AMPHÉTAMINE,
MÉTHAMPHÉTAMINE
ET
CRISTAL METH

Une mise au point s’impose sur ces stimulants puissants

L’amphétamine, la méthamphétamine et le cristal meth appartiennent à la même classe de substances, celle des amphétamines. Le terme amphétamines désigne un groupe de molécules dont les effets pharmacologiques sont apparentés. Il inclut entre autres substances, l’amphétamine, la méthamphétamine (deux fois plus puissante que l’amphétamine) et la MDMA communément appelée ecstasy.

LES AMPHÉTAMINES, QU’EST-CE QUE C’EST ET À QUOI ÇA RESSEMBLE ?

Les amphétamines (speed, ice ou cristal) sont des stimulants majeurs qui se présentent sous forme de comprimés, de cristaux ou de poudre. Très souvent mélangées avec d’autres produits, elles peuvent être administrées par voie orale, prisées ou même fumées.

Les doses d’amphétamines consommées par jour peuvent être très variables et sont fonction, entre autres, de la substance utilisée, de la voie d’administration et des habitudes de consommation de l’usager.

EFFETS ET DANGERS DES AMPHÉTAMINES

Stimulants physiques, les amphétamines suppriment la fatigue, augmentent la vigilance, provoquent une sensation de bien-être intense et donnent l’illusion d’être invincible. Les effets durent plusieurs heures et s’apparentent à ceux de la cocaïne.

Dans le cerveau, les amphétamines provoquent des augmentations immédiates et importantes de dopamine et de sérotonine dans les synapses, suivies d’un épuisement des stocks de ces neuromédiateurs. Ceci entraîne des perturbations du fonctionnement cérébral.

Leur consommation peut entraîner une altération de l’état général par la dénutrition et par l’éveil prolongé (insomnie) conduisant à un état d’épuisement, une grande nervosité et des troubles psychologiques (anxiété, agitation, irritabilité, excitation, panique, perturbations de l’humeur, psychose, trouble paranoïde). On peut assister à l’apparition de problèmes cutanés importants (boutons, acné).

La descente peut être difficile : elle peut provoquer une crispation des mâchoires, des crises de tétanie, des crises d’angoisse, un état dépressif et comporter même parfois des risques suicidaires. Ces produits s’avèrent très dangereux en cas de dépression, de problèmes cardiovasculaires et d’épilepsie.

L’association avec de l’alcool ou d’autres substances psychoactives comme l’ecstasy (MDMA) accroît les risques de neurotoxicité (toxicité au niveau du système nerveux).

MÉTHAMPHÉTAMINE ET CRISTAL METH, DES AMPHÉTAMINES PARTICULIÈRES

LA MÉTHAMPHÉTAMINE, QU’EST-CE QUE C’EST ET À QUOI ÇA RESSEMBLE ?

La méthamphétamine est un psychostimulant de la famille des amphétamines. Elle a des effets puissants sur le fonctionnement du système nerveux central car elle est deux fois plus active que l’amphétamine.

Elle fait partie d’un ensemble de substances appelées « drogues de club » parmi lesquelles on retrouve également l’ecstasy, le GHB, le PCP et la kétamine. Ces drogues sont associées en grande partie au phénomène des soirées rave et des clubs After Hours.

Le cristal meth est une dénomination initialement attribuée à la méthamphétamine sous forme de cristaux, mais elle peut aussi se présenter sous forme de poudre ou de comprimés. Cette substance appartient aussi à la famille des amphétamines.

Le cristal meth se présente sous forme de cristaux, de capsules, de comprimés ou de poudre. La préparation sous forme de poudre est principalement destinée à être ingérée et on la retrouve habituellement sous les noms de meth ou speed. Cette poudre est blanche, cristalline, sans odeur et se dissout aisément dans l’eau ou l’alcool. Quant à la forme destinée à être fumée, on utilisera les termes cristal meth, ice, cristal ou glass. Elle se présentera sous forme de cristaux clairs pouvant être fumés de la même manière que la cocaïne sous forme de crack. Le cristal meth peut aussi être injecté.

EFFETS ET DANGERS DE LA MÉTHAMPHÉTAMINE

L’ingestion par voie orale sous forme de pilule ou de capsule, l’injection intraveineuse et l’inhalation (en fumée ou en poudre) sont les modes de consommation les plus courants. Lorsqu’elle est ingérée par voie orale, les effets débutent après 15 à 20 minutes et peuvent durer jusqu’à 12 heures, voire une journée entière. Elle est absorbée beaucoup plus rapidement lorsqu’elle est prise par voie intranasale et plus rapidement encore, lorsque consommée par voie intraveineuse ou intrapulmonaire. Ses effets sont alors ressentis presque instantanément et elle provoque une euphorie intense allant jusqu’à une sensation de type orgasmique, communément appelée rush.

Le cristal meth consommé par inhalation ou par injection est l’un des plus puissants psychostimulants disponibles sur le marché des drogues illicites. L’individu est plus attentif, plus alerte et éprouve un sentiment de domination. La dépendance physique et psychologique s’installe rapidement et l’envie de reconsommer cette drogue deviendra alors une préoccupation constante qui augmentera graduellement jusqu’à l’obsession. Cette obsession ne pourra se résoudre autrement que par un nouvel épisode de consommation intense.

Les utilisateurs chroniques présentent habituellement divers symptômes d’anxiété, d’angoisse, d’insomnie et de dépression avec parfois des idées suicidaires. À cela peuvent s’ajouter diverses manifestations psychotiques telles que les troubles paranoïdes, les délires obsessionnels et les hallucinations, allant parfois jusqu’aux comportements violents. Cette agressivité est causée par les idées paranoïdes et l’impression de danger imminent. Les symptômes psychotiques peuvent persister des mois, voire des années après l’arrêt de la consommation.

On peut également retrouver de la confusion et des déficits cognitifs prolongés. Le nombre, l’amplitude, la durée et la fréquence de ceux-ci varient généralement en fonction de l’intensité et de la durée de la consommation.

Comme pour les autres amphétamines, la consommation de méthamphétamine peut aussi causer divers troubles physiques qui varient selon les doses consommées et la sensibilité du consommateur :

  • rougeurs ou pâleurs
  • mydriase (dilatation des pupilles)
  • céphalées, tremblements, frissons
  • sécheresse de la bouche, goût désagréable persistant
  • diminution de l’appétit, perte de poids
  • crampes abdominales, constipation ou diarrhée
  • augmentation du rythme et de la profondeur de la respiration
  • troubles cardiovasculaires : tachycardie (augmentation du rythme cardiaque), arythmies, hypertension, cardiomyopathies et dommages aux microvaisseaux sanguins du cerveau
  • augmentation de la libido avec perte des inhibitions (plus rarement une baisse de la libido)
  • impuissance passagère, particulièrement lors d’un usage abusif et soutenu

À fortes doses, la méthamphétamine peut causer de l’hyperthermie (parfois la fièvre est très forte), des convulsions et la mort.

Interactions avec d’autres substances

La méthamphétamine interagit principalement avec les autres psychostimulants et les antidépresseurs. Dans le premier cas, il s’agit généralement d’effets synergiques où les effets s’additionnent ou se multiplient, et augmentent ainsi les risques de surdose. Quant aux antidépresseurs, la consommation simultanée de ceux-ci et de la méthamphétamine peut conduire à des variations de pression sanguine dangereuses. Ces symptômes physiologiques peuvent inclure les céphalées, les convulsions, les problèmes cardiovasculaires et un risque accru du syndrome sérotoninergique. Ce syndrome peut comprendre certaines des manifestations suivantes : agitation, confusion, irritabilité, altération de la conscience, faiblesse, rigidité musculaire, fièvre, transpiration, frissons, tremblements, hypertension, convulsions et collapsus cardiovasculaire.



Les amphétamines sont des stimulants majeurs qui se présentent sous forme de comprimés, de cristaux ou de poudre
L’association avec des amphétamines et de l’alcool ou d’autres substances psychoactives comme l’ecstasy accroît les risques de neurotoxicité
La méthamphétamine est un psychostimulant ayant des effets puissants sur le fonctionnement du système nerveux central et un fort potentiel d’induire la dépendance
Le cristal meth consommé par inhalation ou par injection est l’un des plus puissants psychostimulants disponibles sur le marché des drogues illicites Certains symptômes psychotiques peuvent persister des mois, voire des années après l’arrêt de la consommation À fortes doses, la méthamphétamine peut causer de l’hyperthermie, des convulsions et la mort

AMPHÉTAMINES
       LES CHIFFRES D’UNE RÉALITÉ QUÉBÉCOISE

  • Selon l’Enquête sur les toxicomanies au Canada (ETC) menée en 200415, 8,9 % des Québécois de 15 ans et plus avaient déjà consommé des amphétamines au moins une fois dans leur vie. Ceci représente plus de 500 000 personnes.
  • Selon l’ETC15, 2,3 % des Québécois de 15 ans et plus avaient consommé des amphétamines au cours des douze mois précédant l’enquête. Ceci représente plus de 100 000 personnes.
  • D’après une étude-terrain menée dans le milieu festif montréalais en 200416, les amphétamines étaient le type de substances les plus souvent consommées (70,4 % des cas) dans les parties rave.
  • En 20045, une étude démontre que 10,3 % des élèves du secondaire (12 à 17 ans) ont consommé des amphétamines au cours de la dernière année (9,5 % des garçons et 11 % des filles). Ceci représente plus de 45 000 élèves du secondaire.
    Tendance statistique : de 0,6% de 20006 à 20027,
                                        puis de
    2,7% en de 20027 à 20045.
  • Une étude menée en 200317 auprès des jeunes de la rue de Montréal (14-23 ans) démontre que 53,7 % de ces jeunes ont déjà consommé des amphétamines.


PRODUIT
ILLICITE



QUE PRÉVOIT LA LOI?

  • La méthamphétamine est inscrite à l’annexe I de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances depuis le 11 août 2005.
  • Les autres amphétamines sont inscrites à l’annexe III de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.
  • La possession, le trafic, la possession en vue d’en faire le trafic, la production, l’importation et l’exportation des amphétamines sont illégaux.