COCAÏNE, CRACK
ET
FREEBASE

LA COCAÏNE, QU’EST-CE QUE C’EST ET À QUOI ÇA RESSEMBLE ?

La cocaïne est extraite des feuilles du coca, un arbrisseau qui pousse dans diverses régions d’Amérique du Sud, en Indonésie et dans l’Est africain. Elle peut se présenter sous les formes suivantes :

  • La pâte : elle provient d’un mélange contenant du bicarbonate de sodium et de l’eau. Elle est vendue dans les rues d’Amérique du Sud et elle est généralement fumée. Des trois formes de cocaïne présentées ici, la pâte est la moins pure.
  • Le sel (chlorhydrate de cocaïne) : c’est une fine poudre cristalline blanche, sans odeur et à saveur anesthésique. Elle peut être prise par voie orale, intranasale (reniflée) ou elle peut être injectée. Elle ne peut pas être fumée car elle est détruite en grande partie par la chaleur. C’est la forme purifiée.
  • La cocaïne-base (base libre ou freebase) : c’est un solide cireux blanc, jaunâtre ou grisâtre. Elle peut être fumée ou prisée. Elle ne peut pas être injectée car elle n’est pas soluble dans l’eau. Elle peut aussi être appelée crack (à cause du craquement produit lorsqu’elle est fumée) ou rock (sous forme de petites roches blanches ou jaunâtres). C’est la forme de cocaïne la plus pure.

Ainsi, selon la forme, la cocaïne peut être consommée par voie orale, intranasale (la ligne de coke est reniflée) injectée par voie intraveineuse ou fumée.

La cocaïne est fréquemment mélangée à d’autres substances, ce qui peut accroître sa dangerosité et potentialiser les effets et les interactions avec des produits dont on ne connaît pas la nature.

    EFFETS ET DANGERS DE LA COCAÏNE

    La cocaïne est un stimulant majeur du système nerveux central. Son usage provoque une euphorie fébrile, un sentiment de puissance intellectuelle et physique, une suppression de la fatigue, de l’appétit et de la douleur, ainsi qu’une diminution des besoins de sommeil. Cet état de stimulation est souvent accompagné d’une certaine agitation et d’anxiété.

    Après la période d’euphorie, une sensation de malaise (dysphorie), accompagnée d’anxiété s’installe. Cet état pousse le consommateur à répéter la prise selon un horaire plus ou moins régulier (ex. : une ligne aux 30 minutes). Au fur et à mesure que la consommation progresse, l’anxiété et l’agitation augmentent. L’usager a alors souvent recours à la prise simultanée d’alcool, d’anxiolytiques, de sédatifs ou de cannabis pour réduire ces symptômes ou pour trouver le sommeil.

    Sur le plan du comportement, la cocaïne peut aussi causer la méfiance, la colère, l’altération du jugement, la perturbation du fonctionnement social ou professionnel et la psychose toxique. Cette psychose toxique peut s’accompagner d’une perturbation de l’appréciation de la réalité, de délire et d’hallucinations.

    La cocaïne peut aussi conduire à des actes violents, du fait de ses effets perturbateurs sur le comportement. Certains crimes commis sous l’influence de la cocaïne se caractérisent par leur grande violence.

    Sur le système nerveux central, la cocaïne agit en empêchant le recaptage de la dopamine dans les terminaisons présynaptiques. Ce faisant, elle augmente la présence et donc l’effet de la dopamine dans le système hédonique du cerveau (système relié à la sensation de plaisir).

    La cocaïne provoque :

    • une contraction de la plupart des vaisseaux sanguins. Les tissus, insuffisamment irrigués, s’appauvrissent et, par conséquent, meurent. C’est souvent le cas de la cloison nasale qui peut même être perforée chez ceux qui inhalent ou reniflent régulièrement la cocaïne.
    • des troubles du rythme cardiaque et une hypertension artérielle. Ils peuvent être à l’origine d’accidents cardiovasculaires, notamment chez des personnes fragiles ou celles qui consomment de fortes quantités de tabac ou de cannabis.
    • chez les personnes plus sensibles, ou lors de la consommation de doses importantes, la cocaïne peut provoquer des troubles psychologiques, une grande instabilité de l’humeur, des délires paranoïdes, des hallucinations (surtout auditives) ou des attaques de panique. De plus, la cocaïne provoque parfois une psychose toxique, laquelle est caractérisée par une perte de contact avec la réalité. Le comportement de l’individu intoxiqué devient alors imprévisible et potentiellement dangereux.
    • une augmentation de l’activité psychique et, par conséquent, des insomnies, des phases d’excitation et des pertes de mémoire.

    Une autre caractéristique de la cocaïne est de lever les inhibitions, ce qui peut conduire à commettre des actes de violence, des agressions sexuelles, des dépenses compulsives, etc. La sensation de toute-puissance entraînée par la cocaïne en fait un produit qui facilite le passage à l’acte pour divers comportements indésirables ou même criminels.

    Par ailleurs, les accessoires utilisés pour renifler peuvent transmettre les virus des hépatites A, B et C s’ils sont partagés entre plusieurs utilisateurs. En cas d’injection, le matériel partagé peut aussi transmettre les virus du sida et des hépatites B et C.

    COCAÏNE ET DÉPENDANCE

    Stimulant puissant, la cocaïne provoque une forte dépendance psychologique.

    Il est alors très difficile de cesser une consommation de cocaïne, tant la nécessité d’en reprendre est importante. L’apaisement, même avec la consommation d’une autre substance, est très difficile.


Avec la cocaïne tout augmente, la consommation et les risques aussi La cocaïne est extraite des feuilles de coca préalablement séchées Environ les deux tiers des cocaïnomanes ont des idées délirantes et se sentent persécutés Stimulant puissant, la cocaïne provoque une forte dépendance psychologique

                                              

HISTORIQUE

ORIGINAIRE DES ANDES, LE COCA EST UN ARBRISSEAU CULTIVÉ EN AMÉRIQUE DU SUD, EN INDONÉSIE ET DANS L’EST AFRICAIN.

Dans les sociétés précolombiennes, la coca servait de plante médicinale, de drogue stimulante, d’objet rituel et de moyen de paiement pour les impôts.

Dans les pays andins, les feuilles de coca sont consommées sous forme d’une chique que l’on mastique pendant quelques heures. Cette utilisation entraîne chez le consommateur une diminution des sensations de faim, de fatigue et de froid.

Au début du XVIe siècle, les conquérants espagnols donnèrent ce stimulant aux peuples indigènes qui travaillaient dans les mines.

En 1865, William Lossen détermine la structure chimique de la cocaïne. Plus tard, des dérivés de la cocaïne sont utilisés pour diverses applications médicales. Dès 1880, la cocaïne devient populaire aux États-Unis et en Europe et elle est utilisée dans diverses boissons toniques, dont le Coca-Cola. À la suite de nombreux problèmes de santé, la vente de cocaïne est sévèrement réglementée à partir de 1906.

Depuis des décennies, la consommation de cocaïne s’est progressivement répandue, notamment sous l’influence des cartels de trafiquants sud-américains.



LE CRACK, UN DÉRIVÉ DE LA COCAÏNE

Le crack est un mélange de cocaïne, de bicarbonate de sodium et/ou d’ammoniaque, qui se présente sous la forme de petits cailloux. Il peut aussi être appelé freebase ou rock. L’usager en inhale la fumée après les avoir chauffés. Cette opération provoque des craquements, d’où son nom.

Ce mode de consommation provoque des effets immédiats et beaucoup plus intenses que ceux de la cocaïne reniflée : le produit arrive plus rapidement au cerveau, la durée de l’effet euphorisant est plus brève et la descente est beaucoup plus désagréable. Ses effets sont semblables à ceux de la cocaïne injectée.

L’usage régulier de crack peut entraîner :

  • des dommages rapides sur le cerveau
  • des comportements violents
  • des épisodes paranoïdes et des hallucinations
  • des idées suicidaires
  • des états d’épuisement physique et psychique avec une altération de la condition générale
  • de graves altérations des fonctions cardiaques ou respiratoires
  • des arrêts cardiaques ou respiratoires
  • des lésions cutanées (aux mains et aux lèvres) liées aux pratiques de consommation

Sa consommation régulière crée rapidement une forte dépendance psychologique et une neurotoxicité (dégénérescence des neurones) très importante.

Les usagers, même après avoir cessé d’en consommer, restent souvent et longtemps (plusieurs mois) soumis à des altérations de l’humeur et à un désir très important de reprise de la drogue (craving) à l’origine de fréquents épisodes de rechute.

La dépendance à la cocaïne est difficile à surmonter : il n’existe pas de traitement de substitution comme celui qui existe pour les opiacés. La prise en charge fait appel à des techniques variées (traitements antidépresseurs, thérapies de groupes ou individuelles, approches motivationnelles, etc.). Elle doit dans tous les cas s’appuyer sur un accompagnement long et continu.



Les effets du crack sont semblables à ceux de la cocaïne injectée

La dépendance à la cocaïne est difficile à surmonter

COCAÏNE
       LES CHIFFRES D’UNE RÉALITÉ QUÉBÉCOISE

  • Selon les résultats de l’Enquête sur les toxicomanies au Canada (ETC) menée en 200414, 12,2 % des Québécois de 15 ans et plus auraient consommé au moins une fois de la cocaïne au cours de leur vie. Ceci représente plus de 700 000 personnes.
  • D’après cette enquête de 200414, 2,5 % des Québécois de 15 ans et plus auraient consommé de la cocaïne au cours de l’année précédente. Ceci représente près de 150 000 personnes.
    Tendance statistique : de 1,6% depuis 19982.
  • En 20045, une étude démontre que 5 % des élèves du secondaire (12 à 17 ans) ont consommé de la cocaïne au cours de la dernière année (5,1 % des garçons et 4,9 % des filles). Ceci représente près de 22 000 élèves du secondaire.
    Tendance statistique : stabilisation depuis 20006
  • Selon une étude menée en 200317 auprès des jeunes de la rue de Montréal (14-23 ans), 11,2 % de ces jeunes ont déclaré que la cocaïne est la drogue qu’ils ont le plus souvent consommée au cours des six derniers mois et 81,9 % en ont fait usage au moins une fois dans leur vie.
  • Selon le fichier d’hospitalisation Med-Écho, 328 personnes furent hospitalisées au Québec en 20029 pour un diagnostic principal de dépendance à la cocaïne, dont 59 % sont des hommes.
  • À Montréal, le Coroner a identifié dans les analyses toxicologique menées entre 1999 et 200219, la présence de cocaïne chez 76 % des 121 personnes décédées par intoxications accidentelles mortelles, ce qui la place en premier lieu parmi les substances identifiées.
  • Selon une analyse des statistiques de 200318, 21 % des auteurs présumés d’infractions relatives aux drogues et aux stupéfiants sont reliés aux infractions sur la cocaïne. Ces infractions se classent au second rang après le cannabis et se répartissent comme suit :
    • 819 auteurs présumés pour possession de cocaïne
    • 532 pour sa possession aux fins de trafic
    • 612 pour son trafic
  • Pour le crack, on compte en 200318 :
    • 112 auteurs présumés de possession de crack
    • 101 pour sa possession aux fins de trafic
    • 209 pour son trafic


PRODUIT
ILLICITE



QUE PRÉVOIT LA LOI?

  • La cocaïne est inscrite à l’annexe I de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.
  • La possession, le trafic, la possession en vue d’en faire le trafic, la production, l’importation et l’exportation sont illégaux.