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Voir la version complète : mon conjoint nie son besoin d'aide



gigi38
09/02/2015, 16h40
Bonjour,

je suis nouvelle sur le forum. Je ne sais pas ou parler de ce problème. Je n'ai pas vraiment envie pour le moment d'aller dans des groupes pour cela ou en thérapie. J'ai déjà consulté une psychologue et elle elle me disait d'en revenir...... que tant que mon chum est adéquat, pas saoul mort, qu'il semble en contrôle je dois laisser aller.

Merci de votre soutien et c'est bien de pouvoir échanger avec des personnes qui vivent et savent bien ce qu'on vit.

Mon conjoint a toujours bu mais normalement je dirais au début de notre relation. Du moins ça ne m'inquiétait pas vraiment. Mais un jour il a eu des difficultés au travail, un deuil aussi et là c'était la dérape. Il buvait de la bière tous les soirs en grande quantité. Tombait ivre mort. Il ne dormait plus et pour lui c'était sa façon de s'assommer et dormir comme un bébé. Il gérait son anxiété comme ça. Je lui en ai parlé, mais il s'est mis à se cacher. Je savais ou il cachait son vin, ses bières.... un jour je l'ai confronté et ça été des périodes très difficiles, on se disputait beaucoup. Je l'ai menacé de partir plusieurs fois. Chaque fois il se disait motivé à faire quelque chose.

Au début il a voulu diminuer la quantité, ensuite d'en prendre juste les fins semaine, ensuite juste lors d'évenements spéciaux. Nos proches, notre familles, nos amis, nos activités sociales, ça boit beaucoup. Il a finalement touché le fond en mai 2014. Il a fini par reconnaitre qu'il ne pouvait pas en prendre juste de temps en temps. Il a cessé complètement le 1er juin l'an passé. Il s'est mis à la course à pied, au vélo, mais tout ça dans l'excès. Les marathons, les courses, les défis, le dépassement. Il a perdu beaucoup de poids et il semblait bien et heureux. Pendant les soupers, les sorties, c'était clair avec nos familles et amis, il ne buvait plus. En fait, il a toujours continué à boire des bières sans alcool. Il tenait à garder ça. 2-3 par soir. On a fait des voyages et quand ils n'avaient pas de bière sans alcool il prenait une boisson gazeuse. Donc ça fait presque 8 mois qu'il n'avait pas bu. Même dans le temps des Fêtes.

Je l'ai encouragé à demandé une aide pour ça, quelqu'un de spécialisé là-dedans, mais avec ses semaines de 60 heures, son sport et les 3 enfants il me disait qu'il ne serait pas capable de trouver du temps pour ça. Et aussi il se disait fort mentalement, motivé et décidé. Que pour le moment il n'en avait pas besoin. Pour lui aller courir chaque jour c'était aussi aidant que de boire 4-5 bières, il se sentait détendu et son stress allait mieux. Il dormait bien. J'étais encouragée et fiere. Je ne suis pas naïve, je me disais que la rechute pouvait et allait sans doute venir un jour mais je vivais dans le présent. Je sais qu'il ne buvait pas en cachette, je l'aurait vu tout de suite dans son visage, dans sa façon se parler.

Mais voilà qu'âpres les Fêtes il a bu un verre de vin (2-3 gorgées en fait) pendant un souper de famille. Je n'en revenais pas. Je lui ai demandé pourquoi et il m'a répondu qu'il pense être capable de le faire très très occasionnellement, qu'il ne veut pas en prendre régulièrement mais juste une ou deux gorgées, très occasionnellement. Je comprend qu'il aimerait ça, mais moi je lui ai dit que je pensais pas que c'était possible.

La semaine passée il avait un souper de collègues. Il est revenu, bien à jeun. Mais il m'a dit avoir pris un verre de vin et un coke. Il aurait pu ne pas me le dire mais il me l'a dit. Il s'est senti bien et ne voit pas de problème. On s'est disputé et je l'ai trouvé plus distant, plus tendu et semblait faire des cachettes comme avant. J'ai fouillé aux anciennes cachettes et j'ai trouvé deux canettes de mout de pommes à 5,5 % d'alcool vides. Je ne l'ai pas confronté là-dessus, je ne m'en sens pas capable. J'ai aucune idée quand il les a bu mais je ne l'ai pas vu pompette, ça n'a pas senti, je ne m'en suis pas rendu compte du tout. Hier il est allé faire l'épicerie et dans son manteau j'ai retrouvé encore 2 autres canettes de truc aux pommes alcoolisé. Je n'ai rien dit encore une fois. J'ai par contre ouvert la discussion avec lui sur comment il se sent actuellement. Il m'a dit se sentir bien, ne veut pas d'aide, qu'il est sobre et se sent super bien. Il fait son sport et ça lui fait du bien. Il dit que si un jour il se sent déraper il ira chercher de l'aide, mais ce n'est pas le cas présentement. Nous avons un souper de prévu cette semaine et un voyage et il m'a dit qu'il n'a pas l'intention de boire.

Au fond je me demande quoi faire. Est-ce que je le confronte en lui disant que j'ai trouvé ses canettes ou bien j'attend qu'il ait l'air ivre, que ça paraisse ? Il me demande de lui faire confiance, je veux bien, mais jusqu'à preuve du contraire. Je fais quoi... je laisse aller jusqu'à la dérape ? Je le laisse voir ce qu'il fera avec cette façon de faire ? Je le laisse boire ses trucs aux pommes tant que je ne le vois pas le boire ou que je ne le vois pas saoul ? Je continue de fouiller ou j'arrête ? C'est dur, plus je fouille, plus je deviens parano, anxieuse. Au fond si j'avais pas trouvé ses canettes la semaine passée je n'aurais jamais soupçonné qu'il avait bu ça. Je fouille ses affaires quand il rentre et vraiment ça devient aliénant.

Je fais quoi si en voyage il veut prendre un verre ? Je lui fais confiance, je le laisse faire ou je le confronte et notre voyage tournera au cauchemar ? Je ne sais pas quelle attitude prendre. Oui je voudrais qu'il consulte mais je ne peux pas le faire pour lui. Je dois attendre qu'il en ressente le besoin.

Merci de votre aide....

Gigi

Anonyme
16/02/2015, 09h27
Bonjour Gigi38

Pas facile de savoir quoi vous dire et ma réponse est très personnelle. Et peut être que d’autres vous diront autre chose aussi.

"Je continue de fouiller ou j'arrête ? C'est dur, plus je fouille, plus je deviens parano, anxieuse."
Je pense que vous avez là une réponse. Et plus vous allez fouiller et plus il risque de cacher selon moi. Boire en cachette ne fait plus partie de boire pour le plaisir à mon sens. Il y a la culpabilité et il y a la honte qui pousse à faire cela. La tête dit non, mais l’obsession dit oui.

"Je fais quoi si en voyage il veut prendre un verre ?" Je ne pense pas qu’on peut empêcher quelqu’un de boire s’il en a envie.

Mais s’il décide de ne pas boire durant le voyage, ce qu’il semble vouloir faire selon ce que vous dite, peut être que cela peut l’aider si vous choisissez de limiter votre consommation d’alcool en buvant la même chose que lui. C’est ce que ma famille avait fait lors de mon premier voyage sans alcool et je l’ai très apprécié à ce moment.

"je voudrais qu'il consulte mais je ne peux pas le faire pour lui. Je dois attendre qu'il en ressente le besoin."

Peut être que le plus important pour vous est donc d’apprendre à vous préserver par rapport à son problème d’alcool pour éviter ce cercle de paranoia et cette aliénation dont vous parlez. Il y a AlAnon qui pourrait vous aider et sur leur site il y a de l’information et des témoignages qui pourront vous permettre de vous faire une meilleure idée de cette association. http://www.al-anon.alateen.org/accueil

J’espère que ma réponse pourra vous aider un peu et que d’autres viendront vous répondre également.

Amicalement

mère
07/04/2015, 09h30
Comment ça va Gigi aujourd'hui ?
Je trouve que la réponse que vous avez eue de consulter Al-anon est très pertinente. D'autres personnes ont vécu ce que vous vivez présentement.