Le PCP est très toxique et souvent vendu sous de faux noms. Comment le reconnaître ?


Le PCP, qu’est-ce que c’est ?

La phencyclidine (ou 1-phénylcyclohexyl-pipéridine) ou PCP, encore appelée Mess, TH, Angel dust et Peace Pill, est un hallucinogène qui produit des effets comparables au LSD tout en suscitant moins d’hallucinations.


À quoi ça ressemble ?

À l’état pur, le PCP se présente sous forme de poudre cristalline blanche qui se dissout rapidement dans l’eau et l’alcool. De production facile, il est synthétisé dans des laboratoires clandestins et vendu dans la rue sous forme de poudres, de comprimés et de capsules de couleurs variées. Une dose typique de l’ordre de 5 à 10 mg coûte environ 10 $. Du fait de son prix peu élevé et de sa synthèse facile, le PCP est souvent utilisé pour couper ou pour amplifier les effets d’autres psychotropes tels le LSD, le cannabis ou la cocaïne.

Le PCP est souvent vendu sous de faux noms, fréquemment sous la dénomination de mescaline.


Le PCP produit des effets comparables au LSD tout en suscitant moins d’hallucinations.


Effets et dangers du PCP

Le PCP produit une anesthésie générale, réduisant ainsi la perception de la douleur et de l’environnement. Il manifeste à la fois des propriétés de dépresseurs et de stimulants du système nerveux central. Il peut entraîner une euphorie, une relaxation, des troubles de mémoire, des sentiments de dissociation de l’environnement et des hallucinations. Les modifications de la perception et des processus de la pensée qu’il provoque sont semblables à ceux induits par le LSD.

Il peut également provoquer des effets psychiques traumatisants : le consommateur a une pensée désordonnée et un sentiment intense d’aliénation, accompagnés de troubles paranoïdes. Ces troubles et le délire peuvent entraîner des comportements étranges ou violents et une psychose toxique. Outre les problèmes de comportement, le surdosage peut causer des troubles du métabolisme musculaire (rhabdomyolyse) susceptibles de provoquer un blocage rénal dû à l’accumulation de déchets métaboliques.

Le PCP est très toxique. Des doses supérieures à 10 mg chez un consommateur non tolérant peuvent causer le délire, la rigidité musculaire, le mutisme, une sédation sévère et un état de stupeur. Des doses supérieures à 20 mg peuvent entraîner des convulsions et le coma. La mort survient habituellement à des doses variant entre 150 et 200 mg. Elle peut résulter d’un arrêt cardiaque ou respiratoire, de complications rénales ou d’hémorragies cérébrales.

L’intoxication chronique au PCP entraîne des problèmes intellectuels, psychologiques et psychiatriques.


PCP et dépendance

Le PCP stimule les régions cérébrales reliées au plaisir et au renforcement. La dépendance psychologique s’observe chez quelques utilisateurs habituels. Elle se caractérise par le désir obsédant de consommer et de ressentir les effets du produit, ainsi que par la difficulté à interrompre l’usage malgré ses propriétés nocives.

La dépendance physique est rare chez l’humain.


Les chiffres de notre réalité

Une étude conduite en 1997 auprès d’étudiants montréalais du niveau secondaire révèle que 8,5 % d’entre eux ont déjà consommé du PCP au cours de leur vie.


Que prévoit la loi ?

Le PCP est inscrit à l’annexe I de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.

La possession, le trafic, la possession en vue d’en faire le trafic, la production, l’importation et l’exportation sont illégaux.