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Langelio
29/03/2016, 21h45
Alcool, mon vieil ami


Déjà 20 ans qu’on s’est rencontré le temps passe vite en ta présence. Sache que je ne veux plus être ton ami. Notre relation est terminée, tu n’es plus mon ami, c’est fini. Maintenant tu es mon ennemi, tien toi loin de moi et de mes proches, je ne t’aime plus, va, quitte, disparait, tu n’as pas ta place dans mon monde. Tu n’es pas le bienvenu dans ma famille, va ailleurs, loin d’ici, égard toi, vers d’autres lieux et ne reviens jamais.


Je te rejette, tu es incapable de vivre seul, toujours tu dois être en équipe, dépendant affectif, pauvre substance létale qui recherche la symbiose pour vibrer, tel le virus, toujours à la recherche d’un hôte pour t’accompagner dans ta grande quête d’aventures incessantes. Je ne suis pas un hypocrite, loin de moi la faiblesse de te renier. À ce jour, tu es mon ennemi, mais avant de partir, je dois te dire quelque chose; l’homme fort aime ses ennemis, il se tient près d’eux, pour mieux les connaître, pour avoir un avantage le jour du combat.



Ce serait mensonge que de ne pas t’accorder un certain mérite, pourquoi aurai-je entretenu une relation de 20 ans avec toi, si tu ne le méritais pas et ne m’apportais absolument rien?



Je l’avoue ouvertement, nous avons eu du plaisir ensemble. Qu’est-ce qu’on s’est bien éclaté à tous les niveaux. Toujours à la conquête de la grande quête. Mais ce qui arrive c’est que cette quête est la tienne, ce n’est pas notre quête. C’est ici que nos intérêts divergent, le but de ta quête est différent du but de la mienne, ce n’est que les moyens de faire la quête que nous avions en commun. Nous avons eu bien du plaisir, à partager l’aventure ensemble, mais notre objectif final diffère.


J’ai bien saisie ton but, ton objectif final, j’ai passé beaucoup de temps à être ton ami avant que tu me confie ton grand secret. C’est pourquoi maintenant je te confirme que ton objectif, ta finalité, je ne la partage pas.



La mort! La voilà celle que tu recherches. C’est ta finalité, ton but, erré et toujours s’aventurer à la grande quête de la mort. Lors de nos dernières années ensemble, nous sommes allez très loin, nous avons traversé le monde, souvent nous l’avons rencontrée, nous avons fleureté avec la mort. Je dois être franc avec toi, ce n’est pas là ce que je recherche, je n’ai pas aimé danser avec elle. La Valse avec la mort et les maladies, c’est ton rêve, ce n’est pas le mien.


Je ne suis pas comme ça moi, je t’accompagnais, mais j’avais peur et souvent j’étais malade, je souffrais. Je faisais semblant d’être fort, pour ne pas t’abandonner lors de la quête, je te considérais comme mon ami, c’est pourquoi je venais avec toi, sans réfléchir. J’étais biaisé, je recherchais le plaisir, je n’avais pas saisie que tu m’entrainais vers autre chose, quelque chose de mal. En vérité, je te l’avoue, je ne suis pas intéressé à trouver la mort, cette quête n’est pas la mienne, c’est la tienne, tu es tellement égocentrique que tu as oublié de me demander mon opinion, ma préférence.


Écoute, moi je préfère la vie, mon objectif, ma finalité, c’est de trouver la santé, la vitalité, la vie, de lui serrer la main et demeurer près d’elle.



Certes, nous partagions les mêmes plaisirs, et de là viennent toutes nos affinités, comment oublier tous les bons moments passés ensemble.


Tous ces femmes que nous avons embrassées, et toutes celles que nous avons pénétrées, je ne saurais surement pas passer à l’acte sans toi. Tous ces gens formidables que nous avons rencontrés, toutes ces fêtes toujours plus folles les unes que les autres, tous ces boissons prestigieuses englouties, tous ces pays visités, cette luxure, le danger, le sexe, les folies, la drogue, la décadence totale, l’euphorie à n’en plus finir, c’est grâce à toi que nous sommes allez dans ces lieux magiques, et je dois dire y avoir pris énormément de plaisirs, la quête était passionnante. Bien plus stimulante, que n’importe quoi, une vie palpitante, pleine d’adrénaline et de nouvelles aventures à chaque fois, il n’y avait jamais place à l’ennui, car je travaillais fort en ton absence pour subvenir à nos besoins monétaires. Puis de fils en aiguille, les quêtes se sont détériorées, plus ça allait et plus je voyais qu’on s’approchait de ton but; tout détruire, y compris ma vie, pour faire place à ma mort. Nos aventures demeuraient agréables, mais toujours elles avaient un gout de plus en plus amer, une odeur macabre cadavérique, se dégageait, à mesure que l’on continuait à avancer ensemble.

Langelio
29/03/2016, 21h47
Puis, vinrent les situations étranges et désagréables dans lesquels je me retrouvais uniquement suite à une aventure avec toi. C’était le début de la déchéance; se réveiller en prison au Canada, ou en pays étranger, se réveiller en centre de désintox, se réveiller dans l’ambulance, se réveiller à l’hôpital psychiatrique, se réveiller dans la rue sous le regard méprisant des passants, ou encore se réveiller dépouiller de tous biens matérielle; pantalon, argent, porte-monnaie, pièces d’identité, chaussures, se réveiller avec des blessures physiques; du sang plein le visage, des vêtements déchirés, le nez brisé, le crane fracturé, une commotion cérébrale. Se réveiller sous les ponts, dans les parcs, dans des lieux inconnus, chez des étrangères, sans jamais savoir où sommes-nous? Bref, une chose que je constate ici, c’est que tu n’étais jamais là à mon réveil, tu t’étais toujours barré. Tu me laissais en plan avec ton odeur, pour m’arranger avec les conséquences de notre quête.


Souvient toi quand ma femme est partie, ou quand les policiers sont venus chercher mon fils et ont déposé une plainte à la DPJ, parce que je fabulais avec toi, ou bien quand ils m’ont fait souffler dans l’ivressomètre qui indiquait 0.35% (m/v), ils ont pris ma voiture, mon permis de conduire… Ou quand j’ai dû fermer ma compagnie prospère, dilapider tous mes biens pour passer plus de temps avec toi, faire faillite et me retrouver à la rue, puis finalement sur l’aide social, bien elles étaient moins belles ces situations-là. Quand nous étions debout sur les gardes du pont, et que les policiers nous criaient de ne pas sauter, Qu’est-ce qu’on leur a répondu? Je m’en souviens encore; je ne suis pas un suicidaire, je suis un funambule! Hahaha! C’était drôle pareil. Ou bien la fois, où nous nous étions échappées des policiers en VTT dans les rues de la ville avec mon fils, c’était le fun ça aussi. Ou quand le vieil homme nous entraina dans la jungle pour nous voler avec son arme. Ou quand on a failli se noyer dans la rivière parce que je manquais d’air, là je crois que c’est probablement la fois où l’on était vraiment rendu près de ton but, ma mort. À bout de souffle, ma volonté de vivre ne pouvait surpasser mes capacités physiques.


Sans oublier bien sûr, les symptômes de sevrage, tremblements mauvais, délirium tremens, incapable de sortir du lit. Contenir l’urine en souffrance pendant des heures, pour ne pas uriner dans mon lit, la toilette n’était qu’à quelques mètres, mais j’étais incapable de m’y rendre. Puis finir par accumuler les forces nécessaires pour enfin pouvoir me rendre au dépanneur, à un coin de rue. Une heure plus tard, tout était rentré dans l’ordre, tu étais revenu avec moi. Le pire délirium, c’était celui ou j’ai failli partir, j’avais essayé de t’inviter ce matin-là, mais mon corps te vomi aussitôt. Puis cette journée fut horrible, tremblement, sueur froide, arythmie cardiaque, hallucinations, j’oubliais toujours de respirer et même si je respirais, j’avais l’impression que je manquais d’air, mon cœur donnait de gros coup de pompe comme signal, manque d’oxygénation total, comme un sprint de course, mais couché dans le lit, les mains insensibles, froides et rigides, elles ne bougeaient plus, elles manquaient de sang, ha! Ce jour-là… Je ne l’ai pas aimé du tout, je croyais quitter, j’étais certain que mon cœur allait fendre et exploser.


Parmi toutes nos aventures, il y a eu du plaisir, je ne peux le nier. Mais en plus des souvenirs, j’ai gardé autres choses en mémoire, des séquelles, des maladies, des blessures physiques qui ne guérissent pas. J’aurais préféré que nos quêtes ne jouent pas sur ma santé, mais ce ne fus pas le cas. J’ai vieilli maintenant, j’ai besoin, de plus temps, mon système ralenti, j’ai des blessures permanentes, au cerveau, au corps, à l’esprit. J’ai passé tant de temps avec toi, trop de temps avec toi. Nous sommes différents, nous partagions les vices, bien je n’en veux plus d’eux non plus, garde les avec toi, se sont tes semblables, pas les miens.


C’est pour toutes ces raisons qu’on doit se quitter maintenant. Nous ne poursuivons pas le même rêve. Moi j’aspire à construire quelque chose, je veux vivre vieux et en santé. Toi tu aspire au chaos, à la décadence, à la mort, tu erres dans le monde imaginaire, quand je suis avec toi, nous détruisons tout ce que je construis quand je suis seul. Ces réalisations sont longues à construire, et ensemble nous les réduisons en cendre en un rien de temps. Tu m’incite à fleureter avec la mort et la maladie, je ne les aime pas elles, tes ultimes maitresses.


À chaque fois que l’on se retrouve ensemble, nous faisons un pas de plus vers le fond de la caverne, nous sommes tellement rendu proche du fond que je peux y entendre la mort et ses maladies roder. J’arrive à sentir leurs odeurs putrides. Honnêtement, ça me fait peur, et malheureusement, chacun de nos pas ensemble sont impossibles à inverser, c’est-à-dire que plus on s’enfonce dans la grotte et plus il est difficile de reculer, plus on s’enlise, notre marche est irréversible.


Même si je te quitte quelques temps, à chaque fois où je reviens, tu m’attends là, à la même profondeur exacte où je t’avais laissé. À cette profondeur dans la grotte, l’air est rare, il y a très longtemps que nous avons quitté l’entrée de la grotte, il reste à peine un mince filet de lumière qui passe pour nous permettre de voir, mais en général, on avance à l’aveuglette en écoutant l’absence de vie. Le seul moyen que j’ai pour demeurer vivant, c’est de cesser de marcher à tes côtés.


Sache que je t’ai aimé, j’ai apprécié m’enfoncer dans la caverne avec toi, puisque je voulais une vie passionnante empli de danger, de témérité et d’adrénaline, cette vie, je l’ai partagé à tes côtés, mais maintenant, vivre dans la grotte c’est dépassé, je l’ai fait, c’est de l’histoire ancienne pour moi, je me suis rendu au fond de la grotte avec toi, je sais maintenant ce qui s’y cache, c’est la mort, le mal, la maladie. Tout ce qui de plus vil à la vie. J’ai préféré m’enfuir, loin de toi, à ce jour, je préfère vivre libre et seul, avec la vérité.


J’ai quitté la grotte pour m’envoler dans le ciel, libre, tel un aigle fier, les aigles affrontent les intempéries, à chaque jours, ils luttent pour survivre, contre le vent, le froid, la faim, ils font toujours face à la réalité, ce ne sont pas des lâches, ils ne portent pas de masque imaginaire et ne se cachent jamais dans la grotte à l’ombre.


Ainsi, je te quitte vieil ami hypocrite et mesquin, tu es maintenant mon ennemi. Pour moi la lumière brille ici, je regorge de santé, de vitalité et de créativité, dans ces hauts lieux où je vie, tu n’es pas le bienvenu. Je préfère me tenir dans les hautes cimes, là où les rampants de ta race n’ont pas accès. Contemple moi à partir du sol, soit ébloui par le Soleil quand tu lèves les yeux vers moi, ne te crois pas malin, je t’observe ramper, et me méfie de ta morsure venimeuse. Je témoigne avec vigueur de ta malice, je protège mes frères et ma famille de ta présence, je te déteste ouvertement aux yeux de tous, tu es l’ennemi de toutes vie.


Continu de te terrer dans l’ombre, loin de moi. Continue ta perpétuelle existence macabre de vieux serpent vicieux aux entrailles débordantes de poisons souillés. Continue de rechercher des proies vulnérables à empoisonner. Je te connais trop bien, rampant rusé que tu es, pendant toutes ces années, je t’es tellement étudié, tu n’as plus aucuns secrets pour moi, je comprends maintenant, que tu étais envoyé par ta mère, c’est elle qui se sert de toi comme appât, pour entraîner les alcooliques vers elle et ses sœurs, celles qu’on appelle, la souffrance, la maladie et la mort.



Allez, va, fait leur le message pour moi, informe les qu’elles devront attendre dans l’ombre encore longtemps avant de me revoir. Pour celles de ta famille, je n’éprouve que de la hargne et du mépris. Je me réjouirais de vous apprendre tous exterminé à jamais de la Terre. Je suis heureux ici avec celle que j’ai choisie, mon amante s’appelle la vie. Elle m’offre des choses stables et véritables, avec elle, je ne rêve que la nuit, c’est terminé le rêve éveillé, ou l’éveil endormie. Avec la vie, j’ai enfin rencontré la réalité, la vérité, elle m’a présenté sa fille, celle que je préfère aujourd’hui, je vénère sa fille, la source de la vie, l’eau.