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HÉROÏNE
L’HÉROÏNE, QU’EST-CE QUE C’EST
ET À QUOI ÇA RESSEMBLE ?
L’héroïne est un opiacé puissant obtenu à partir
de la morphine. Cette dernière est originaire
d’une plante, le pavot, que l’on incise pour
recueillir de l’opium sous forme de latex
blanchâtre, pour ensuite le faire sécher et fabriquer
la morphine.
L’héroïne se présente sous la forme d’une
poudre blanche, beige ou brune. Elle est la
plupart du temps injectée par voie intraveineuse,
après l’avoir diluée et chauffée. L’héroïne peut
également être prisée ou fumée. Une dose
moyenne correspond à environ 20 mg.
EFFETS ET DANGERS DE L’HÉROÏNE
L’héroïne est un dépresseur du système nerveux
central. Elle est transformée dans le cerveau en
morphine et se lie aux récepteurs opioïdes
naturels qui logent dans le cerveau, la moelle
épinière ainsi que dans certains viscères.
L’activation de ces récepteurs par les opiacés
entraîne une puissante analgésie, une euphorie
tranquille, l’apaisement et une sensation d’extase.
Elle possède également des propriétés anxiolytiques et antidépressives. Les effets
recherchés traduisent parfois un malaise
psychique, une souffrance, un besoin d’oubli.
Injectée, l’effet immédiat de l’héroïne est de type
orgasmique. C’est le rush. Il est suivi d’une
sensation d’euphorie et de somnolence, accompagnée
parfois de nausées, de vertiges, ainsi
que d’un ralentissement du rythme cardiaque et
respiratoire.
Lors d’un usage répété, le plaisir intense des
premières consommations ne dure en général
que quelques semaines. Cette phase est
souvent suivie d’un besoin d’augmenter la quantité
utilisée et la fréquence de la consommation.
La place alors accordée à cette consommation
est telle qu’elle modifie totalement la vie quotidienne
de l’usager.
Des troubles peuvent apparaître, incluant la
sédation, la somnolence et l’anorexie.
Le surdosage (surdose ou overdose) de
l’héroïne provoque une dépression respiratoire,
une perte de connaissance et éventuellement la
mort. Ce type de décès touche environ 1 % des
héroïnomanes par année.
L’injection entraîne des risques d’infection
(notamment par les virus du sida et des
hépatites B et C) si l’usager ne se sert pas d’un
matériel d’injection stérile, à usage unique.
À partir de 1985, une approche de réduction
des méfaits s’est développée pour éviter la
contamination des usagers par le virus du sida
Les mesures préventives suivantes ont été prises :
- la mise en vente libre des seringues en 1987
- la mise en oeuvre de programmes d’échange
de seringues (ex. : organisme Cactus à
Montréal)
- la diffusion de trousses de prévention
Cette politique a entraîné une baisse significative
de la contamination par le virus du sida.
Diverses études montrent que les partages de
seringues et le nombre de contaminations par le
virus du sida ont diminué chez les usagers de
drogue par voie intraveineuse.
Le nombre de personnes contaminées par le
virus de l’hépatite C et par le VIH demeure important
: il touche environ 20 % des usagers qui
s’injectent des drogues par voie intraveineuse.
HÉROÏNE ET DÉPENDANCE
La dépendance à l’héroïne s’installe rapidement
dans la majorité des cas. L’héroïnomane alterne
entre des états d’euphorie ou de soulagement
(lorsqu’il est sous l’effet de l’héroïne) et des
états de manque qui provoquent de l’anxiété, de
l’agitation et plusieurs symptômes physiques.
Les dépendances physique et psychologique à
l’héroïne sont très fortes.
Le sevrage à l’héroïne débute 6 à 12 heures
après la prise de la dernière dose et se traduit par des symptômes ressemblant à ceux d’une grippe
accompagnés d’anxiété et de bâillements.
Par la suite, l’individu manifeste un sommeil
agité qui persiste plusieurs heures. Le sevrage
atteint son paroxysme après 36 à 72 heures : il
éprouve alors des problèmes gastro-intestinaux
graves, ses pupilles sont dilatées et il a la chair
de poule. Ces manifestations s’accompagnent
d’un désir obsédant de consommer à nouveau
cette drogue. L’anxiété, l’insomnie, l’agressivité,
le délire paranoïde, l’accélération cardiaque et
l’hypertension peuvent aussi être observés. Une
grande partie de ces symptômes se résorbe en
5 à 10 jours.
La dépendance à l’héroïne entraîne des risques
sociaux importants. Elle enclenche un processus
de marginalisation sociale chez plusieurs usagers.
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