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Fuyante
10/09/2013, 20h22
J'ai 50 ans. Je tombai dans l'abus d'alcool en 2006. Avant, j'étais une buveuse sociale qui s'enivrait de temps en temps mais sans plus. En septembre 2006, après un souper bien arrosé chez une amie, je me dirigeai vers un bar, ramena un homme chez moi et le lendemain, constata avoir perdu des bouts de la soirée. Puis les semaines et les années passèrent et je retournai parfois à ce même bar cherchant un homme, de l'affection. Entre mes visites à cet endroit, j'ouvris une fiche sur un site de rencontre où mon rituel était toujours le même. Si je n'étais pas occupée un vendredi ou samedi soir, je soupais en vitesse en m'étant approvisionnée en alcool, écoutais le disco - musique de ma jeunesse - à la recherche d'affection. Je demeurais connectée, chattait avec des hommes toujours à la recherche de l'âme-soeur ou plutôt de combler le vide. La semaine de travail se déroulait en attendant impatiemment ces moments devant mon ordinateur et mon verre de vin et/ou bière comme accompagnateur. Les sites de rencontres et retourner à ce bar et pas n'importe lequel, un où la majorité des hommes sont d'origines africaines et haïtiennes auprès de qui, je savais avoir du succès pour m'intéresser à leur culture.

Évidemment, les lendemains de veille étaient pénibles: honte, attentes de revoir l'homme en question, qui, 95% des fois, avait eu ce qu'il voulait sans plus.

Ma dernière rechute arriva en mars 2012. Bref, laissons les détails. Je fais une psychanalyse depuis plusieurs années bien avant 2006 en raison d'un divorce qui me ramena au drame de mon enfance qui m'a aidé énormément. Cependant, je n'avais jamais pensé que ma vie prendrait ce tournant et que je développerais une dépendance aux sites de rencontre. Car, boire pour boire, le soir comme ça, n'avait aucun intérêt pour moi, lorsque je m'installais devant l'écran, c'était pour un but précis, rencontrer un homme et pour y arriver, j'avais besoin d'être ivre.

Le noyau de mon problème est relationnel, je le sais. Je suis une dépendante affective et dépendante tout court. Si je fumais, je consommerais quelque paquets par jour. À une époque, je fus boulimique.J'arrive mal à créer des amitiés par la peur de fusionner ou d'attirer des gens qui ne me plaisent pas. J'ai deux ou trois amies mais seulement une sur ces dernières qui me ressemblent vraiment dans mes valeurs. Le reste sont des connaissances. Je veux être entourée de gens qui partagent mes valeurs.

Bref, suite à un déménagement et à mon passage dans la cinquantaine, je constate plus ardemment qu'avant, avoir un très petit réseau social. Je crains l'isolement.

Je suis allée à deux reprises dans un groupe d'entraide pour alcooliques pour rencontrer d'autres personnes avec d'autres réalités cependant je ne me retrouve pas dans le vécu des gens entendus. L'envie de boire est parti pour aujourd'hui et depuis plusieurs mois car je suis très à l'affût de que ces soirées devant l'ordinateur sous-tendaient; c'est-à-dire, un moyen sûr d'entrer en relation avec un homme alors qu'au fond mon plus manque est un groupe de copines ou un groupe partageant mes valeurs.

Bien sûr, je suis très consciente que prendre un simple de verre de vin, brasserait la braise, me ferait retourner dans la grotte noire. Je ne souhaite pas pouvoir boire socialement un jour car ce moment n'arrivera peut-être jamais. Je me répète, je souhaite trouver la poussée que je dois me donner pour briser cet isolement à pratiquer mes activités seule. Je souhaite à être plus ouverte aux autres. Une amie me dit que ce qu'on trouve chez des amis n'a pas à être la même chose toujours. Certaines peuvent être nos meilleurs confidents, d'autres pour le sport, d'autres pour le cinéma et autres, enfin.

L.

moderato
11/09/2013, 16h05
Certainement que tu as eu cette suggestion un jour, mais je te la donne quand même : Les Alcooliques Anonymes est un bon endroit pour rencontrer plein de gens et se faire des amis. Ça vaut la peine d'aller voir.

Fuyante
11/09/2013, 20h51
Certainement que tu as eu cette suggestion un jour, mais je te la donne quand même : Les Alcooliques Anonymes est un bon endroit pour rencontrer plein de gens et se faire des amis. Ça vaut la peine d'aller voir.


C'est justement de ce groupe dont je parle où je suis allée à deux reprises et dans lequel je ne me suis pas reconnue!!!! Une des raisons peut-être est qu'à entendre des témoignages, plusieurs apprécient les AA car ce fut pour eux un endroit où exprimer ses émotions et s'entourer de gens avec le même vécu. Étant en psychanalyse, j'ai passé l'étape de la peur du partage et le fais depuis longtemps avec l'analyste, des amis proches et de la famille. Merci de votre message.

Pégase
12/09/2013, 22h58
Rebonsoir Fuyante,

Je n'ai pas non plus un très grand cercle d'amies et celles qui me sont le plus cher et sur qui je peux compter, sont celles que je côtoie le moins. On se parle parfois par textos ou e-mail mais sans plus. Je t'avoue que ça me manque énormément.... Je trouve aussi très difficile rendu à l'âge adulte de se tisser des liens amicaux.

As-tu une passion? Un hobbie? Ou un léger intérêt envers un loisir, ou une activité quelconque? Ça peux parfois être un bon moyens de rencontrer des gens intéressant et avec qui tu peux avoir certaines affinités....

As-tu un emploi? Moi ne pas travailler 55h/semaines, je ferais du bénévolat pour aider sincerement les autres et par le fait même peut-être faire des rencontres intéressantes.

Au moins ici, on peux tout se dire sans avoir peur d'être jugé... Laisse toi aller ;)

Bonne fin de soiree