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Voir la version complète : incertitudes



poux
09/01/2012, 09h15
Bonjour,

Je suis abstinente depuis 4 ans (alcool). A l'époque lors de ma thérapie mon conjoint me disait qu'il arrêterait. Je lui avais dis qu'en revenant de thérapie que je ne voulais pas d'alcool à la maison. Belles paroles de sa part: je vais arrêter moi aussi, je vais te soutenir etc... Je le trouvais bon d'avoir arrêter sans aide extérieur. Mais voilà,il y a quelques mois de ca ma fille et mon fils l'ont vu en train de boire à la maison pendant que j'étais au travail.

Là où je me sens mal, c'est tous ces mensonges. Maintenant je le sais mais il me cache tout. Un soir, je lui ai dit: tu as bu aujourd'hui? sa réponse est non voyons! Le lendemain en allant faire des commissions, il y avait une caisse de bière vide à l'arrière de l'auto. Il me dit qu'il avait pris un coup la veille. Mais pourtant la veille il m'a dit le contraire. J'essaie de lui en parler du fait que ca me fait mal tous ses mensonges. etc... il me répète qu'il ne veut pas me faire de la peine. Je suis déçue. C'est un homme qui ne parle pas de ses émotions donc j'ai bien de la difficulté à lui exprimer ce que je ressens car quand il se sent attaqué il crie et les discussions sont nulles.

Je sais qu'il me faut me respecter c'est moi qui devrais réagir mais... est-ce l'amour,l'habitude, la sécurité?

Pour ma part depuis 4 ans je n'ai jamais eu le goût de recommencer. Car je me souviens de ces 15 ans où j'ai consommé. Les premières années de consommation ont été le fun mais les dernières années je buvais car mon corps me le demandais, je buvais la nuit quand je me réveillais pour pouvoir m'endormir etc...

Bon merci de me lire... ca m'a fait du bien.

moderato
09/01/2012, 20h45
Bravo d'avoir arrêté. 4 ans, c'est quand même héroïque. Est-ce que ça te rappelle les années où tu buvais, avant d'arrêter? Que vas-tu faire ?

poux
10/01/2012, 09h14
Bonjour,

Je ne sais pas quoi faire à vrai dire. Je me dis que c'est son problème. Il ne boit pas devant moi mais quand je m'en apercoit sa façon d'être etc... oui ca me rappelle un passé douloureux. A vrai dire il n'a jamais arrêté Ok... ce qui me mets à l'envers ce sont les mensonges et je sais, pour être alcoolique moi-même, que la consommation égal mensonges refoulement d'émotions. Lui me dit qu'il ne changera jamais c'est sa personnalité de ne pas parler. Exemple: hier je lui dis: t'as pas l'air à aller sa réponse est toujours: ben oui ca va. Mais je sais qu'il est fâché contre moi. Je lui ai dit que la confiance n'existais plus. J'en suis rendue à douter qu'il revoit une femme pour qui il a été attiré ou peut-être d'autres. Sa réponse est toujours que ce n'est pas vrai.

C'est à moi de réagir, je sais. Si j'avais les moyens financiers de le faire est-ce que je le quitterais? Sûrement. Mon salaire ne me le permets pas. Je pense aller plus souvent vers les groupes de soutien, aller prendre un lunch plus souvent avec mes enfants etc.. Car lui n'aime pas être entouré de gens. Je ne connais pas sa famille (il est en froid) je n'ai jamais connu quelqu'un qui le connaisse. Un extra terrestre???? C'est pas drôle...

On ne devrait pas faire sa vie autour de quelqu'un en fonction de quelqu'un. Quand je suis en congé j'aime être à la maison. Mon travail est demandant me prend toutes mes énergies (avec les personnes âgées). Bon je sais que quand on veut changer quelque chose on peut.

Merci pour tes bons mots mais comme je le dis souvent à ma famille ce n'est pas si héroîque que ca, je ne sais pas quoi ou qui (Dieu ou une force) mais je n'ai vraiment plus le goût de boire. Ca je trouve ca formidable! J'en suis três reconnaissante. Je me suis dit à l'époque: j'ai mis 15 ans d'énergie à me détruire et pour le reste de ma vie, car je suis rendue à 53 ans, je vais mettre mon énergie à me rebâtir. Et ca me désole quand je prends mon énergie à essayer de parler avec mon conjoint (c'est impossible) il me le dit. Donc... qu'est-ce qui me reste à faire??? M'occuper de moi, de mes enfants, et des gens de j'aime. Je n'ai plus beaucoup de vrais amis mais ceux que j'ai sont vrais. J'ai fais un grand ménage en sortant de thérapie. Il a beaucoup de gens que je ne vois plus car c'étaient des compagnes ou compagnons de boissson. J'en suis rendue là je vais prendre les petits plaisirs qui s'offrent à moi et sans compter sur lui.

Merci encore et bonne journée! Ca fait un bien énorme d'écrire. Depuis 4 ans j'écris à tous les soirs ca me sauve!!!!!

moderato
10/01/2012, 22h24
C'est vrai que ça doit pas être facile de vivre avec qqun qui consomme. Tu as réussi à demeurer abstinente, lui pas. Sa maladie est en progression et les comportements de déni qui l'accompagne. Ce que j'admire par-dessus tout, c'est que tu es décidée à prendre soin de toi. Je me demande une chose : Qu'est-ce qui t'a aidé à arrêter ?

poux
11/01/2012, 09h37
Bonjour,

Ce matin où je suis partie en thérapie... que de souvenirs. Il faut dire que ca faisait presqu'un an que je buvais avant de partir pour travailler pour affronter le quotidien. Je buvais aussi la nuit. Le degré de consommation ca progresse sans qu'on s'en rende compte. Mon conjoint buvais aussi, donc chicanes etc... mon fils était parti de la maison mais ma fille dans le plus bas fond de ma consommation est partie chez son père. Bref, un samedi matin (mon conjoint disais travailler) je me suis levée pris 3 bières et je suis allée sur internet pour une maison de thérapie (j'ai eu comme un flash je me voyais ou mourir ou vivre) même la question d'argent je m'en foutais j'ai tout mis sur ma carte de crédit.

J'ai survolé les maisons de thérapie et j'ai appelé ma directrice et surprise! Elle avait un problème elle aussi et m'a référée une maison. Je me disais que j'allais perdre mon emploi, mon conjoint, mes enfants etc... mais tant pis je devais partir. L'intervenante en poste m'a parlée et m'a dit que j'avais une place mais que je devais partir tout de suite avant de changer d'idée car elle m'a demandé si j'avais consommé depuis mon levé etc... je suis donc partie. J'ai aussi avisé mes enfants. Mon fils me disait que ca coutait cher etc... et je lui ai dit que je me payais le plus beau cadeau du monde. En appelant mon conjoint, lui me disait que je pouvais m'en sortir toute seule que je n'avais pas besoin de partir.... merde!

Avec du recul, je suis certaine qu'il y a un être surprême, une force ce matin là qui m'a aidée. Je me voyais vraiment mourir j'avais plus de vie, j'étais morte à l'intérieur.

Là bas j'ai vu des femmes qui ont perdu leurs enfants, leur job, leur vie! Et j'ai remercié le ciel.. depuis 4 ans je suis vraiment reconnaissante de tout ce que la vie m'apporte. C'est pour cela que je déteste m'enlever de l'énergie avec des choses que je ne peux pas changer. Même à 53 ans j'ai le goût d'aller prendre une formation (je ne sais pas encore où m'adresser) l'idée m'est venue hier... une formation ou faire quelque chose pour partager avec des femmes qui vivent la même chose.... je suis en réflexion mais je sais que j'ai un besoin urgent de partager et qui sait d'aider aussi... As-tu des pistes??? J'apprécierais beaucoup. Car mon horaire de travail peut me permettre de faire autre chose. Je ne veux pas me sentir vide car le dialogue avec mon conjoint est nul. Je me vois dans lui dans le sens que quand je buvais. Il n'a pas de vie, fatigué. Car lorsqu'il est en congé et moi je travaille jusqu'à 7 h 00 le soir. Il fait les commissions mais pour le reste rien. Des fois je chiale mais il crie donc j'arrête de discuter car ca donne rien. Je lui écrivais pour me libérer les premières années de mon abstinence et jamais il ne me répondais donc j'ai arrêté de lui écrire et par chance que j'écris dans mon journal le soir car ca libère en titi. mais dans le temps où on buvait tous les deux c'était terrible. Mais je comprend son état j'ai passé par là et c'est vrai que ca vient me chercher. Ca vient me chercher oui mais je suis encore plus reconnaissante d'avoir arrêter tout cela. Je suis chanceuse car j'ai de bons enfants et j'ai encore ma mère qui me soutient.

J'en avais long à dire... merci et longue vie à des forum comme ceux-ci qui peuvent aider ne serait-ce qu'une personne par jour.

Merci

moderato
11/01/2012, 22h04
On dirait que lorsque c'est le temps, tout se met en place pour qu'on y arrive. Je crois que c'est l'intuition qui t'a guidée jusque là, même si ça t'a demandé des efforts, tu y es parvenue et surtout tu ne lâches pas.

Pour les formations, il y en a tellement. Pourquoi ne pas jeter un coup d'oeil du côté de l'AITQ. Il y a souvent des formations en collaboration avec l'Université de Sherbrooke. Tu peux regarder à la "Section Évènements" en haut à droite sur la page d'accueil. Il y a certainement des thèmes qui te plairont.

Merci de nous raconter ce qui t'arrive, ça aide beaucoup de monde j'en suis sûr.

moderato
15/01/2012, 09h01
Alo,
Quoi de neuf ? Est-ce que ça va un peu mieux ?