Brun ou blond, léger ou super léger, roulé, en cigare ou en pipe, le tabac nuit tellement à la santé qu’il contribue à plus de 45 000 décès par an au canada.


Le tabac, qu’est-ce que c’est ?

Le tabac est une plante cultivée dans le monde entier. Après séchage, les feuilles sont laissées à l’air libre pendant un certain temps afin d’obtenir un goût spécifique.

Le tabac est la deuxième substance psychoactive la plus consommée dans le monde, après la caféine. La plante de tabac appartient au genre Nicotiana et la principale espèce cultivée pour le tabac s’appelle Nicotiana tabacum.

Le tabac peut être fumé (sous forme de cigarettes, de cigares ou à l’aide d’une pipe), chiqué (pris par voie buccale) ou prisé (pris par voie intranasale).


Effets et dangers du tabac

Plus de 4 000 composés sont formés par la combustion du tabac et la plupart d’entre eux sont dangereux pour la santé. Une vingtaine d’entre eux sont cancérigènes. Les trois produits du tabac les plus susceptibles d’entraîner des effets néfastes pour la santé sont le goudron, la nicotine et le monoxyde de carbone.


Le tabac est une plante cultivée dans le monde entier. Après séchage, les feuilles sont laissées à l’air libre pendant un certain temps afin d’obtenir un goût spécifique.

La teneur de ces produits doit être indiquée sur les paquets de cigarettes, selon les lois gouvernementales du Québec, du Canada et de plusieurs pays. Le danger de ces substances pour la santé croît avec l’usage.

La nicotine du tabac est un stimulant mineur du système nerveux central. Tout comme les autres substances psychoactives qui induisent une dépendance, elle accroît la libération de dopamine par certains neurones. La nicotine imite l’action d’un neuromédiateur naturel, l’acétylcholine. Elle se lie aux récepteurs nicotiniques dans le cerveau. La nicotine facilite également la libération des endomorphines, ce qui expliquerait en partie son effet analgésique (contre la douleur).


Les composants toxiques du tabac agissent en particulier sur :

L’incidence d’effets cancérigènes
Au Québec et au Canada, plus de 30 % des décès dus au cancer sont attribuables au tabac. Le cancer du poumon est le cancer le plus meurtrier au Québec et au Canada, autant chez l’homme que chez la femme. Le tabac augmente aussi substantiellement le risque de développer les cancers de la bouche, du pha-rynx, du larynx, de l’œsophage, de l’estomac, du pancréas, du rein, de la prostate, de l’uretère et de la vessie.

La fonction cardiovasculaire
Le tabac augmente la pression artérielle, accélère le rythme cardiaque et détériore les artères. Les risques coronariens et les décès par infarctus du myocarde sont deux fois plus élevés chez les fumeurs. Ces risques vasculaires touchent aussi les artères du cerveau et des membres inférieurs.

La fonction respiratoire
Les fumeurs s’exposent à des troubles au niveau de tout l’appareil respiratoire, notamment la bronchite chronique, l’emphysème et le risque de cancer du poumon.

La fonction digestive
La nicotine augmente la sécrétion des acides gastriques et accroît les risques d’ulcères de l’estomac et du duodénum.

Le système nerveux
Le tabac limite l’apport d’oxygène au cerveau et aux muscles. Il est responsable de maux de tête, de vertiges et d’une diminution de la résistance à l’exercice.


Le déroulement de la grossesse

Outre une baisse de la fertilité, une mère fumeuse a plus de risques de faire une grossesse extra-utérine ou une fausse couche qu’une mère non fumeuse. Elle a également 1,5 fois plus de risques d’accoucher prématurément.

Le bébé d’une mère fumeuse est plus à risque de présenter un poids inférieur à la naissance, un périmètre crânien réduit, un retard du développement physique et mental, un délai de croissance, des maladies respiratoires et de mourir du syndrome de la mort subite du nouveau-né.


Tabac et dépendance

La dépendance physique au tabac est présente chez la plupart des fumeurs réguliers. La dépendance psychologique occupe également une place importante dans leur vie.

Le fumeur régulier privé brutalement de sa consommation ressent une sensation de manque. Il est tendu, nerveux, irritable, angoissé, voire déprimé. Il peut trembler et avoir des sueurs ; il lui est difficile de réprimer l’envie de reprendre une cigarette.

Il est possible de s’arrêter de fumer sans aide particulière. Cependant, on peut trouver auprès d’un médecin ou d’un pharmacien des conseils et des aides pour cesser de fumer.
Les nombreuses méthodes d’aide au sevrage peuvent être utilisées avec ou sans ordonnance :

systèmes de remplacement de la nicotine comprenant les timbres transdermiques (patchs) et les gommes à mâcher. Ces méthodes de substitution nicotinique permettent un sevrage progressif de la nicotine et réduisent les effets du manque chez les fumeurs dépendants ;
 

aide psychologique individuelle ou collective, rencontres avec d’anciens fumeurs, relaxation et techniques respiratoires, diététique, homéopathie, acupuncture, hypnose, etc., peuvent être mises à profit.
 


Dans l’Antiquité, le tabac est utilisé par plusieurs cultures indiennes d’Amérique centrale et du Sud pendant des milliers d’années. Les Mayas fument le tabac sous forme de cigares ou à l’aide de pipes. Les peuples natifs d’Amérique sont vraisemblablement les premiers et les seuls utilisateurs du tabac au moment de la découverte du Nouveau-Monde par les Européens.

Au XVIe siècle, les Européens répandent l’usage du tabac en Amérique du Nord parmi les peuples amérindiens et les Espagnols introduisent le tabac en Europe. En 1560, Jean Nicot, ambassadeur français au Portugal, croit dans les vertus médicinales du tabac. Il envoie des semences à la famille royale de France et fait sa promotion à travers le monde. Du fait de son grand intérêt pour la plante, son nom est donné au genre Nicotiana et à la substance nicotine.

En 1964, le U.S. Surgeon General’s Report établit clairement pour la première fois la relation entre la cigarette et diverses maladies, dont le cancer.

En 1997, le gouvernement du Canada adopte la Loi sur le tabac, visant à protéger la santé de la population. Cette loi est modifiée en 1998 et interdit alors la commandite d’événements sportifs, culturels ou autres par l’industrie du tabac, après une période de transition de cinq ans. Depuis l’an 2000, les produits du tabac vendus au Québec et au Canada doivent désormais porter une mise en garde couvrant 50 % de la principale surface exposée.

De nos jours, bien que la consommation de tabac ait diminué au Québec et au Canada, le tabagisme demeure la principale cause de maladies et de décès évitables. Le déclin de l’usage du tabac dans les pays industrialisés s’accompagne d’une hausse de sa consommation dans les pays en développement.



Les chiffres de notre réalité

Au Québec, en 2000, 28 % des personnes âgées de 15 ans et plus fument la cigarette et 29 % des élèves du secondaire ont fumé au cours des 30 jours précédant l’enquête.
 

En 2001, selon Statistique Canada, 24,9 % des Québécois et 21,5 % des Canadiens seraient des fumeurs quotidiens.
 

Au Québec, en 1998, 33 % des jeunes âgés entre 15 et 19 ans (29 % dans le groupe d’âge de 15-17 ans) fument la cigarette et 25 % (22 % dans le groupe d’âge de 15-17 ans) le font tous les jours.
 

Au Québec, en 1998, 17 % des personnes âgées de 15 ans et plus disent s’être initiées au tabac avant l’âge de 13 ans et 45 % entre 13 et 15 ans.
 

Au Canada, en 2000, 24 % des personnes âgées de 15 ans et plus fument la cigarette, comparativement à 25 % en 1999. Le nombre de fumeurs âgés de 15 à 19 ans a baissé de 28 % qu’il était en 1999 à 25 % en 2000, alors que chez les jeunes adultes âgés de 20 à 24 ans, il a diminué de 35 % qu’il était en 1999 à 32 % en 2000. Les taux de tabagisme sont à la baisse au sein de tous les groupes d’âge.
 

Au Canada, en 2000, les taux de prévalence du tabagisme entre les provinces fluctuent entre 20 % en Colombie-Britannique et 30 % en Nouvelle-Écosse, les réductions les plus importantes entre 1999 et 2000 étant observées au Québec, en Alberta et à Terre-Neuve. Pour la première fois depuis 10 ans, le Québec, avec le chiffre de 28 %, n’a pas la proportion la plus élevée de fumeurs au Canada.
 

Au Canada, 1,5 million de jeunes de moins de 17 ans sont régulièrement exposés à la fumée secondaire à la maison.
 

Au Canada, plus de 300 non-fumeurs meurent chaque année du cancer du poumon après avoir été exposés toute leur vie à la fumée secondaire.
 


Que prévoit la loi ?

Le tabac est un produit licite. La production, la vente et l’usage sont réglementés.

La Loi sur le tabac actuellement en vigueur au Canada date de 1997. Elle interdit à quiconque de fournir (vendre ou donner) du tabac à une personne âgée de moins de 18 ans dans un lieu public. Elle régit également les activités de commercialisation des fabricants et des commerçants. Cette loi restreint aussi la promotion publicitaire et contraint l’affichage de certains messages relatifs aux usages et aux dangers de la consommation du tabac.

Elle agit donc sur l’étiquetage, l’emballage et l’affichage des produits du tabac. Le non-respect de ces conditions peut entraîner des amendes de 3 000 $ lors d’une première infraction et de 50 000 $ pour les infractions subséquentes.

Au Québec, c’est la Loi sur le tabac, adoptée en 1998 et appliquée depuis le 17 décembre 1999 qui régit l’usage, la vente, la publicité et la promotion du tabac. Les principales dispositions de cette loi interdisent:

la vente de tabac aux mineurs ;
 

l’usage de tabac dans les milieux de travail, les établissements d’enseignement, les commerces et les centres commerciaux, les restaurants, les établissements touristiques, les pharmacies, les terrains et les installations maintenues par un établissement de santé et de services sociaux, par une école primaire ou secondaire, par les centres de la petite enfance ou d’un service de garde… ;
 

la commandite associée à la promotion des produits du tabac.
 

Le contrevenant s’expose à des poursuites pénales devant une cour municipale. Ainsi, quiconque fait usage de tabac dans un endroit interdit est passible d’une amende de 50 $ à 300 $ pour une première infraction et de 100 $ à 600 $ en cas de récidive. Celui qui vend du tabac à un mineur s’expose à une amende de 300 $ à 2 000 $ pour une première infraction et de 400 $ à 6 000 $ en cas de récidive.