CANNABIS

Le cannabis est le produit illicite le plus consommé au Québec, au Canada et dans le monde. Bien que ses propriétés pharmacologiques soient bien connues, sa réglementation fait l’objet de nombreuses discussions.

Le principal ingrédient actif du cannabis responsable des effets psychotropes est le THC (tétrahydrocannabinol). Sa concentration est très variable selon les préparations et la provenance du produit.

LE CANNABIS QU’EST-CE-QUE C’EST ET À QUOI ÇA RESSEMBLE ?

La marijuana (pot, mari, marijane, herbe, weed)

Feuilles, tiges et sommités fleuries, simplement séchées. La marijuana se fume telle quelle ou mélangée à du tabac, roulée en cigarette souvent de forme conique (le joint, le pétard, le bat, le billot, etc.).

Le haschich (hasch)

Il provient de la résine de la plante à laquelle on ajoute la poudre provenant des plants séchés et secoués. Le haschich se présente sous la forme de plaques compressées, de morceaux de couleur brune, noire, jaunâtre ou verdâtre selon les régions de production. Il se fume généralement mélangé à du tabac sous forme de cigarette (joint) ou à l’aide d’une pipe. Le haschich est fréquemment coupé avec d’autres substances plus ou moins toxiques comme le henné, le cirage, la paraffine, etc.

Les huiles de marijuana ou de haschich

Extraits huileux provenant de la marijuana ou du haschich, ces préparations, généralement plus concentrées, sont habituellement déposées sur le papier à cigarette ou directement imprégnées dans du tabac, puis fumées.

Du fait des méthodes de culture actuelles, les concentrations en THC sont plus élevées dans les produits d’aujourd’hui, augmentant ainsi l’activité du produit. On trouve parfois des pourcentages de THC plus élevés dans la marijuana que dans le haschich ou les huiles.

EFFETS ET DANGERS DU CANNABIS

Le cannabis est un perturbateur du système nerveux central. Ses effets sont variables : euphorie, accompagnée d’un sentiment d’apaisement, d’une légère somnolence et d’une envie spontanée de rire.

Des doses fortes entraînent rapidement des difficultés à accomplir diverses tâches, perturbent la perception du temps, la perception visuelle et la mémoire immédiate. Elles provoquent également une léthargie et des troubles de la coordination des mouvements.

Ces effets peuvent être dangereux si l’on conduit un véhicule moteur ou si l’on manoeuvre certaines machines dangereuses. Ils peuvent être amplifiés si le cannabis est mélangé à d’autres substances psychoactives.

Selon la quantité consommée, la composition du produit et la sensibilité de l’usager, les principaux effets physiques du cannabis sont :

  • un gonflement des vaisseaux sanguins (yeux rouges)
  • une diminution de la salivation (bouche sèche)
  • une augmentation du rythme cardiaque (tachycardie)
  • une diminution de la pression artérielle en position debout (hypotension posturale)
  • une baisse du taux de sucre sanguin (hypoglycémie) contribuant vraisemblablement à l’augmentation de l’appétit, spécialement pour les aliments sucrés (fringales)

Sur le système nerveux central, le cannabis entraîne une faible libération de dopamine.

Même si les effets nocifs du cannabis sur la santé sont, à certains égards, moins importants que ceux d’autres substances psychoactives, l’appareil respiratoire est exposé aux risques associés au fait de fumer du tabac (nicotine et goudrons toxiques), car le joint est souvent composé d’un mélange de tabac et de cannabis. À poids égal, le cannabis fumé fournit 50 % plus de goudron qu’une marque populaire de tabac fort. En outre, la concentration de certains agents cancérigènes retrouvés dans le goudron de la marijuana est plus élevée que celle d’un même poids de goudron de tabac. Enfin, une cigarette de cannabis est habituellement inhalée plus profondément et retenue plus longtemps dans les poumons qu’une cigarette ordinaire. Ainsi, une cigarette de cannabis peut théoriquement causer autant de problèmes pulmonaires que 4 à 10 cigarettes ordinaires.

Certains effets, souvent mal perçus par la population et les consommateurs, ont des conséquences importantes et révèlent l’existence d’un abus :

  • Le syndrome d’amotivation caractérisé par des difficultés de concentration, une perte d’intérêt et d’ambition, une diminution de la performance à l’école et au travail. Ce syndrome d’amotivation demeure controversé : la relation entre la consommation de cannabis et la baisse de la motivation, de la performance et de la réussite scolaire ou professionnelle n’est pas clairement établie dans la littérature scientifique.
  • La dépendance psychologique parfois constatée lors d’une consommation régulière et fréquente : un abus de cannabis peut favoriser l’apparition de troubles psychologiques.
  • Les risques sociaux pour l’usager et son entourage liés aux contacts avec des réseaux illicites afin de se procurer le produit.
  • Chez certaines personnes plus vulnérables, le cannabis peut déclencher des hallucinations ou des modifications de perception et de prise de conscience d’elles-mêmes : dédoublement de la personnalité, sentiment de persécution. Ces effets peuvent se traduire par une forte anxiété.

Plusieurs études soulèvent un lien possible entre le cannabis et la schizophrénie : certains chercheurs suggèrent que la consommation abusive de cannabis pourrait conduire à la schizophrénie, particulièrement chez les individus vulnérables (jeunes de 12 à 17 ans, prédisposition génétique, etc.).

CANNABIS ET DÉPENDANCE

On peut devenir dépendant du cannabis. Cependant, tous les individus ne sont pas égaux devant le risque de dépendance. Celui-ci est fonction de plusieurs facteurs : habitudes de consommation, personnalité et antécédents de l’usager, influence de l’environnement, etc. Ainsi, certaines personnes auront plus de mal que d’autres à diminuer ou arrêter leur consommation, et sont donc plus vulnérables à la dépendance.

Comparativement à d’autres substances psychoactives illicites, le cannabis entraîne généralement une dépendance psychologique modérée et une dépendance physique faible.



De plus en plus répandu, l’usage du cannabis concerne aussi bien les jeunes que les moins jeunes

Le cannabis est une plante. Il se présente sous trois formes : la marijuana, le haschich et l’huile
Les effets du cannabis peuvent être dangereux si l’on conduit un véhicule moteur ou si l’on manoeuvre certaines machines dangereuses Une cigarette de cannabis peut théoriquement causer autant de problèmes pulmonaires que 4 à 10 cigarettes ordinaires Une dépendance psychologique est parfois constatée lors d’une consommation régulière et fréquente : les préoccupations sont centrées sur l’obtention du produit et le désir de consommer

HISTORIQUE

Originaire des contreforts de l’Himalaya, le cannabis (ou chanvre indien) a été utilisé par l’homme depuis des millénaires en Extrême-Orient et au Moyen-Orient.

Cultivé pour ses fibres destinées à la fabrication de cordages, de papiers et de tissus, sa résine était utilisée autrefois comme médication pour soulager les spasmes, les troubles du sommeil et la douleur.

Introduit en Europe au début du XIXe siècle par les soldats de Bonaparte et par des médecins britanniques de retour des Indes, le cannabis fut utilisé en médecine pour le traitement des migraines, des douleurs diverses, des spasmes musculaires, de l’asthme, de l’arthrite et de l’épilepsie.

Aujourd’hui, les propriétés thérapeutiques du THC sont reconnues scientifiquement pour les utilisations suivantes :

  • stimulant de l’appétit chez les patients débilités souffrant de maladies telles que le sida et le cancer
  • contre les nausées et les vomissements associés à la chimiothérapie anticancéreuse
  • contre la douleur
  • antispasmodique et relaxant musculaire pour certaines maladies comme la sclérose en plaques et les lésions de la moelle épinière

Au Québec et au Canada, le cannabis demeure une drogue illégale.

Trois médicaments dérivés du cannabis sont actuellement commercialisés au Québec et au Canada :

  • la nabilone ou Cesamet®, un analogue synthétique du THC, mis sur le marché en 1982
  • le dronabinol ou Marinol®, du THC synthétique, mis sur le marché en 1995
  • le mélange de THC et de cannabidiol ou Sativex®, approuvé conditionnellement le 19 avril 2005

En outre, dans certains cas très particuliers, et après autorisation de Santé Canada, la marijuana peut être utilisée à des fins médicales.



CANNABIS
       LES CHIFFRES D’UNE RÉALITÉ QUÉBÉCOISE

  • D’après l’Enquête sur les toxicomanies au Canada (ETC) menée en 200414, 46,4 % des Québécois de 15 ans et plus auraient consommé au moins une fois du cannabis au cours de leur vie. Ceci représente près de 2 800 000 de personnes.
  • D’après l’enquête de 200414, 15,8 % des Québécois de 15 ans et plus auraient consommé du cannabis au cours de l’année précédente. Ceci représente plus de 900 000 personnes.
    Tendance statistique : de 7,2% depuis 199417.
  • En 20045, une étude démontre que 35,5 % des élèves du secondaire (12 à 17 ans) ont consommé du cannabis au cours de la dernière année (35,5 % des garçons et 36,1 % des filles). Ceci représente près de 160 000 élèves du secondaire. Il est à noter que pour la première fois depuis 20006, plus de filles (36,1 %) que de garçons (35 %) ont consommé du cannabis.
    Tendance statistique : de 1,5% de 20006 à 20027,
                                        puis de
    3,6% en de 20027 à 20045.
  • Selon le fichier d’hospitalisation Med-Écho du Québec, 100 personnes furent hospitalisées en 20029 pour un diagnostic principal de dépendance au cannabis, dont 69 % étaient des hommes.
  • Selon une analyse des statistiques, 65 % des auteurs présumés d’infractions relatives aux drogues et aux stupéfiants sont reliés aux infractions sur le cannabis en 200318 :
    • 7 888 pour possession de cannabis
    • 1 351 pour sa possession aux fins de trafic
    • 1 101 pour son trafic
    • 1 174 pour sa culture
  • Dans le cas de la possession, près de la moitié des auteurs présumés sont mineurs, dont 1 071 ont 14 ans et moins.
  • Pour le trafic, 14 % des auteurs présumés ont 14 ans et moins et 31 % entre 15 et 17 ans.
  • Pour la culture de cannabis, 78 % ont 25 ans et plus.
  • Au 1er septembre 2006, 1 492 patients Canadiens (dont 154 Québécois) détenaient une autorisation de possession de marijuana séchée en vertu du Règlement sur l’accès à la marijuana à des fins médicales. Le nombre de médecins qui avaient appuyé cette autorisation de possession était de 917 au Canada dont 81 au Québec.


PRODUIT
ILLICITE



QUE PRÉVOIT LA LOI?

  • Depuis 1997, le cannabis (marijuana, haschich et dérivés) est régi par la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Selon les quantités impliquées, il est inscrit aux annexes II, VII et VIII de cette loi (voir page 173).
  • Selon cette loi, la possession non autorisée, le trafic, la possession en vue d’en faire le trafic, la production, l’importation et l’exportation sont illégaux.
  • Depuis le 30 juillet 2001, le Règlement sur l’accès à la marijuana à des fins médicales (RAAM) permet à certains patients québécois et canadiens atteints de maladies graves d’être admissibles à la consommation thérapeutique de marijuana. Après approbation obligatoire d’un médecin et autorisation de Santé Canada, certaines catégories de patients peuvent consommer la marijuana à des fins médicales. Ces patients peuvent aussi obtenir un permis pour la cultiver ou désigner quelqu’un qui le fait à leur place.
  • À deux reprises, en 2003 et 2004, le gouvernement du Canada a déposé à la Chambre des communes un projet de réforme législative qui moderniserait l’application de la loi.

       Cette réforme de la loi s’articulerait sur trois points :

  • des peines moins sévères pour possession de petites quantités de cannabis : pas de dossier criminel mais une contravention
  • des peines plus sévères dans le cas de culture illégale de quantités importantes de cannabis
  • pas de modifications des peines actuelles reliées au trafic du cannabis

       Ces deux versions des projets de loi n’ont jamais été adoptées.