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TABAC
LE TABAC, QU’EST-CE QUE C’EST ?
Le tabac est une plante cultivée dans le monde
entier. Après séchage, les feuilles sont laissées
à l’air libre ou macérées pendant un certain
temps afin d’obtenir un goût spécifique.
Le tabac est la deuxième substance
psychoactive la plus consommée dans le
monde, après la caféine. La plante de tabac
appartient au genre Nicotiana et la principale
espèce cultivée s’appelle Nicotiana tabacum.
Le tabac peut être fumé (sous forme de cigarette,
de cigare ou dans une pipe), chiqué (pris
par voie buccale) ou prisé (pris par voie nasale).
Récemment, des petits sachets de tabac ont été
mis sur le marché. Ils sont conçus pour les
consommateurs de tabac sans fumée. Le sachet
est laissé dans la bouche pendant 15 minutes,
puis jeté.
EFFETS ET DANGERS DU TABAC
Environ 4 800 composés chimiques ont été identifiés
dans la fumée de cigarette. La majorité
d’entre eux sont dangereux pour la santé et plus
d’une soixantaine ont été reconnus comme
cancérigènes.
Les trois produits du tabac les plus susceptibles
d’entraîner des effets néfastes pour la santé
sont :
- le goudron : il contient la majorité des substances
cancérigènes
- le monoxyde de carbone : il provoque une
diminution du transport de l’oxygène dans le
sang
- la nicotine : elle est responsable des troubles
cardiovasculaires et de la dépendance
La teneur de ces produits doit être indiquée sur
les paquets de cigarettes, selon les lois
gouvernementales du Québec, du Canada et de
plusieurs pays. Le danger de ces substances
pour la santé croît avec l’usage.
La nicotine du tabac est un stimulant mineur du
système nerveux central. Tout comme les autres
substances psychoactives qui entraînent une
dépendance, elle accroît la libération de
dopamine dans le cerveau. La nicotine imite
l’action d’un
neuromédiateur naturel, l’acétylcholine.
Elle se lie aux
récepteurs nicotiniques
dans le cerveau. Elle facilite également la libération
des endomorphines, ce qui expliquerait en
partie son effet
analgésique.
Les produits toxiques du tabac agissent en particulier
sur :
- La fonction respiratoire
Les fumeurs s’exposent à des troubles au
niveau de tout l’appareil respiratoire, notamment
la bronchite chronique, l’emphysème et
le risque de cancer du poumon.
Les personnes qui fument exclusivement le
cigare ou la pipe présentent deux à trois fois
plus de probabilités de souffrir d’un cancer du
poumon que les non-fumeurs. Le cancer du
larynx est le type de cancer qui survient le
plus fréquemment chez les fumeurs, après
celui du poumon.
Le tabagisme passif (fumée secondaire)
augmente le risque de cancer du poumon de
20 à 30 % chez les conjoints ou les enfants
non-fumeurs et d’environ 15 à 20 % chez les
collègues de travail qui n’ont jamais fumé.
Ce risque s’accroît proportionnellement au
nombre d’années d’exposition à la fumée de
cigarette.
Le fait de fumer des cigarettes « légères » ou
« douces » ne diminue en rien les risques de
souffrir d’un cancer du poumon, probablement
parce que les fumeurs ont tendance à
modifier leur technique d’inhalation afin de
retirer le maximum de nicotine de ce type de
cigarettes.
- La fonction cardiovasculaire
Le tabac perturbe le rythme cardiaque,
augmente la pression artérielle et provoque
l’artériosclérose. Les risques coronariens et les décès par infarctus du myocarde sont 1,5
à 3 fois plus élevés chez les fumeurs que chez
les non-fumeurs, dépendamment de leur âge.
Ces risques vasculaires touchent aussi les
artères du cerveau et les membres inférieurs
et peuvent conduire à des accidents vasculaires
cérébraux (AVC), à des amputations et
à l’impuissance sexuelle.
- La fonction digestive
La nicotine augmente la sécrétion des acides
gastriques et accroît les risques d’ulcères de
l’estomac et du duodénum. Elle est aussi
responsable des cancers gastro-intestinaux.
D’autre part, le tabagisme contribue au
développement du reflux gastro-oesophagien.
- Le système nerveux
Le tabac limite l’apport d’oxygène au cerveau
et aux muscles. Il est responsable de maux de
tête, de vertiges et d’une diminution de la
capacité à faire de l’exercice.
- Le développement
de plusieurs types de cancers
Au Québec et au Canada, environ 30 % des
décès dus au cancer sont attribuables au
tabac. Le cancer du poumon est le cancer le
plus meurtrier au Québec et au Canada,
autant chez l’homme que chez la femme. Le
tabac augmente aussi substantiellement le
risque de développer les cancers de la
bouche, du pharynx, du larynx, de l’oesophage,
de l’estomac, du pancréas, du rein, de
la prostate, de l’uretère, de la vessie et du col
de l’utérus. La fumée secondaire accroît
également le risque de cancer.
- Le déroulement de la grossesse
Outre une baisse de la fertilité provoquée par
le tabagisme, une mère fumeuse a plus de
risques de faire une grossesse extra-utérine
ou une fausse-couche qu’une mère nonfumeuse.
Elle présente également deux fois
plus de risques d’accoucher prématurément.
Le bébé d’une mère fumeuse est plus à
risque d’avoir un poids inférieur à la moyenne
à la naissance, un périmètre crânien réduit,
un retard du développement physique et
mental, un délai de croissance, des maladies
respiratoires et cardiaques et de mourir du
syndrome de la mort subite du nouveau-né.
- L’espérance de vie
Le tabac est la principale cause de décès
prématuré. Il tue près de la moitié des individus
qui fument durant la majeure partie de
leur vie et 50 % de ces mortalités surviennent
avant l’âge de 69 ans. L’espérance de vie est
en moyenne 10 ans plus longue chez un nonfumeur
que chez un fumeur régulier.
En résumé, les bénéfices sanitaires de l’arrêt
du tabagisme sont considérables.
TABAC ET DÉPENDANCE
La dépendance physique au tabac est présente
chez la plupart des fumeurs réguliers. La dépendance
psychologique occupe également une
place importante dans leur vie.
Le fumeur régulier qui s’arrête brutalement de
fumer ressent une sensation de manque.
Il peut souffrir des symptômes de sevrage suivants
: malaise général, anxiété, irritabilité,
impatience, agitation, nervosité, frustration,
hostilité, colère, tristesse, dépression, envie irrésistible
de fumer, diminution de la vigilance,
difficultés d’attention, troubles de concentration,
baisse des performances intellectuelles et
psychomotrices, fatigue, somnolence, insomnie,
maux de tête, étourdissements, vertiges.
Il est possible de s’arrêter de fumer sans aide
particulière. Cependant, on peut trouver auprès
d’un médecin ou d’un pharmacien des conseils
et des aides pour cesser de fumer.
Les nombreuses méthodes d’aide au sevrage
peuvent être utilisées avec ou sans ordonnance :
- les produits de remplacement de la nicotine :ces produits comprennent les gommes à
mâcher (Nicorette® gomme, Nicorette® gomme
Plus), les timbres transdermiques ou patchs
(Habitrol®, Nicoderm®) et certains inhalateurs
(Nicorette® inhalateur). Ces méthodes de
substitution nicotinique permettent un
sevrage progressif de la nicotine et réduisent
les effets du manque chez les fumeurs
dépendants
- le bupropion à libération prolongée (Zyban®) :
son efficacité comme aide antitabagique a été
démontrée dans plusieurs études cliniques.
Cependant, il présente de nombreux effets
indésirables
- les approches cognitives et comportementales: programmes autodidactes, counseling
antitabagique individuel, thérapies de groupe,
groupes d’entraide et support social, techniques
de modifications des habitudes
tabagiques
- les méthodes alternatives : homéopathie, acupuncture,
hypnose, traitements au laser, etc.
Les produits de remplacement de la nicotine ou
le bupropion à libération prolongée (Zyban®)
doublent approximativement les chances d’arrêter
de fumer comparativement à un placebo.
Leur succès est plus grand quand on les
combine avec des approches cognitives et
comportementales.
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