LES SUBSTANCES ET LES DIFFÉRENTS COMPORTEMENTS

Les effets, les risques et les dangers des psychotropes ou substances psychoactives varient suivant les produits et l’usage qu’on en fait. Les raisons de consommer diffèrent selon chaque personne : elles sont liées à son histoire, à son état de santé, à son environnement familial et social.

La consommation de ces produits procure un plaisir ou un soulagement immédiat :

  • on peut boire un verre d’alcool pour se détendre, pour le plaisir de goûter un bon vin, pour se sentir mieux ou surmonter un moment douloureux ou encore, parce qu’on est tout simplement devenu dépendant
  • fumer du tabac pour faire comme les autres, pour le plaisir de partager un moment avec d’autres ou parce qu’on ne peut plus s’arrêter
  • consommer de l’ecstasy dans l’espoir d’accéder à des sensations extrêmes
  • abuser d’une substance pour atténuer une sensation de malaise, rechercher l’oubli d’une souffrance ou d’une réalité vécue comme insupportable

Que le produit soit licite ou illicite, on distingue trois types de comportements de consommation : l’usage récréatif, l’abus et la dépendance.

Chaque comportement lié à la consommation de psychotropes présente des risques différents : il dépend du produit, de la quantité consommée, de la voie d’administration utilisée, de la fréquence de la consommation, ainsi que de la vulnérabilité du consommateur et de divers facteurs psychologiques et socioculturels.



Que le produit soit licite ou illicite, on distingue trois types de comportements de consommation : l’usage récréatif, l’abus et la dépendance


QU’EST-CE QU’UNE SUBSTANCE PSYCHOACTIVE ?

Alcool, café, héroïne, GHB, amphétamines, cocaïne, cannabis… ce sont toutes des substances psychoactives, c’est-à-dire qui agissent sur le psychisme des individus :

  • elles modifient le fonctionnement mental et peuvent entraîner des changements dans les perceptions, l’humeur, la conscience, le comportement et diverses fonctions physiques et psychologiques. Leur usage expose à des risques et à des dangers pour la santé et peut entraîner des conséquences sociales dans la vie quotidienne. Il peut en outre conduire à la dépendance
  • elles provoquent des réactions somatiques (sur le corps) d’une grande diversité selon les propriétés de chacune, leurs effets et leur nocivité

Toutes ces substances sont régies par la loi

Par exemple, la cocaïne, l’ecstasy, le LSD et le PCP sont tous des produits illicites. La Loi réglementant certaines drogues et autres substances, adoptée au Canada en 1997, en interdit et en réprime la possession, l’usage, la production, l’importation, l’exportation et le trafic.

Le cannabis est aussi une substance illicite, mais sa consommation est parfois autorisée dans un cadre médical très précis.

Les médicaments psychoactifs (anxiolytiques, sédatifs, hypnotiques, antidépresseurs, antipsychotiques, stabilisateurs de l’humeur) sont des produits licites. Ils sont prescrits par un médecin pour traiter l’anxiété, l’excitation, l’insomnie, la dépression, les psychoses, les troubles de l’humeur. Leur production et leur usage sont strictement contrôlés et leur obtention nécessite une ordonnance.

L’alcool et le tabac sont des produits licites. Ils sont consommés librement, principalement à des fins récréatives. Leur vente est autorisée et contrôlée et leur usage réglementé.


QU’EST-CE QUE L’USAGE RÉCRÉATIF ?

L’usage récréatif est une consommation de substance(s) psychoactive(s) qui n’entraîne ni complications pour la santé ni troubles du comportement pouvant avoir des conséquences néfastes sur soi-même ou sur les autres.

C’est souvent le cas chez les adolescents ou les jeunes adultes qui expérimentent par curiosité, pour s’amuser ou pour imiter les autres par effet d’entraînement. La plupart du temps, ils semblent s’en tenir là, sans risque d’une éventuelle escalade. Il s’agit aussi des consommations occasionnelles et modérées qui concernent, par exemple, les usagers d’alcool ou de cannabis.

QU’EST-CE QUE L’ABUS ?

L’abus, l’usage abusif ou l’usage à risque est une consommation susceptible de provoquer des dommages physiques, psychologiques, économiques, judiciaires ou sociaux pour le consommateur et pour son environnement immédiat ou lointain.

Les risques liés à l’abus dépendent principalement de la dangerosité spécifique du produit, des dommages pour la santé et des conséquences sociales de la consommation.

Les risques pour la santé (risques sanitaires) :

L’usage est abusif lorsqu’il entraîne une détérioration de l’état physique ou psychologique, l’aggravation de certaines maladies, voire des décès prématurés.

Les risques pour la vie quotidienne (risques sociaux) :

L’usage est abusif dans les situations où la consommation et ses effets peuvent occasionner un danger ou entraîner des dommages pour soi ou pour les autres (ex. : conduite d’un véhicule moteur sous l’influence de l’alcool ou d’une drogue).


Dans la grande majorité des cas, l’usage récréatif n’entraîne pas d’escalade


SIGNES EXTÉRIEURS DE L’ABUS OU DE L’USAGE ABUSIF

On parle d’abus ou d’usage abusif lorsque l’on peut constater :

  • l’utilisation d’une substance dans des situations qui comportent des dangers : relâchement de la vigilance (conduite d’un véhicule moteur, manoeuvre d’une machine dangereuse)
  • des infractions répétées, liées à l’usage d’une substance (délits commis sous l’effet d’un produit, accidents divers sous l’effet d’une substance, etc.)

  • l’aggravation de problèmes personnels ou sociaux causés ou amplifiés par les effets de la substance sur les comportements (dégradation des relations familiales, difficultés financières, etc.)

  • des difficultés ou l’incapacité de remplir ses obligations dans la vie professionnelle, à l’école, à la maison (absences répétées, mauvaises performances au travail, résultats médiocres, absentéisme, exclusion, abandon des responsabilités, etc.)

  • l’incapacité de se passer d’une substance pendant plusieurs jours

  • la mise en péril de la santé et de l’équilibre d’autrui (ex. : risques que fait encourir une femme enceinte à la santé de son bébé)

LA DÉPENDANCE, ÇA COMMENCE QUAND ?

Brutale ou progressive selon les produits, la dépendance s’installe quand on ne peut plus se passer de consommer une ou plusieurs substances, sans éprouver de souffrances physiques ou psychologiques.

La vie quotidienne tourne largement ou exclusivement autour de la recherche et de la prise du produit : on est alors dépendant.

Il existe deux types de dépendance : la dépendance physique et la dépendance psychologique. Elles peuvent être associées ou non.

La dépendance se caractérise d’abord par des symptômes généraux :

  • l’impossibilité de résister au besoin de consommer

  • l’accroissement de la tension interne, de l’anxiété avant la consommation habituelle

  • le soulagement ressenti lors de la consommation

  • le sentiment de perte de contrôle de soi pendant la consommation

LA DÉPENDANCE PSYCHOLOGIQUE

Également appelé dépendance psychique, cet état implique que l’arrêt ou la réduction brusque de la consommation d’une drogue produit des symptômes psychologiques caractérisés par une préoccupation émotionnelle et mentale reliée aux effets de la drogue et par un désir obsédant (craving) d’en reprendre.

Cette privation de la drogue entraîne une sensation de malaise, d’angoisse, allant parfois jusqu’à la dépression. Une fois qu’elle a cessé de consommer, la personne peut mettre du temps à s’adapter à cette vie sans le produit. Cet arrêt bouleverse ses habitudes, laisse un vide et permet parfois la réapparition d’un malêtre que la consommation visait souvent à éliminer. Là pourrait se trouver l’explication des rechutes, parfois nombreuses, qui font partie du lent processus qui, éventuellement, peut permettre d’envisager la vie sans consommation problématique.

LA DÉPENDANCE PHYSIQUE

Certaines substances entraînent une dépendance physique. Cet état implique que l’organisme s’est adapté à la présence continue de la drogue. Lorsque la concentration de la drogue diminue au-dessous d’un certain seuil, l’organisme réclame alors le produit. Cela se traduit par divers symptômes physiques de l’état de manque, appelé également syndrome de sevrage.

La privation de certains produits tels que les opiacés, le tabac, l’alcool et certains médicaments psychoactifs engendre des malaises physiques qui varient selon le produit : douleurs avec les opiacés, tremblements et convulsions avec l’alcool, les barbituriques et les médicaments de type benzodiazépines.

Ces symptômes peuvent être accompagnés de troubles du comportement (anxiété, angoisse, irritabilité, agitation, etc.).

Lorsqu’une personne cesse de consommer une drogue de manière brutale, ou parfois même de façon progressive, on parle de sevrage. Pour aider la personne dépendante à se libérer du besoin de consommer la substance sans qu’elle souffre trop intensément des effets physiques du manque, il existe au Québec un réseau d’aide médicale et psychosociale. On y offre un traitement qui peut prendre la forme d’un sevrage avec assistance médicale, d’un programme de réadaptation spécifique ou d’un traitement de substitution. Le suivi médical et l’accompagnement psychosocial apportent une aide précieuse pour surmonter les difficultés du sevrage et faciliter la réadaptation. Généralement, ce soutien favorise et renforce les résultats attendus.

LA POLYCONSOMMATION : MULTIPLICATION DES PRODUITS ET DES DANGERS

Parfois, les problèmes se compliquent lorsque la même personne consomme plusieurs produits.

La consommation d’un produit entraîne souvent l’usage d’autres substances psychotropes :

  • alcool et cigarette

  • héroïne et cocaïne (speedball)

  • cannabis, tabac et alcool

  • PCP et cannabis (killer weed)

  • ecstasy et médicaments psychoactifs

Dans ces cas, on parle de polyconsommation. Les dangers sont souvent méconnus. Conjugués, les effets néfastes des produits peuvent être amplifiés, entraînant parfois des risques pouvant être graves pour la santé.

Il y a une nette corrélation entre la consommation de cigarettes et celle d’autres psychotropes. En effet, la consommation d’alcool, de sédatifs, d’héroïne et d’amphétamines est associée à une augmentation de la consommation de cigarettes.

De plus, plusieurs études démontrent un lien entre le degré de dépendance à l’alcool et la dépendance au tabac. Les personnes alcooliques ont tendance à fumer davantage et à subir plus d’échecs lors des tentatives d’arrêter de fumer. La majorité d’entre elles trouvent plus difficile de cesser de fumer que de cesser de boire.






La privation de la drogue entraîne une sensation de malaise, d’angoisse, allant parfois jusqu’à la dépression
Lorsqu’une personne cesse de consommer une drogue de manière brutale, ou parfois même de façon progressive, on parle de sevrage
La polyconsommation peut conduire à une polytoxicomanie, c’est-à-dire à la dépendance à plusieurs drogues