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Voir la version complète : Alcoolique-toxicomane: Possible de s'en sortir.



Rebelle2006
19/12/2006, 22h20
J’ai 33ans, mère de deux enfants. Deux gars. Un de 13 ans et l’autre a 9 ans.
Ce texte a pour but de vouloir sensibiliser le + de gens possible, mais surtout, rejoindre les ados, les étudiants (es), les délinquants (es). Les consommateurs de substances, que ce soit, l’alcool, la médication, ou la drogue.
J’ai commencé à consommer à l’âge de 14 ans. À cette époque, l’alcool était un plaisir pour moi et m’en procurait. Les années ont passées et je la consommais + régulièrement. Jusqu’en 1998, je consommais, mais modérément, selon moi. Mais selon mon entourage, ils me disaient souvent que j’avais un problème d’alcool, mais un alcoolique qui ne veut pas voir qu’il l’est, réussis très bien à se mentir. Ce que j’ai fait.
Début 1999, je vis une séparation, et là ma consommation devient + que régulière, elle devient presque hebdomadaire, mais à ce stade je peux être deux ou trois jours sans consommer. Ma déchéance s’installe sans trop que je m’en aperçoive. Ma famille aurait bien voulu faire quoi que ce soit pour m’aider, mais moi, je ne voulais pas de cet aide, je n’avais pas de problème.
Je commence alors à conduire ma voiture après avoir consommé, alcool et médication. (gravols, somnifères en quantité industrielle). C’est le fun, j’ai l’impression de mieux conduire dans cet état. Je bois en présence de mes enfants, je bois aux parties de hockey à mes enfants. Je bois partout. Et mon lieu préféré, était, bien évidemment, chez moi. Là, au moins personne pouvait me tanner. La sainte paix, pensais-je. Août 2003, je me trouve un emploi à la suite d’un cours suivi en secrétariat. Je travaille dans un bureau d’optométriste. Heureuse d’avoir un emploi dans ma branche, en arrivant le soir chez moi, je prends 2, 3, 4,5 consommations. Je mérite bien ça, je travaille! Quelques semaines passes, je manque un samedi, car j’ai sortie la veille. Quelques mois passent, je manque encore une journée. Je suis bien contente de voir que mes patrons croient que je suis vraiment malade. Ils ne peuvent pas s’imaginer que je leur mente, je suis une très bonne employée au bureau. Dernière semaine de juin 2005. Je suis en vacances. Et là, je découvre les amphétamines. WOW, pas cher, ça buzz longtemps. Tu ne manges pas, tu ne dors pas, tu te sens invincible. Que désirer de +? Alors là, l’enfer commence. Je dis enfer, sur le moment je me crois au dessus de tout. Je me fais des p’tits cocktails. Alcool, médication et amphétamine. Juillet 2005, je tombe en congé maladie suite à une hospitalisation. On découvre que j’ai un problème au cœur, il bat à 155 pulsations minutes. Alors, mon médecin me prescrit de l’Aténol, médicament pour ralentir le rythme cardiaque. Et là, en étant en congé maladie, je pouvais encore + consommer. Et en + j’avais un nouveau médicament, super! Je prends donc, boissons, amphétamines et pas mal d’aténol pour être certaine que mon cœur ne saute pas. Je n’avais aucune envie me ramasser à l’hôpital et qu’ils découvrent que j’ai un problème de consommation. Août 2005, je consomme de plus en plus. La boisson devient mon obsession, je me lève pour boire. Je ne vis que pour boire. Même jusqu’à aller voler de l’argent à mes deux enfants que j’aime le plus au monde. Je bois et mélange la médication 24 heures sur 24. Je me lève le matin et je demande à mes enfants si ils ont soupé la veille. Ils me répondent, oui, mais je n’en ai aucun souvenir. Les jours se suivent et se ressemblent. Je me lève déjà en boisson le matin, car j’ai pris soins d’apporter de la boisson dans ma chambre au cas ou j’aurais soif.
Le 29 janvier 2006, mon plus jeune a un tournoi de hockey à St-Jean-de-Dieu. Cette journée là, mon plus jeune était avec son père, alors j’ai demandé à mon plus vieux si il voulait venir avec moi, il n’a pas voulu. Je pars donc pour St-Jean-de-Dieu vers 10 :00. Déjà à cette heure, j’avais pris 2 ou 3 consommations. J’arrive donc à l’aréna, je regarde la partie finale de mon fils. Vers12 :00, la partie est terminée, je demande à mon plus jeune s’il veut rester avec moi pour la journée, il ne veut pas, car il va faire de la moto-neige avec son père. Je reste donc un peu à l’aréna. Je prends une bonne bière. Deux, trois, quatre, cinq. Aux environs de 18 :00, j’appelle mon père pour l’informer que je quitte l’aréna et que je vais aller chercher mon plus vieux dès que j’arriverai à Rivière-du-Loup. Mon père me demande si j’ai consommé, je lui dis que non car j’étais consciente que c’était l’hiver et que c’est moins évident de conduire dans ces conditions de route. Il me dit. « Ok, sois prudente. » Je prends donc le volant. Mon trajet de St-Jean-de-Dieu à l’autoroute 20, je ne m’en rappelle pas. J’emprunte donc l’autoroute 20, je dépasse un véhicule lourd, à une vitesse que je n’avais jamais roulé avant. J’en suis la première surprise. Suite à ce dépassement, quelques secondes après, je perds le contrôle de ma voiture. Je fais des « tonos » et là, la voiture s’immobilise. Je me demande si je suis encore en vie. Car au moment où je faisais mes « tonos », j’ai revu le film de ma vie. Ouf! La première question qui me vient à l’esprit est « Va-t-il avoir quelqu’un qui va venir m’aider? » Et là, j’entends. « Y’a-t-il quelqu’un à l’intérieur? » J’étais soulagée, car la tête à l’envers, ce n’est pas trop une position confortable. J’ai de la chance, la personne en question est pompier volontaire. Il me demande si je peux bouger. Je dis, oui. Alors il me détache et m’installe plus adéquatement en attendant l’arrivé des secouristes. Me sortir de la voiture a été un casse-tête pour les secouristes, mais ils réussissent. Ils me transportent à l’hôpital en ambulance. Les procédures normales ont été faites. Questions, prélèvement sanguin. Je me retrouve avec des cicatrices à la main gauche et une entorse cervicale. Ah, oui, j’oubliais, on m’informe que mon foie et mon pancréas sont fortement endommagés. Je quitte l’hôpital vers 21 :30 en compagnie de mon père. Je passe la nuit chez mes parents. Le lendemain je retourne chez moi, un peu ébranlée, mais pas assez pour me rendre compte que j’ai frôlé la mort la veille. J’appelle donc, un de mes amis pour lui demander de passer au dépanneur pour aller me chercher quelque chose à boire. Je peux boire sans problème maintenant, je n’ai plus de voiture, alors je ne suis plus dangereuse pour personne. Cette semaine là, je ne m’en rappelle pas, j’étais devenue un zombie.

Dans la nuit du 3 au 4 février, j’entends quelqu’un entrer chez moi, je me lève et je me tiens pour ne pas tomber, car j’ai absorbé, alcool et médicaments, étourdie pas mal la fille. Et qui je vois au bas de l’escalier? Mes parents. Il est 2 :00 dans la nuit, ils me disent qu’ils viennent me chercher et m’apportent chez eux car ils ont peur que je meurs. Je n’ai aucune résistance, et je pars avec eux. Le lendemain, avec une intervenante en toxicomanie, on fait une demande d’admission au centre de désintoxication d’Edmundston. On nous répond qu’il y a une liste d’attente et ils y vont avec les priorités. De mon coté, je ne vais pas vraiment bien. Car chez mes parents, il n’est pas question que je puisse consommer. Je prends de la médication mais c’est pas pareil. Je rappelle au Centre le dimanche, lundi soir. Je suis en détresse et ça ne va pas du tout. L’infirmière perçoit ma détresse au bout du téléphone. Et par la grâce de je ne sais pas trop qui, elle m’annonce que j’ai une place pour le mardi matin. Mon père vient donc me porter le lendemain matin. Je dis au revoir à mes enfants. Très difficile. J’entre au Centre et là, commence ma désintoxication. J’étais censée être partie pour 10 jours maximum, car les désintoxications sont de cette durée. Ils m’ont gardé 18 jours. Ma première semaine a été infernale. J’ai fais des cauchemars, je passais des sueurs chaudes aux sueurs froides sans parler des tremblements. J’ai eu un sevrage de médicaments. Ils disent qu’une désintoxication aux médicaments est comparable à une à l’héroïne. Je n’ai pas les mots qui peuvent expliquer ce que j’ai vécu lors de cette première semaine, cependant, j’espère m’en rappeler le restant de ma vie. Je suis sortie du Centre le 24 février 2006. Je suis allé chez mes parents une semaine. Car quand on sort de désintoxe, on est fragile et terriblement fébrile. Je suis entré chez moi, la semaine suivante. Tout au long de mon séjour au Centre, je m’étais informé si je pouvais aller en Centre de réadaptation suite à ma désintoxe, et le personnel me l’a fortement recommandé. J’ai été admis au centre de réadaptation de Ste Anne des Monts le 31 mars et j’en suis ressortie le 28 avril dernier. Cette thérapie m’a beaucoup aidé. Ils nous donnent les outils pour faire face à notre retour à la vraie vie.

Aujourd’hui après près de 11 mois d’abstinence, ma vie a repris un sens. Je vais aux A.A. . Mes enfants sont fiers de moi et n’ont plus peur qu’il m’arrive quelque chose en boisson. Ce combat est le plus gros de ma vie, j'y fais face à tous les jours. Mais, plus jamais je veux être l'esclave de ces substances. Ce combat, il m'appartient, mais je vais le gagner, il en vaut tellement la peine.

Car ma prochaine destination était la morgue.

Laurent
20/12/2006, 06h54
Bravo, chère Rebelle.

Bravo et merci de vous confier, merci de démontrer vers quelle vie misérable peut nous entrainer drogue et alcool.

Merci de me rappeller que moi aussi j'y suis passé et que je peux y retourner vers cette vie misérable, même après plus de dix-sept ans de sobriété...
Il ne s'agirait que je prenne un premier verre, une première ligne de coke, etc...

Persistez, charmante Rebelle. Continuez de fréquenter vos groupes AA, continuez de bien vous entourer de bonnes personnes.
Vous méritez chaque minute de bonheur que votre nouvelle vie vous apporte depuis onze mois.

Lâchez-nous pas... et passez une agréable journée

poudré
04/02/2007, 12h08
Ton témoignage est très touchant, il ont dequoi être fier de toi tes enfants... Ça donne beaucoup de courage te lire... merci de ton témoignage.

poux
02/02/2009, 10h05
Quel beau témoignage ca m'a touché car un peu de tout cela ressenble à ce que j'ai vécu. Ca fait déjà un an que je suis sobre. Ton témoignage me rappelle surtout toutes les fois où mes enfants ont eu honte de moi et maintenant ils sont fiers de moi.
Comme tu le dis si bien moi aussi je veux me rappeler du pire pour ne jamais y retourner. On a passé tellement de temps à se perdre maintenant on doit passer le temps qu'il nous reste à se retrouver. Bravo pour ton cheminement et bonne route!

moderato
10/02/2010, 10h13
allo rebelle

Toujours abstinente?

Milow
20/02/2010, 18h37
Wow J'en ai eue des frissons quand j'ai lue ton histoire!!! Lâche surtout pas!!!!
Lâche surtout pas!!!!

moderato
04/04/2010, 09h03
Jpyeuses Paques !

moderato
22/05/2010, 15h58
Alors, comment ça va depuis Paques?

jonny111
26/02/2013, 13h40
Certainement ce sujet je lancements !
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