseurs qui se traduit par une détérioration des performances psychologiques et motrices.

La prise simultanée de benzodiazépines et de méthadone lors de traitements de substitution de l’héroïne est reliée à un risque accru de dépression respiratoire, pouvant entraîner la mort. Les benzodiazépines peuvent entraîner une dépendance physique et psychologique favorisée par la durée du traitement, la dose administrée, les antécédents d’autres dépendances et l’association à l’alcool. La dépendance physique et psychologique se traduit, à l’arrêt brutal du traitement, par un phénomène de sevrage dont les principaux symptômes de manque sont l’anxiété, l’irritabilité, l’agitation, l’insomnie et les douleurs musculaires. L’arrêt progressif permet d’éviter ces troubles et doit donc être fait, idéalement, sous supervision médicale.



Les antidépresseurs

Les antidépresseurs font partie des médicaments psychothérapeutiques. Certains agissent directement ou indirectement sur les neuromédiateurs, en particulier sur la sérotonine et la noradrénaline. Ils sont prescrits dans le traitement de la dépression, dont les symptômes sont notamment : diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir à vivre, troubles du sommeil, agitation ou apathie, sensation de fatigue ou perte d’énergie inexpliquées, sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive, diminution de l’aptitude à penser et à se concentrer.

Les antidépresseurs peuvent entraîner des effets indésirables : perte de vigilance, somnolence, excitation.

Ces médicaments doivent être réservés aux dépressions diagnostiquées par le médecin et ne sont généralement pas prescrits pour des difficultés passagères.

Ils n’entraînent pas de dépendance physique significative. Cependant, la diminution de la posologie doit être progressive afin d’éviter, en cas d’arrêt soudain, des symptômes tels les nausées, les vertiges et un retour trop brutal du syndrome dépressif idéalement, l’arrêt de ces médicaments devrait se faire sous supervision médicale.


Les antipsychotiques

Les antipsychotiques font partie des médicaments psychothérapeutiques. Ils sont principalement utilisés pour le traitement des psychoses (maladies mentales qui affectent les comportements).

Dans le traitement de ces maladies souvent longues, la prise en charge psychologique et sociale du patient est aussi importante que le traitement médicamenteux.

Comme pour tout traitement médical, son interruption est particulièrement déconseillée sans l’avis du médecin.

Ces produits n’entraînent pas de dépendance.


Comme pour tout traitement médical, son interruption est particulièrement déconseillée sans l’avis du médecin.


Médicaments psychoactifs et dépendance

Si certains médicaments psychoactifs n’entraînent pas de dépendance physique, une dépendance psychologique est possible selon chaque individu, pour chaque substance. Quant aux benzodiazépines, elles peuvent entraîner une dépendance à la fois physique et psychologique.

Lorsque la consommation d’un médicament psychoactif est augmentée au-delà de l’ordonnance du médecin, on parle de toxicomanie médicamenteuse.

Les médicaments concernés sont nombreux : opiacés, barbituriques, amphétamines, benzodiazépines. Des analgésiques, des anorexiogènes, des stimulants et des sirops antitussifs sont également utilisés.


La toxicomanie médicamenteuse peut prendre plusieurs formes :

La toxicomanie médicamenteuse

Elle concerne tous les types de médicaments, les associations de différents médicaments n’étant pas rares.

Cette pratique de consommation se rapproche de la dépendance : la vie de l’usager est centrée sur sa consommation. On constate une alternance entre des moments de consommation contrôlée et des moments de consommation excessive. Lorsqu’on essaie de comprendre ce qui motive ces consommations, il est souvent difficile de distinguer la recherche de l’oubli, du sommeil, du soulagement de l’anxiété, de la recherche de sensations voluptueuses ou du plaisir de fonctionner dans un état second.

La toxicomanie médicamenteuse chez les toxicomanes

Les médicaments psychoactifs viennent apporter des sensations nouvelles ou moduler les effets sédatifs ou stimulants des autres substances psychoactives consommées.

Suivant les effets recherchés ou les produits dont ils disposent, les usagers dosent avec plus ou moins de précision ou totalement à l’aveuglette leurs mélanges.


La toxicomanie médicamenteuse méconnue

Les médicaments sont généralement pris suite à une prescription médicale et, face à la persistance des symptômesl ou à l’apparition de symptômes nouveaux, l’escalade médicamenteuse s’installe.
En effet, l’usager cherche toujours le produit qui le guérira, et le médecin, tout en percevant plus ou moins le bien-fondé de cette demande, prescrit de nouveaux médicaments ou augmente la posologie.

La situation se complique lorsque le patient fait lui-même ses mélanges, associe les diverses ordonnances d’un ou de plusieurs médecins, dans un but thérapeutique revendiqué.

Dans ce cas, le patient, attaché à ses ordonnances, desquelles il ne supporte pas qu’on supprime un ou plusieurs produits, consomme de façon rituelle des quantités considérables de comprimés, capsules, etc.

Dans cette conduite, il est difficile de faire la part de la contribution réelle de la maladie entre la dépendance physique et psychologique, la peur de voir le symptôme réapparaître et le désir du médicament.


Les plantes ont été la base
de la majorité des traitements

La pharmacopée (l’ensemble des médicaments) des Mésopotamiens comportait déjà près de 250 espèces de plantes pour soigner. À partir de la Renaissance, arrivent les végétaux d’origine tropicale. L’isolement des principes actifs des plantes ou des substances d’origine végétale n’intervient qu’au début du XIXe siècle, grâce aux progrès de la chimie.

Les substances d’origine animale sont moins fréquentes mais tout aussi anciennes. Poison et venin de certaines espèces étaient utilisés.

Les substances d’origine minérale sont employées depuis toujours à des fins thérapeutiques. Les anciennes civilisations égyptiennes utilisaient le carbonate de calcium pour soigner les acidités du tube digestif, et les Romains, la rouille de fer pour arrêter les hémorragies. Aujourd’hui, certains minéraux sont utilisés par exemple dans les traitements de carences en oligoéléments (fer, cuivre, manganèse, iode, calcium, magnésium, etc.) ou dans le traitement de la maladie affective bipolaire (lithium).



Les chiffres de notre réalité

Au Québec, deux fois plus d’ordonnances de médicaments psychoactifs sont délivrées à des femmes qu’à des hommes. Ce rapport est de trois pour un chez les personnes âgées.
 

En 1998, 4,4 % des Québécois âgés de 15 ans et plus ont pris un anxiolytique ou un sédatifs dans les deux jours qui ont précédé l’entrevue.

En 1996, 3,6 % des Canadiens déclaraient avoir utilisé un antidépresseur au cours des 30 derniers jours.
 


Que prévoit la loi ?

Les benzodiazépines, les autres anxiolytiques, sédatifs et hypnotiques, les antidépresseurs, les antipsychotiques et les stabilisateurs de l’humeur ne font pas partie des annexes de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Ce sont des médicaments qui nécessitent une ordonnance.

À cause de leur abus , depuis le 1er septembre 2000, les benzodiazépines sont des médicaments ciblés, c’est-à-dire davantage contrôlés.