SUBSTANCES
VOLATILES

LES SUBSTANCES VOLATILES, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Les substances volatiles, connues également sous le terme anglais inhalants, représentent un groupe hétérogène de produits dont l’inhalation des vapeurs provoque des effets psychotropes. Présentes dans des produits domestiques, industriels et médicaux, ces substances sont classées en trois grandes catégories :

  • les solvants volatils
  • les nitrites, communément appelés poppers
  • les anesthésiques généraux volatils représentés principalement par le protoxyde d’azote (gaz hilarant)

SOLVANTS VOLATILS

Les solvants volatils sont des psychotropes puissants, facilement disponibles et de très faible coût. On les retrouve dans des colles, la laque, le vernis, la peinture en aérosol, le diluant à peinture, le liquide correcteur, l’essence, le combustible à briquet, les liquides antiadhésifs en vaporisateur, les réfrigérants, certains agents nettoyants et plusieurs autres produits domestiques et industriels.

Les solvants les plus connus sont l’acétone, l’éther et le trichloréthylène, utilisé principalement pour le dégraissage de pièces métalliques et le nettoyage à sec de vêtements.

Effets et dangers des solvants volatils

Leurs effets ressemblent à ceux d’une intoxication instantanée à l’alcool. Leur emploi régulier et abusif est particulièrement fréquent chez les adolescents et les individus les plus démunis. Leur abus présente des risques très élevés et peut conduire à des troubles psychologiques, neuromoteurs, sanguins, hépatiques, cardiovasculaires et respiratoires. Quelques décès sont survenus au Québec suite à leur inhalation.

Solvants volatils et dépendance

Une faible proportion de consommateurs de solvants volatils développent une dépendance significative. L’usage compulsif chronique des solvants volatils peut s’installer chez le consommateur régulier et entraîner des problèmes physiques, psychologiques et sociaux. La dépendance physique est généralement faible et les symptômes de sevrage sont habituellement bénins.

NITRITES OU POPPERS

Les poppers comprennent principalement le nitrite d’amyle et le nitrite de butyle. Ils se présentent sous la forme de liquides volatils dont les vapeurs sont aspirées par le nez. Ce sont des vasodilatateurs utilisés en médecine pour soigner certaines maladies cardiovasculaires.

Une bouteille de 30 ml de nitrite permet des centaines d’inhalations.

Les nitrites sont aussi présents dans certains produits homéopathiques et employés comme adjuvants pour certaines préparations pharmaceutiques et comme solvants industriels.

Effets et dangers des poppers

Les effets des poppers sont quasiment immédiats : brève bouffée vertigineuse et stimulante.

L’usager ressent l’euphorie, ainsi qu’une sensation de vive chaleur et sa sensualité est exacerbée. Cet effet dure à peu près deux à trois minutes. En provoquant une dilatation des vaisseaux périphériques, les nitrites réduisent l’apport de sang au cerveau, ce qui entraîne une privation en oxygène. Cet effet semble contribuer à la sensation aphrodisiaque qu’ils produisent. Ils sont utilisés pour augmenter le plaisir et faciliter certaines pratiques sexuelles.

Les effets indésirables immédiats les plus fréquents sont les vertiges, les maux de tête, le bourdonnement dans les oreilles, l’augmentation de la pression interne de l’oeil, la sensibilité à la lumière et un arrière-goût caractéristique.

À fortes doses, les poppers peuvent entraîner des vertiges violents, des évanouissements, une syncope et une dépression respiratoire.

Une consommation régulière peut se traduire par des éternuements, de l’écoulement nasal, l’inflammation des muqueuses nasales, des croûtes jaunâtres autour du nez et des lèvres, des lésions des cloisons nasales, des rougeurs et des gonflements du visage, des distorsions de la perception, des problèmes passagers d’érection et une forme grave d’anémie. L’association des poppers avec d’autres vasodilatateurs peut conduire à un collapsus cardiovasculaire. En cas de combinaisons avec d’autres psychotropes, les risques de toxicité sont accrus.

Poppers et dépendance

L’usage régulier des nitrites conduit à une dépendance psychologique. Ils ne produisent habituellement pas de dépendance physique ni de syndrome de sevrage à l’arrêt de la consommation.

PROTOXYDE D’AZOTE

Le protoxyde d’azote, encore appelé gaz hilarant ou oxyde nitreux, est un gaz liquéfié sous sa propre pression et conservé dans des bouteilles métalliques. Il peut être utilisé comme gaz de pressurisation, aérosol alimentaire ou comme anesthésique général.

Disponible en épicerie dans les canettes de crème fouettée, certains adolescents aspirent son contenu. On peut également se le procurer sous la forme de petits cylindres destinés aux appareils servant à faire de la crème fouettée. Il fait aussi l’objet d’usages détournés dans les soirées et les festivités. Il est inhalé sous forme de ballons vendus à faible coût. Le consommateur peut aspirer une ou plusieurs bouffées de protoxyde d’azote.

Effets et dangers du protoxyde d’azote

Le protoxyde d’azote provoque de l’euphorie souvent accompagnée de rires incontrôlables (d’où le nom de gaz hilarant), des effets sédatifs, des maux de tête, des modifications de la conscience, des distorsions visuelles et auditives, de l’agitation, de l’angoisse, des nausées, des vomissements et une faiblesse musculaire.

Il peut présenter des risques immédiats ou à long terme pour la santé.

Risques immédiats :

Les effets très rapides et de courte durée peuvent inciter à consommer plusieurs ballons successivement, exposant l’usager à des risques d’asphyxie par manque d’oxygène (surtout si le gaz est pur) ou par aspiration pulmonaire des vomissements. Les risques sont accrus lorsque le protoxyde d’azote est utilisé en association avec d’autres produits (alcool, cannabis, ecstasy, etc.).

Risques à long terme :

L’utilisation chronique (utilisation quotidienne, par exemple) peut entraîner des troubles neurologiques (tremblements, incoordination des mouvements) liés à une carence en vitamine B12. Elle peut provoquer des chutes et parfois des traumatismes.

Protoxyde d’azote et dépendance

On n’a pas établi de dépendance physique au protoxyde d’azote. La dépendance psychologique peut se développer à la suite d’un usage régulier. Elle est liée à l’euphorie et aux sensations agréables provoquées par cet agent.



Des vapeurs nocives qu’il vaut mieux éviter !

L’abus de solvants volatils présente des risques très élevés

À fortes doses, les poppers peuvent entraîner des vertiges violents, des évanouissements, une syncope et une dépression respiratoire


SUBSTANCES VOLATILES
       LES CHIFFRES D’UNE RÉALITÉ QUÉBÉCOISE

  • D’après l’Enquête sur les toxicomanies au Canada (ETC) menée en 200414, 2,1 % des Québécois de 15 ans et plus auraient consommé au moins une fois des substances volatiles au cours de leur vie. Ceci représente près de 125 000 personnes.
  • En 20045, une étude démontre que 1,9 % des élèves du secondaire (12 à 17 ans) ont consommé des substances volatiles au cours de la dernière année (2,3 % des garçons et 1,5 % des filles). Ceci représente près de 9 000 élèves du secondaire.
    Tendance statistique : de 0,7% de 20006 à 20027,
                                         puis de
    0,3% de 20027 à 20045.


PRODUIT
LICITE



QUE PRÉVOIT LA LOI?

  • Les solvants volatils sont des substances licites, en vente libre et facilement accessibles. Certaines mesures de contrôle sont encouragées auprès des détaillants dans la vente de colles aux mineurs.
  • Les nitrites (poppers) ne font pas partie des annexes de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Ce sont des médicaments qui nécessitent une ordonnance.
  • Le protoxyde d’azote est régi par la Loi sur les aliments et drogues. Son usage détourné en tant que produit pharmaceutique peut être condamné.