Plus loin, plus haut, plus fort !
mais à quel prix ?


Une conduite dopante, qu’est-ce que c’est ?

On parle de conduite dopante lorsqu’une personne consomme certains produits pour affronter un obstacle réel ou ressenti, pour améliorer ses performances (compétition sportive, examen, entrevue d’embauche, prise de parole en public, situations professionnelles ou sociales difficiles).

Dans le monde sportif, cette pratique prend le nom de dopage.


Le dopage n’est pas une simple tricherie

De nombreux facteurs interviennent dans les motivations des usagers et prédisposent à une conduite dopante :

le sexe : en moyenne, les garçons se dopent plus que les filles ;
 

l’âge : le nombre d’usagers est plus élevé au cours de l’adolescence ;
 

le milieu familial : le comportement des aînés vis-à-vis des substances psychoactives est important ; la pression ou le désintérêt de l’entourage en fonction des résultats sportifs peuvent aussi jouer un rôle ;
 

l’obligation de résultats ;
 

l’isolement social : l’éloignement du domicile, des lieux d’études, de travail ou d’entraînement sportif ;
 

le système de carrière dans le milieu sportif et la recherche de la célébrité ;
 

les amis, les collègues de travail : le besoin de s’intégrer.


On parle de conduite dopante lorsqu’une personne consomme pour affronter un obstacle, réel ou ressenti, afin d’améliorer ses performances.


Au Québec et au Canada, la Commission Dubin conclut que l’usage des substances dopantes est très répandu dans le domaine sportif sans pour autant pouvoir fournir des chiffres précis. Elle constate aussi que la consommation de produits dopants déborde le sport d’élite et pénètre les gymnases et les vestiaires des écoles secondaires, menaçant la santé des athlètes, des sportifs d’occasion et des étudiants du secondaire.

Sur le plan mondial, il est difficile aujourd’hui de déterminer avec exactitude l’ampleur du phénomène d’abus des substances dopantes et de leur utilisation illicite dans le monde du sport. Néanmoins, un récent rapport officiel des États-Unis affirme qu’un tiers des sportifs (et dans certaines disciplines olympiques jusqu’à 80-90 %) ont recours à des substances chimiques interdites.


Seuls les produits causant des effets psychotropes significatifs et utilisés lors de conduites dopantes sont traités ici :

les stimulants
 

les androgènes et les stéroïdes anabolisants
 

les corticostéroïdes
 

les analgésiques opiacés
 

le GHB

Même s’ils ne sont pas traités ici, l’usage de diurétiques, d’hormones de croissance, d’érythropoïétine (EPO) et d’anesthésiques locaux comporte des risques et des dangers pour la santé. Ces substances n’entraînent ni modification de la conscience ni dépendance psychologique.


Les substances dopantes sont achetées :

dans le circuit pharmaceutique légal (médicaments détournés de leur usage, souvent prescrits sur ordonnance médicale) ;
 

sur le marché clandestin, fournies le plus souvent par l’entourage des usagers (produits de laboratoires clandestins ou importations frauduleuses) ; leur nature exacte est invérifiable et leur qualité sujette à caution.
 


Effets et dangers des substances dopantes à risque de dépendance

Les stimulants

Les amphétamines, la cocaïne, la caféine, l’éphédrine et les produits dérivés sont les plus utilisés.

Les stimulants sont consommés pour accroître la concentration et l’attention ainsi que pour réduire la sensation de fatigue. Ils augmentent l’agressivité et font perdre du poids.

Ces produits agissent sur le système cardiovasculaire et neurologique. Leur consommation peut entraîner des troubles psychiatriques.

Le dépassement du seuil physiologique de la fatigue entraîné par l’usage de ces substances peut provoquer des états de faiblesse pouvant aller jusqu’à l’épuisement, voire jusqu’à la mort.

Les androgènes et les stéroïdes anabolisants

Les androgènes sont les hormones mâles responsables de la fonction des spermatozoïdes et de l’apparition et du développement des caractères sexuels masculins. Ils comprennent principalement la testosterone et son produit de transformation plus actif, la dihydrotestostérone.

Les stéroïdes anabolisants sont des analogues synthétiques de la testostérone modifiés chimiquement afin de diminuer les effets androgènes (propres aux caractères sexuels masculins), augmenter les effets anaboliques (permettent la synthèse de substances favorisant notamment l’augmentation de la masse musculaire) et réduire l’incidence d’effets indésirables.

Certains auteurs emploient une terminologie commune pour désigner les androgènes et les stéroïdes anabolisants : ils les appellent simplement stéroïdes, car ils ont la même structure chimique de base.

Les produits les plus utilisés au Québec et au Canada sont la nandrolone (Deca-Durabolin® ou Durabolin®), le danazol (Cyclomen®), la fluoxymestérone (Halotestin®), l’oxandrolone (Oxandrin®), l’oxymétholone (Anapolon 50®) et le stanozolol (Winstrol®).

Les stéroïdes ont plusieurs applications thérapeutiques licites : hypogonadisme mâle (déficiences fonctionnelles des testicules à la puberté ou ultérieurement au cours de la vie), retard de croissance, ostéoporose, etc.

Ils sont aussi utilisés illégalement par les sportifs comme substances dopantes.


Effets recherchés par les athlètes

L’usage abusif et illégal des agents anabolisants par les sportifs repose sur la croyance que leur consommation améliore la performance athlétique. Bien que diverses opinions scientifiques réfutent cette allégation, les stéroïdes anabolisants peuvent, dans certaines conditions, produire les effets suivants :

une augmentation de la masse musculaire et du poids ;
 

une augmentation de la force musculaire ;
 

une augmentation de l’agressivité et de la motivation durant l’entraînement et la compétition ;
 

une augmentation de l’endurance physique par l’aptitude à résister à la fatigue ;
 

une récupération plus rapide après l’exercice et les périodes d’entraînements intensifs.

La dose totale consommée
par les athlètes peut excéder de 2 à 200 fois la dose thérapeutique.


Dangers des stéroïdes

Les bénéfices de l’usage des agents anabolisants à des fins non thérapeutiques sont minimes par rapport aux risques encourus qui peuvent être nombreux et parfois irréversibles.

Selon la dose et la durée de consommation, les agents anabolisants peuvent provoquer des tendinites, des déchirures musculaires, des saignements du nez, de l’acné majeure, des troubles nerveux, psychologiques ou psychiatriques, des perturbations hormonales, des troubles sexuels, des troubles du foie, des troubles cardiovasculaires pouvant entraîner la mort ainsi que des cancers.

Les androgènes et les stéroïdes anabolisants peuvent entraîner une dépendance physique et psychologique.


La découverte des androgènes a lieu dans les années 1930. Rapidement, plusieurs dérivés sont synthétisés puis utilisés chez l’humain pour augmenter ses performances physiques. En 1939, les androgènes sont administrés aux troupes allemandes pour augmenter leur agressivité au combat. Le recours aux stéroïdes devient très répandu au cours des années 1950 chez les athlètes olympiques.

En 1976, le Comité international olympique (CIO) introduit les tests de dépistage des stéroïdes dans l’urine aux Jeux Olympiques de Montréal. Les athlètes utilisent alors des produits qui masquent leur consommation afin d’éviter d’être détectés. En 1988, lors des Jeux Olympiques de Séoul, des méthodes sophistiquées de détection de faibles quantités de stéroïdes dans l’urine sont introduites. Ben Johnson est disqualifié et expulsé des jeux après avoir testé positif au stanozolol.

Lors des Jeux Olympiques de Sydney de 2000, le CIO introduit les tests sanguins. En août 2001, le CIO, les fédérations internationales et les gouvernements conviennent d’établir à Montréal le siège social de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Celle-ci ouvrit ses bureaux en juin 2002 sous la présidence de l’avocat montréalais Richard Pound.


Les corticostéroïdes

Ces substances qui soulagent la fatigue ont une action psychostimulante et anti-inflammatoire. Elles augmentent la tolérance à la douleur et permettent de poursuivre un effort qui serait insupportable dans des conditions normales.

La consommation de corticostéroïdes entraîne en particulier une fragilité des tendons, des déchirures musculaires, des infections locales et générales. Les symptômes vont de la simple fatigue chronique avec une chute des performances, à une défaillance cardiovasculaire pouvant conduire au décès.

Les corticostéroïdes peuvent entraîner une dépendance.


Les analgésiques opiacés

Ces substances assoupissent et engourdissent la sensibilité et comprennent une vingtaine de produits dont le chef de file est la morphine.

Ils sont utilisés pour supprimer ou atténuer la sensibilité à la douleur et provoquer une impression de bien-être.

Ils entraînent des effets nocifs : risques de dépression respiratoire, d’accoutumance et de dépendance physique, diminution de la concentration et de la capacité de coordination.


Le GHB

Le gamma-hydroxybutyrate ou GHB provoque la libération de l’hormone de croissance, ce qui stimule le développement musculaire. Les athlètes et les culturistes recherchent les effets anabolisants puisque le GHB représente une alternative aux stéroïdes anabolisants.

Le GHB est une drogue susceptible d’abus. Son usage excessif et prolongé conduit à la tolérance et à la dépendance physique (voir section sur le GHB).


Les chiffres de notre réalité

En 1996, 0,8 % des Canadiens déclaraient avoir utilisé des stéroïdes anabolisants au cours des 30 derniers jours.
 

Une étude canadienne réalisée en 1998 auprès de 7 800 étudiants du premier cycle universitaire rapporte que 0,8 % d’entre eux déclarent avoir fait usage de stéroïdes anabolisants au cours de leur vie.
 

En 1998, un sondage réalisé par la GRC montre que 16,7 % des jeunes athlètes du niveau secondaire confessent avoir eu recours à une substance dopante dans le but d’améliorer leurs performances athlétiques et 4,1 % d’entre eux affirment avoir utilisé des stéroïdes anabolisants.


Que prévoit la loi ?

Le dopage fait l’objet d’interdictions nationales et internationales dans le domaine du sport. Si certains pays, dont la France, se sont munis de lois spécifiques dans le domaine du sport, le Québec et le Canada se limitent à appliquer les conventions internationales réglementant le sport, notamment celles du Comité international olympique (CIO).

Les substances dopantes sont souvent des médicamentsl. Ainsi, en dehors des normes sportives, l’usage, la distribution et le transport sont régis par la Loi sur les aliments et drogues. Des sanctions criminelles sont prévues lors des infractions reliées aux produits inclus dans les annexes de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.

Ainsi, les stéroïdes anabolisants sont inscrits à l’annexe IV de cette loi. La possession illégale, le trafic, la possession en vue d’en faire le trafic, la production, l’importation et l’exportation sont illégaux.