MÉTHADONE

LA MÉTHADONE, QU’EST- CE QUE C’EST ET À QUOI ÇA RESSEMBLE ?

La méthadone (Metadol®) est une substance synthétique de la famille des opiacés qui agit sur les mêmes récepteurs que la morphine et l’héroïne. Elle manifeste des propriétés analgésiques aussi puissantes que la morphine. Elle est employée essentiellement comme traitement de substitution chez les héroïnomanes dépendants : la méthadone a des propriétés comparables à celles de l’héroïne, mais elle présente un meilleur profil pharmacologique. Ce transfert de dépendance permet de stabiliser le consommateur et facilite sa réadaptation.

La méthadone est disponible au Canada sous forme de comprimés ou de solution orale.

EFFETS ET DANGERS DE LA MÉTHADONE

La méthadone disponible sur le marché noir peut avoir été trafiquée et présenter un danger pour le consommateur. En l’absence de contrôles de qualité rigoureux et d’un support médical adéquat, son usage inapproprié peut conduire à des risques pour la santé, provoquer une intoxication aiguë et même un surdosage pouvant être mortel.

La prise simultanée de benzodiazépines et de méthadone lors de traitements de substitution à l’héroïne est reliée à un risque accru de dépression respiratoire, pouvant entraîner la mort.

La méthadone est bénéfique pour plusieurs patients mais les échecs et les rechutes sont fréquents. Lors d’une réduction graduelle des doses de méthadone jusqu’à l’abstinence complète, plusieurs personnes peuvent ressentir, pendant un ou deux ans, un désir obsédant très marqué pour l’héroïne ou un autre opiacé quand les doses sont inférieures à une certaine quantité. Étant donné que le risque de rechute est élevé chez ces patients, un traitement à la méthadone à long terme est souvent indiqué.

Il n’existe pas d’indicateurs très fiables permettant de prédire les chances de réussite d’un traitement à la méthadone.

Afin de maximiser les bienfaits et les probabilités de succès, la thérapie doit inclure un encadrement rigoureux du patient par divers professionnels de la santé et des services sociaux.

Une dose thérapeutique adéquate de méthadone est très peu euphorisante pour l’héroïnomane et permet un sevrage plus confortable. Les réactions indésirables les plus fréquentes sont la transpiration excessive (qu’on retrouve chez 48 % des utilisateurs en sevrage), la diminution de la libido (22 %), la constipation (17 %) et les troubles du sommeil (16 %).

Chez la femme enceinte, bien que comportant certains risques pour le foetus, l’usage de la méthadone est nettement moins dangereux que la prise d’héroïne ou le sevrage pendant la grossesse.

Traitement à la méthadone

Les modalités de sevrage à la méthadone dépendent du patient et de l’équipe médicale qui le soigne.

Du fait de sa longue durée d’action, la méthadone est normalement administrée une seule fois par jour dans le traitement des héroïnomanes dépendants. Ses symptômes de sevrage sont beaucoup moins intenses, mais de plus longue durée que ceux de l’héroïne. Le traitement d’entretien à la méthadone est habituellement envisagé à long terme. La durée de la thérapie varie d’un à deux ans, mais peut même atteindre des périodes beaucoup plus longues, pouvant parfois aller jusqu’à vingt ans ou plus.

Le traitement à la méthadone doit être interrompu progressivement. Il s’agit actuellement du traitement le plus efficace contre la dépendance aux opiacés.

MÉTHADONE ET DÉPENDANCE

Les individus traités à la méthadone développent une tolérance à certains de ses effets et peuvent manifester certains symptômes de sevrage s’ils ne prennent pas régulièrement leur dose. Cependant, la méthadone n’est pas vraiment considérée comme une substance qui crée l’accoutumance au plein sens du terme, si l’on tient compte de son mode d’utilisation et des motifs de son usage.



Utilisée comme traitement de substitution à l’héroïne, la méthadone nécessite un support médical adéquat

La méthadone est une substance synthétique de la famille des opiacés


La méthadone est bénéfique pour plusieurs patients mais les échecs et les rechutes sont fréquents

Il s’agit actuellement du traitement le plus efficace contre la dépendance aux opiacés

HISTORIQUE

La méthadone, initialement appelée aldophine, a été synthétisée pour la première fois par des chimistes allemands lors de la Deuxième Guerre mondiale, puis baptisée de ce nom en 1946.

Elle est employée pour la première fois au Canada dans les traitements de désintoxication par Halliday au cours des années 1960. Dole et Nyswander, respectivement médecin et psychiatre américains, constatent alors les effets bénéfiques de la méthadone prise par voie orale lors de traitements de sevrage et de réadaptation des opiomanes.

Les succès indéniables de cette approche, confirmés par plusieurs études, conduisent à la mise en place de programmes similaires dans d’autres pays au cours des années 1960 (Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède), 1970 (Finlande, Italie, Luxembourg et Portugal), 1980 (Autriche et Espagne) et 1990 (Allemagne, France, Grèce et Irlande).

Au Québec, le Centre de recherche et d’aide aux narcomanes (CRAN) a été un pionnier dans les traitements de la dépendance à l’héroïne et les thérapies de substitution à la méthadone.



MÉTHADONE
       LES CHIFFRES D’UNE RÉALITÉ QUÉBÉCOISE

  • D’après une étude du Comité permanent de lutte à la toxicomanie, il y avait en 200224, 2 186 personnes en traitement de maintien à la méthadone au Québec (64,5 % d’hommes et 35,5 % de femmes), dont 1 311 Montréalais.
    Tendance statistique : de 35,9% des personnes en traitement de maintien à la méthadone au Québec sur une période de quatre ans.
  • Selon une étude menée en 200317 auprès des jeunes de la rue de Montréal (14-23 ans), 33 % de ces jeunes ont consommé de la méthadone non prescrite au cours de leur vie.


PRODUIT
LICITE



QUE PRÉVOIT LA LOI?

  • La méthadone est inscrite à l’annexe I de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Elle est disponible légalement, pour un usage médical en quantités limitées, sous forme de poudre soluble administrée par voie orale.