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Voir la version complète : Arrêt! Stop!



Mara
10/03/2018, 16h37
Bonjour,
Je suis nouvelle sur ce forum. J'ai 69 ans. J’ai commencé à boire au début de la cinquantaine à la suite d’une série de deuils. J’en suis maintenant à quatre ou cinq bouteilles de vin par semaine. À part le prix, j’en ressens peu d’effets négatifs: je vis et je bois seule (personne dans mon entourage n’est au courant de ma dépendance), je supporte bien l’alcool et dois en avoir pris beaucoup ou être très fatiguée, ce qui m’arrive rarement, pour souffrir de pertes de mémoire et de déprime. Au resto ou au restaurant, j’arrive à consommer raisonnablement.
Ces jours-ci, confrontée à une situation bien particulière : des traitements de radiothérapie, à la suite d’une mastectomie partielle, qui commenceront prochainement et l’obligation d’être sobre pendant ce temps. C’est évidemment l’occasion pour arrêter de boire. Oui, mais comment?
Il y a quelques mois, j’ai réussi à arrêter de fumer grâce à des séances de groupe. Je doutais beaucoup d’y parvenir, mais le soutien des autres m’a fait sentir moins coupable et moins seule. J’ai cherché un groupe semblable pour arrêter de boire, mais seul ce forum a retenu mon attention.
J’attends beaucoup de vos commentaires et de vos expériences pour surmonter mon problème.
Merci beaucoup,
Mara

moderato
11/03/2018, 15h50
Bonjour,
Tu as toute ma sympathie pour cette épreuve que tu vis en ce moment. En as-tu parlé à ton médecin, il a peut-être des bons trucs. Y a les Alcooliques Anonymes, il y a des réunions partout, tu peux y rencontrer plein de gens. Mais j'imagine que t'auras pas le goût de sortir avec ces traitements. Bonne chance !

Anonyme
11/03/2018, 23h06
Bonjour Mara
Je ne sais pas si tu aimes la lecture, mais il y a un petit livre qui m’a énormément aidé quand j’ai décidé d’arrêter de boire. Ce livre s’appelle "Vivre sobre" et il donne des trucs très concrets pour aider à démarrer dans l’abstinence. C’est de la littérature AA mais tu peux facilement te le procurer puisqu’il existe aussi en format électronique.

Et comme a dit Moderato, les AA tiennent également des réunions qui visent l’entraide de gens qui ont le désir d’arrêter de boire. Personnellement, c’est avec l’aide de ce genre de groupe que j’ai arrêté.

En tout cas, je te dis bravo pour ta prise de conscience, et je suis sure que tu ne verras que du positif à ne plus boire. Et si tu as envie d’échanger, n’hésites pas. Cela me fera plaisir de pouvoir t’aider, si je le peux.

PS : Si tu as envie de jeter un œil sur le livre dont je te parle, va voir tes messages privés.

Mara
13/03/2018, 14h23
Bonjour Anonyme,

Ton message m’a vraiment fait du bien. Merci pour tes bonnes pensées et pour la référence.

J’ai déjà consulté «Vivre sobre» et je pense même l’avoir. Toute personne aux prises avec un problème d’alcool peut y trouver des conseils et des réflexions qui la touchent particulièrement. Ce livre m’avait aidée à rester sobre pendant un mois et demi. Je vais le consulter de nouveau.

Que veux-tu dire quand tu écris que je ne trouverai que du positif à cesser de boire ? J’ai tout de suite pensé à ce qui allait me manquer, comme le plaisir de partager une bouteille au resto, de boire un bon cru pour une occasion spéciale ou de cuisiner accompagnée d’un spritzer. Bien sûr, ces aspects sont bien secondaires comparés aux avantages de la sobriété pour la santé -- sans compter le budget -- et à la satisfaction d’y parvenir. Je n’avais pas pensé que ma démarche comprendrait un deuil, mais tout deuil n’est-il pas suivi d’une renaissance?

Mara

Anonyme
13/03/2018, 21h47
Bonjour Mara,

Suite à la lecture de ton premier message, je m’étais demandé si tu avais déjà fait des tentatives d’arrêt auparavant ou si c’était la première fois. Je vois que tu n’en est pas à ton premier arrêt puisque tu as déjà cessé pendant un mois et demie. Étais-tu allé chez les AA à ce moment (vu que tu connaissais déjà le livre)?

Je veux dire que quand on arrête, on se rend vite compte de tous les côtés positifs que cela amène.

Au niveau physique, on a beaucoup plus d’énergie, l’esprit plus clair, on est moins cernés. Pas de mal de tête le matin, on se souvient de tout, on se rend compte à quel point on gagne du temps que l’alcool nous enlevait, on n’a pas la culpabilité des lendemains, ni la honte, ni de tremblements des mains (ce que j’avais fini par avoir), on peut conduire à n’importe quelle heure aussi, on peut mieux prendre soin de nous, on retrouve notre estime de nous-même, etc. Et moralement aussi.

Quand j’ai arrêté, on m’avait suggéré de prendre une photo de moi pour pouvoir la regarder plus tard. Je te conseille la même chose, tu verras que c’est assez remarquable le changement (ça se voit physiquement alors qu’on ne le voit pas quand on consomme). Et l’abstinence ne peut que t’aider à mieux te rétablir au niveau de la santé, c’est certain. D’autant plus si il y a des médicaments à prendre.

C’est toutes les raisons qui font que tu as envie d’arrêter actuellement. C’est de ces raisons qu’il faut se souvenir.

Pour le deuil, c’est vrai que l’arrêt en est un parce que l’alcool fini par prendre beaucoup de place. Je crois que c’est normal comme réflexe de penser à ce qui va nous "manquer" comme tu dis. Parce qu'on a du mal à imaginer autrement. Mais il faut surtout se rappeler le pourquoi on veut arrêter. S’il n’y avait que des bons côtés, l’idée ne nous serait pas venue à l’esprit d’arrêter. Tu ne crois pas?

Quand tu as arrêté pendant un mois et demie, avais tu déjà des problèmes de santé?

Mara
14/03/2018, 14h46
Bonjour Anonyme,

J’ai fait deux tentatives pour cesser de boire et je n’avais pas de véritables problèmes de santé à l’époque. La deuxième fait suite à quelques rencontres chez les AA. On avait été super gentil avec moi, mais je ne me sentais pas à l’aise avec la façon de procéder. J’ai donc cessé d’y aller, mais j’ai conservé le livre «Vivre sobre».

À l’été 2016, je me suis dit que pour arrêter de boire, il fallait que je m’attaque aux raisons qui me poussaient à le faire. J’ai alors entrepris une psychothérapie. J’ai eu la chance de tomber sur une personne très compétente qui m’a accompagnée et m’a guidée dans l’examen de mes blessures passées, de mes complexes, de ma culpabilité. En septembre dernier, j’ai senti qu’il était temps que je sorte de ma coquille et que j’aille dans le vrai monde rencontrer des personnes aux prises avec les mêmes dépendances que moi, le tabagisme et l’alcoolisme.

C’est un peu par hasard que j’ai commencé par un programme de groupe contre le tabagisme. Je m’y suis montrée sous mon vrai jour et on ne m’a ni jugée ni rejetée. L’expérience a été tellement positive qu’à la fin des séances, tous les participants avaient écrasé pour de bon et tous affirmaient que sans le soutien du groupe, ils n’y seraient pas arrivés. J’aurais aimé participer à un programme semblable contre l’alcoolisme, mais j’ai reçu un diagnostic de cancer du sein en décembre et j’ai été opérée début février. Pas terrible pour des rencontres de groupe.

Bien sûr, la santé est aussi un facteur clé de ma prise en main. On a tendance à oublier que l’alcool est cancérigène. Je supporte très bien le vin (parfois un litre en une soirée), souffre très rarement de lendemains de la veille, suis active physiquement et ne fais pas mon âge aux dires de mes amis. N’empêche que mon foie est mis à rude épreuve! Si on pouvait regarder l’intérieur de notre corps, on constaterait que l’alcool fait des ravages.

En ce qui concerne mes facteurs de deuil, je pense qu’ils ne pèsent pas lourd comparativement aux bienfaits dont tu parles : temps, estime de soi, absence de honte et de culpabilité, et j’en passe. Peut-être est-ce à cause de cela que je n’ai pas consommé depuis vendredi soir dernier.

Un grand merci pour ton soutien,

Mara

Anonyme
14/03/2018, 23h17
Bonjour Mara,

C’est super que tu ais stoppé depuis vendredi. J’espère que ça se passe bien.

Il existe peut être des rencontres de groupe dans des centres. Je ne sais pas si il y a une unité Donremy là où tu habites. Peut être qu’il peut y avoir des rencontres en petits groupes pour ceux qui se font suivre en externe? Je dis ça, mais je ne sais pas. Ça pourrait être à vérifier. Quoique comme tu dis, c’est peut être moins évident pour toi en ce moment d’assister à ce genre de rencontre.

J’ai arrêté de fumer moi aussi avec l’aide d’un forum pour les fumeurs qui désirent arrêter (et des timbres de nicotines). C’est vrai que le fait de pouvoir en parler à des gens qui vivent la même chose que nous est très aidant. C’est pareil pour l’alcool et c’est ce que j’aime avec AA. Le fait de pouvoir être compris, sans jugement, par des personnes qui vivent la même chose ou l’on vécue. C’était ça aussi pour la cigarette que je trouvais aidant et c’est sûrement pareil pour toutes les dépendances ou toutes les problématiques un peu spécifiques.

Mais il est vrai que AA peut être un peu déroutant au début. Quand j’y suis allé les premiers temps, on m’avait dit de prendre seulement ce qui faisait mon affaire et de laisser faire le reste. J’ai essayé plusieurs groupes aussi. Il y en a qui me convenais mieux que d’autres et dans lesquels je me sentais mieux et d’autres. Mais peu importe le moyen, l'important est le résultat.

Au niveau de la tolérance à l’alcool, je crois que le problème c’est que les quantités finissent par augmenter de plus en plus avec le temps. On en a besoin de plus pour avoir le même effet, de là peut être notre grande tolérance. Mais malheureusement, l’alcoolisme est une maladie qui est très progressive aussi.

Comment ça se passe ton arrêt depuis vendredi? Est-ce que ça se passe bien?

Mara
16/03/2018, 13h54
Bonjour Anonyme,

D’abord, bravo d’avoir réussi à vaincre deux formes de dépendance! Tu as toute mon admiration.

De mon côté, ça continue de bien aller, du moins en ce qui concerne la sobriété. Je n’ai pas consommé d’alcool depuis vendredi dernier et ça m’est relativement facile. Par exemple, hier, j’ai appris que je devrais être réopérée. Eh bien, plutôt que de me précipiter à la SAQ, je suis allée m’acheter un petit truc qui me faisait envie depuis un moment. J’ai souri intérieurement en passant à la caisse : cette petite gâterie était du même prix qu’une bouteille de vin ordinaire. :)

Merci encore de soutien,

Mara

Anonyme
17/03/2018, 10h28
Bonjour Mara

C’est super! Une semaine et en plus tu as pu faire face à une nouvelle qui t’as certainement beaucoup "brassée" émotivement autrement que par l’utilisation de l’alcool. Je te lève mon chapeau parce que c’est vraiment une belle victoire. C’est une bonne idée de t’être acheté quelque chose qui te fais plaisir. C’est important de se faire plaisir, de se trouver d’autres façons soit pour se récompenser, se détendre, etc.

On fait effectivement beaucoup d’économies en ne fumant plus et en ne buvant plus. Tu as du t’en rendre compte avec la cigarette. Juste en cigarette, le fait de ne plus fumer représente presque 4000$ d’économie par année pour moi. Si j’ajoute à cela ce que je dépensais en alcool... je n’ose même pas y penser. Quand on regarde ça, on peut bien se payer des petits et même quelques grands plaisirs. Ça fait un pas pire budget pour se gâter.:cool:

Est-ce que tes proches savaient que tu te préoccupais de ta consommation depuis quelques temps ou ils ne s’en doutaient pas?

nanou
18/03/2018, 08h40
Bonjour Mara et anonyme.
Sans vouloir interrompre votre discussion, je vous remercie de partager vos échanges sur le forum. Ça me fait du bien de vous lire.
Bonne chance à toi Mara. Ta démarche est inspirante.
Je te souhaite de tout coeur de retrouver la santé.

Mara
18/03/2018, 19h54
Bonjour,

J'ai répondu à Anonyme et à Nanou il y a environ une heure et mon message ne s'est pas affiché. Es-ce que ça arrive parfois? Il me semble avoir appuyé sur «Envoyer ;a réponse», comme les autres fois.

Mara

Anonyme
18/03/2018, 22h45
Bonjour

Pour Nanou, tu n’interromps absolument pas la conversation et ne te gêne pas pour y participer si tu en as envie. Ça prend deux personnes pour un échange mais c’est encore plus enrichissant quand on est plusieurs. L’écriture fait aussi du bien, parce que ça oblige à mettre des mots sur des ressentis. Ça fait aussi en sorte que l’on peut se sentir moins seul face à ce problème. Alors ne te gêne surtout pas pour participer. Félicitation aussi pour ton temps d’abstinence. Tu as un très beau parcours.

Pour Mara, ça m’est aussi arrivé que mes messages ne s’envoient pas. Je crois que c’est parce que quand on répond, il y a deux carrés. " Votre message" ou on écrit avec un bouton "envoyer la réponse" et un juste un peu plus bas « options supplémentaires » qui a lui aussi un bouton "envoyer la réponse". Et je crois que quand ça m’est arrivé c’est que j’avais peut être appuyé sur le bouton envoyer mais du carré options supplémentaires. Je crois que c’est ce que j’avais fait par erreur.:confused:

Mara
18/03/2018, 23h24
Samedi a.m.
Bonjour Anonyme,

Oui, Madame, c'était super! J'étais drôlement fière de moi et tu sais par expérience ce que ça représente. Il faut dire que mon oncologue m’a aussi appris une excellente nouvelle ce jour-là : les ganglions sentinelles qu’elle avait enlevés n’étaient pas cancéreux. Je me considère donc comme chanceuse d’avoir ait été diagnostiquée relativement tôt, d’avoir affaire à une spécialiste compétente et empathique, de sentir l’approche du printemps, etc.

Personne dans mon entourage n’est au courant de mes démêlés avec l’alcool. Il n’y a que ma psy, les administrateurs et les lecteurs du forum, et toi qui savez.

Dimanche 14 h.
Bonjour à vous, Anonyme et Nanou,

Je suis u peu moins fière de moi aujourd’hui. Hier, j’ai mangé tôt au resto avec une copine et j’aurais volontiers accompagné mon repas d’un ou deux verres de vin, mais j’ai laissé faire. J’aurais peut-être dû, car avant de rentrer chez moi, c’est une bouteille entière (750 ml à 9,5%) que j’ai achetée, puis consommée. Je n’ai pas eu envie d’aller en acheter une autre, c’est déjà une bonne chose, et me suis sentie bizarre en la buvant. D’abord, un sentiment nouveau, le temps ainsi perdu, comme Anonyme l’avait écrit dans son message du 13 mars : «on se rend compte à quel point on gagne du temps que l’alcool nous enlevait». Bien vu, Anonyme. Merci.

J’ai ensuite cherché les causes de cet accroc (je ne veux pas employer le mot «rechute», c’est trop déprimant) à ma démarche. Inutile de creuser bien loin.
• L’inquiétude et le stress liés à la prochaine opération et aux résultats : Que révélera l’analyse des tissus? Un cancer de grade 2, comme maintenant, ou plus avancé?
• L’attente : si tout se passe comme prévu, IRM dans 3 semaines, opération dans 4, radiothérapie dans 8! J’étais certaine de commencer la radiothérapie prochainement, et comme l’alcool est interdit pendant les traitements, ça m’encourageait à ne pas boire.
• La déception : j’espérais être sur le piton pour l’été, loin des effets secondaires des traitements.

À ces causes, j’ajouterais la solitude du samedi soir. Le week-end, on est censé décrocher et prendre du bon temps avec les personnes qu’on aime. J’ai toujours hâte au lundi matin et de sentir que le monde s’active.

Dimanche 18 h.
Je reviens de l’épicerie. Avant de quitter la maison, je me suis fait un sourire dans le miroir, histoire de me dire que je m’aimais encore (c’est nouveau ça, avant j’aurais croulé sous la honte et la culpabilité) et que je n’avais pas perdu la bataille, ni contre le cancer ni contre l'alcool. À l’épicerie, tout le monde était de bonne humeur et je n’ai pas songé un seul instant à acheter du vin. Comme je ne compte pas ressortir, cette journée se sera déroulée sous le signe de la sobriété et j’aurai le plaisir, lorsque je descendrai le bac de recyclage, d’en apprécier la légèreté, car il ne contiendra qu’un seul corps mort.

Depuis que j’ai lancé cette discussion sur le forum, je remarque qu’il y a souvent des visiteurs dans la section «problèmes liés à l’alcool» et j’ai toujours envie de les saluer, de leur dire que leur présence sur le site est réconfortante. Et voilà que Nanou se joint à la discussion. Non, Nanou, tu n’interromps rien. Tu confirmes simplement que la présence et le réconfort des participants à ce forum, loin d’être uniquement virtuels, se manifestent de manière concrète.

Merci à tous et à toutes,

Mara

Anonyme
19/03/2018, 19h53
Bonjour Mara,
Si tu savais le nombre de fois ou j’ai reconsommé au début. :rolleyes: J’avais du mal à passer le cap des trois jours... Il ne faut pas banaliser les ré-alcoolisations, mais je ne crois pas qu’il faut les dramatiser non plus, surtout en début de parcours. Je crois qu’il faut le voir comme un processus, un apprentissage. Tu as identifié les difficultés et les émotions qui t’ont poussé à reconsommer, et c’est un point positif parce que tu apprends à mieux te connaître vis-à-vis de ça et à mieux t’outiller par le fait même.

À un moment, j’étais tombé sur un petit texte qui m’avait fait sourire tellement je le trouvais "parlant". C’est un texte qui parle du changement, mais ça s’applique tellement, je trouve, à la route qui mène à l’abstinence et à la sobriété. Je vais essayer de remettre la main dessus et viendrai le mettre sur le forum.

L’inquiétude, le stress, l’attente sont sources d'émotions fortes c’est évident. Mais elles sont toutes liées à quelque chose qui n’est pas encore là et vis-à-vis desquelles tu n’as malheureusement pas vraiment de contrôle actuellement. C’est ce que j’appelle être dans le "prévivre". Peut être que rien ne va se passer comme tu l’anticipe? Peut être que le prélèvement sera ok comme pour les ganglions? Essaie, si tu peux, de te centrer sur ton moment présent. Juste dans ton aujourd’hui. Je sais que ce n’est pas évident et que c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais quand on se recentre sur le moment présent, peu importe la situation qui nous cause de l’angoisse et des émotions plus négatives, ça se gère un peu mieux.

Pour tes amis et tes proches, peut être que tu peux leur demander de te soutenir en ne buvant pas lors d’occasions en ta présence? Dans ta situation, où il est préférable de ne pas prendre d’alcool pour les traitements au niveau de la santé, tu n’as pas besoin de tout leur expliquer. Certainement que tout ton entourage sera très compréhensible et se fera un plaisir de ne pas consommer en ta présence si cela est pour t’aider au niveau de ta santé. Ça pourrait peut-être être facilitant pour toi, en tout cas au début?

nanou
19/03/2018, 22h15
Bonsoir Mara.
Je pense moi aussi qu’il y a plusieurs chemins qui mènent à la sobriété.
Celui que tu as emprunté, sur lequel il y a eu un «accroc», est aussi valable qu’un autre puisqu’il t’a permis d’avancer dans ta réflexion. Ce n’est donc pas un recul mais bien un pas de plus en avant.
Dans mon cas, le fait de boire m’a fait vivre avec le temps tout un lot de désagréments. C’est sans doute ce qui m’a aidée à arrêter de boire un jour à la fois jusqu’à aujourd’hui.
Je pense que tu peux continuer à être fière de toi. Ta démarche a un sens et tu avances sur un bon chemin.

Anonyme
20/03/2018, 08h11
Bon matin Nanou et Mara,

Voici le petit texte sur le changement dont j’ai parlé hier. Il s’appelle "Autobiographie en cinq courts chapitres", de Portia Nelson. Je ne sais pas si ce texte vous "parlera" comme à moi il l’a fait (j'étais dans une phase de yoyo quand j'étais tombé là-dessus). Mais je trouve qu’il illustre bien le chemin qui mène vers l’abstinence et la sobriété. C’est à cause de ta lucidité, Mara, que j’ai repensé à ce texte.

Chapitre 1
Je marche dans la rue. Il y a un grand trou profond dans le trottoir. Je tombe dedans. Je suis perdu – Je suis nul et sans espoir. Ce n’est pas ma faute. Il me faut une éternité pour me trouver un moyen d’en sortir.

Chapitre 2
Je marche dans la même rue. Il y a un grand trou profond dans le trottoir. Je fais semblant de ne pas le voir. Je tombe à nouveau dedans. Je n’arrive pas à croire que je me trouve dans ce même endroit. Mais ce n’est pas de ma faute. J’ai pourtant besoin d’un long moment pour en sortir.

Chapitre 3
Je marche dans la même rue. Il y a un grand trou profond dans le trottoir. Je le vois. Je tombe quand même dedans – c’est une habitude. Mes yeux sont ouverts. Je sais où je suis. C’est Ma faute. Je sors immédiatement de là.

Chapitre 4
Je marche dans la même rue. Il y a un grand trou profond dans le trottoir. Je le contourne.

Chapitre 5
Je marche dans une autre rue

Voilà, bonne journée!

Mara
20/03/2018, 19h50
Bonsoir Anonymes et Nanou,

Vos messages me font beaucoup de bien. En plus, j’y retrouve des réflexions que je me suis faites depuis dimanche. L’«accroc» n’est pas nécessairement un recul, mais une étape de l’apprentissage ; il me permet de mieux me connaître et ainsi d’avancer dans ma démarche. Je finirai bien par éviter le grand trou dans le trottoir. :)

Pour ce qui est de se concentrer sur le moment présent pour gérer son stress, quoi de mieux que la méditation ? Cette pratique a déjà occupé pas mal d’importance dans ma vie. J’ai d’ailleurs assisté à des séances de groupe en novembre et décembre derniers. Le diagnostic de cancer est arrivé juste avant les Fêtes et la méditation m’est alors complètement sortie de l’esprit. Je devrais m’y remettre.

La maladie m’avait aussi fait oublier les bienfaits du pilates. Inutile de serrer les mâchoires à longueur de journée ni de contracter les épaules. Hier soir, j’ai renoué avec la respiration latérale avant de m’endormir. Ça manquait de fluidité, mais ça aussi, c’était un pas en avant. Ce matin, massage avec un gant à billes et regain d’énergie.

Pour ce qui est de demander à mes proches de ne pas consommer devant moi, je ne sais pas encore. Je verrai quand l’occasion se présentera. En attendant, je vais continuer à m’inspirer de votre expérience et à profiter de votre soutien.

Mara

Anonyme
22/03/2018, 08h26
Bonjour Mara et Nanou

C’est une bonne idée la méditation.

Personnellement, j’aime aussi beaucoup utiliser la prière de la Sérénité quand je vois que je suis en train partir en vrille mentalement. Pas obligé de la réciter à genou, les bras en croix, avec un petit visage d’ange;):pJuste dans ma tête, sans que ça paraisse, et ça a l’effet de me calmer, de me recentrer et ça m’aide à me rappeler de lâcher-prise sur ce vis à vis de quoi je n’ai pas de contrôle (situation, événement, réaction d’une autre personne, etc). C’est un peu comme si je faisais consciemment un stop à mon état d’âme intérieur quand je le fais. Et souvent, ça fonctionne.

J'espère que vous allez bien toutes les deux?

Bonne journée sous le soleil.

nanou
22/03/2018, 18h02
Bonjour Anonyme et Mara.
Tout comme vous deux j’attache de l’importance aux activités qui me font du bien.
Depuis toujours j’aime me retrouver dans la nature. Marcher dans un endroit paisible, écouter le chant des oiseaux, respirer le bon air, tout ça me permet de refaire le plein d’énergie.
J’aime bien aussi faire du sport avec des gens agréables. Le fait de me concentrer sur l’activité m’amène à mettre mes tracas de côté. C’est une façon de dépenser de l’énergie qui me procure un immense bien-être tout en me libérant des émotions négatives.
Dès le début de ma démarche vers la sobriété, j’ai continué mes activités, même si ma santé n’était pas à son meilleur et que le coeur n’y était pas vraiment. Je peux dire aujourd’hui que ça m’a aidée beaucoup. L’alcool m’amenait à m’isoler. Mes occupations ont contribué à me sortir de cette bulle toxique.
Mara, nous avons un point en commun. C’est le fait de ne pas parler de notre problème de consommation avec notre entourage. Au début de ma démarche, ça me fatiguait. Maintenant ce n’est plus le cas. Dans mon entourage, il n’y a personne qui, comme moi, a décidé d’arrêter de boire, donc personne avec qui j’ai le goût d’en parler. Tous ont constaté que je ne prends plus d’alcool. Chacun respecte mon choix sans me forcer à me justifier. Ça me convient comme ça.
M’exprimer sur ce forum, ça me convient aussi. Et j’apprécie énormément lire les témoignages des autres.
Bonne soirée.

Mara
23/03/2018, 20h11
Bonsoir Anonyme et Nanou,

Oui, plusieurs chemins mènent à la sobriété, et ce, peu importent les moyens. Ceci dit, comme Nanou, j’aime me ressourcer dans la nature et faire de l’activité physique. Pendant ma convalescence, mes cours de gymn m’ont beaucoup manqué, sans compter certains participants fort sympas.

Depuis quelques jours, j’ai recours à un autre moyen, dont nous n’avons pas parlé, pour me concentrer sur autre chose que la sobriété et les suites possibles de ma maladie : un projet ! Une randonnée pédestre d’une douzaine de jours en septembre prochain. Je suis occupée pas à peu près ! Ça exige beaucoup de recherche et de planification, mais je me sens d’attaque.

Bonne fin de semaine et au plaisir de vous lire et de vous écrire,

Mara

Anonyme
24/03/2018, 12h41
Bonjour,
C’est super comme projet et c’est vrai que ça doit te tenir occupé. C’est une belle motivation.

Je suis en train de planifier quelque chose qui est un peu similaire mais que l’on fera en voiture avec les enfants, un road trip. J’adore voyager et c’est quelque chose que j’avais pourtant arrêté de faire. Je me rattrape depuis que je ne bois plus, à plusieurs niveaux, dont celui-là.

Oui, c’est la fin de semaine. N’oublions pas de garder les yeux ouverts pour éviter les trous qu’il y a sur le trottoir. N’hésite pas à écrire si tu as des difficultés. Le fait d’écrire peut avoir un peu le même effet bénéfique que le téléphone. S’entendre dire les choses, ça aide souvent et en plus, ça peut faire passer une envie.

Et un truc qui m’aidait, les fins de semaines, c’est que je planifiais un peu plus mes journées, pour éviter les temps morts, surtout aux heures un peu plus fatidiques.

Et si j’avais un souper avec des amis, je tentais là aussi de planifier un peu mon plan de match à l’avance. Comme qu’est-ce que j’allais répondre si on me posait la question du pourquoi je ne bois pas, ou si on essayait d’insister pour que je boive. Je n’avais pas trop envie de me faire poser des questions alors j’avais mes réponses toutes prêtes pour couper court sur le sujet. Même chose pour ce que j’allais me prendre pour boire. J’y avais pensé à l’avance, et ça laissait moins de place à l'indécision. Ce sont de petits trucs qui moi m’ont beaucoup aidés.

Mais disons aussi que les premières semaines je ne provoquais pas trop les sorties où il y avait de l’alcool, pour me donner une chance. Mais il y en a pour qui ça ne pose pas de problème. Moi j’avais beaucoup de cravings au début alors j’essayais de me ménager un peu plus là-dessus. C’était ma façon d’éviter les trous dans le trottoir, le temps que je me sente un peu plus capable de les contourner.

Allez, bon weekend!

Mara
24/03/2018, 13h42
Bonjour,

Quel beau projet de ton côté aussi ! Tu dois être drôlement content d’avoir recommencé à voyager et de te donner du bon temps en compagnie des enfants.

Ça tombe bien que tu abordes le sujet des trous dans le trottoir. J’ai eu de la difficulté hier à éviter la SAQ. J’aimerais bien savoir pourquoi je passe parfois devant les succursales sans même m’en apercevoir et d’autres fois en ne pensant qu’à y entrer. Je ne crois pas que ce soit seulement l’approche du week-end ou un mauvais moment à passer qui m’incitent à consommer. Peut-être que c’est un effet normal de la dépendance et que peu à peu les envies diminueront.

Dans les séances antitabac auxquelles j’ai participé, on disait que l’envie de fumer durait environ quatre minutes et qu’elle passerait qu’on en fume une ou pas. Sais-tu si l’envie de boire a une durée aussi ? Ce serait drôlement pratique. Je regarderais ma montre tout en respirant profondément, le temps que ça passe.

Bonne idée de planifier davantage mon emploi du temps les fins de semaine. Je ne prévois pas manger avec des amis ce soir. De toute façon, si l’occasion se présentait, je n’aurais qu’à dire que je ne bois pas pour ménager mon métabolisme en vue de l’opération et des traitements.

Le fait de m’exprimer sur ce forum m’aide beaucoup à tenir le coup. Si je me sens sur le point de flancher, je sauterai sur mon clavier, c’est sûr.

Merci encore pour ton soutien et bon week-end à toi aussi,

Mara

Anonyme
24/03/2018, 19h06
Bonsoir,
Oui les envies vont diminuer avec le temps. Je dirais que normalement, elles ne durent pas très longtemps. J’ai remarqué que la durée dépendait beaucoup de ma façon d’y faire face. Quand je ne me laissais pas de place à la négociation et à la possibilité de reboire, j’arrivais à mieux gérer l’obsession et ça passait plus rapidement parce que je ne l’entretenais pas mentalement. Là où c’était plus difficile c’est lorsque je me mettais à "écouter" la négociation avec moi-même et à écouter ce discours-là sans y mettre un stop vraiment. Dans ce temps-là c’était plus long et plus difficile. Et parfois aussi, je finissais par réussir à me convaincre et je me retrouvais finalement à la SAQ.

Le mieux que j’ai trouvé quand j’avais des obsessions, c’était de m’occuper. Aller prendre une marche, une douche, appeler quelqu’un à qui je pouvais en parler, lire un chapitre du vivre sobre ou autre. S’occuper à autre chose et ne pas avoir d’ouverture à négocier.

Pourquoi des fois on en a envie plus que d’autres fois? J’imagine qu’il y a plusieurs facteurs à ça, dont le principal qui est, comme tu dis, que ce soit une dépendance. Je crois que mes moments plus difficiles était beaucoup liés à mes routines de consommations. J’étais quelqu’un qui buvais quotidiennement. Donc à certaines heures j’avais mes "rituels" et les envies devenaient aussi beaucoup plus fortes à ces moments. Je crois qu’il faut vraiment arriver à casser certains de nos rituels et de nos routines.

Mara
24/03/2018, 20h08
Bonsoir,

C’est réconfortant de savoir que, comme pour le tabagisme, les envies vont diminuer et qu’elles ne durent d’ordinaire pas très longtemps. Bonne chose aussi de se méfier de la négociation avec soi-même. Je n’y avais pas songé.

Je pense que les rituels et la routine jouent aussi un grand rôle dans mes obsessions. Comme je vis seule, je peux me plonger dans un bon bouquin et remettre à plus tard des tâches routinières comme le ménage ou un peu longues comme la préparation des aliments quand je cuisine en grande quantité. Mais arrive un moment où on ne peut plus reporter, il faut passer à l’action. Or, le vin m’était alors d’un grand secours, car ça me booste ! Il suffisait d’une bouteille, parfois plus, pour que je m’affaire pendant des heures sans m’embêter un seul instant. Quand je m’arrêtais enfin, la maison était nickel, les plats variés et moi, bien contente du résultat.

Heureusement, je me sens de plus en plus capable d’accomplir de telles tâches sans boire, mais le schéma du vin comme source d’énergie va sans doute demeurer imprimé dans mon cerveau un bon moment. Mon état de santé devrait cependant m’aider à briser ce modèle.

Sur ce, bonne soirée à toi et au plaisir,

Mara

nanou
24/03/2018, 20h22
Merci Anonyme de partager ton expérience.
Pour ma part je retiens ceci: dans les périodes plus difficiles, planifier les journées, adopter de nouveaux rituels et se donner des moyens pour gérer l’obsession.
Ce sont de précieux conseils que je vais suivre au besoin. Je suis consciente que je ne peux rien prendre pour acquis. Dans mon quartier il y a aussi des trous dans le trottoir … :rolleyes:

Bravo Mara pour ta belle idée de randonnée pédestre. Tu as raison de dire que c’est important de ne pas passer tout notre temps à penser aux problèmes. Ça fait du bien de s’occuper l’esprit à autre chose.

Merci à tous les deux pour votre présence sur ce forum, je l’apprécie beaucoup.

Anonyme
26/03/2018, 22h09
Bonsoir Mara et Nanou,

J’espère que vous allez bien?

C’est vrai ce que tu dis Nanou, il ne faut rien prendre pour acquis. J’ai souvent entendu dire que peu importe le temps d’abstinence, on reste toujours à un bras du premier verre.

Mara tu pourrais peut être essayer de te faire un beau grand verre d’eau perrier avec une tranche de citron ou de limonade italienne, ou un bon cappuccino, quelque chose d’intéressant à boire qui pourrait t’aider à remplacer ton verre "d’alcool énergie"?

Mara
27/03/2018, 14h46
Bonjour à vous deux,

Je me suis rendu compte hier que le plaisir joue dans mes accrocs à la démarche. Que voulez-vous, les spritzers, j’aime ça ! Les substituts proposés par Anonyme ne font pas le poids. Surtout quand je fais à manger. Ces drinks «semblent» légers et comme je mets autant d’eau et de jus que d’alcool, ils ne cognent pas. Je dors bien, même si mon foie travaille fort, et me réveille de bonne humeur. Dur pour la motivation, ça !

Il est hors de question que je me justifie par un «Une fois n’est pas coutume », ce serait une façon de négocier avec moi-même. Si je n’avais pris qu’un ou deux verres, peut-être, mais ce n’est pas le cas. En plus, ce serait m’aventurer sur la pente descendante.

Quand l’envie de boire s’est manifestée, j’ai tenté de résister par divers moyens dont nous avons parlé, sauf celui d’écrire sur ce forum. J’avais pourtant dit que je sauterais sur mon clavier au besoin.

Pour m’encourager, je me dis que j’ai fait du ménage dimanche sans penser à boire un seul instant. J’ai d’autres tâches ennuyeuses à faire aujourd’hui, mais je ne ressens pas du tout le besoin de m’énergiser avec de l’alcool. À l’avenir, je noterai le nombre de jours entre les envies impérieuses en espérant qu’elles s’espacent.

Merci de votre écoute,

Mara

Anonyme
28/03/2018, 08h29
Bonjour Mara et Nanou

Mara, je me reconnais bien quand tu dis : "j’ai tenté de résister par divers moyens dont nous avons parlé, sauf celui d’écrire sur ce forum. J’avais pourtant dit que je sauterais sur mon clavier au besoin."
Oui, à moi on disait "appelle avant, plutôt qu’après!" Sauf que, pareil comme toi, quand je succombais à mes pulsions d’alcool je n’avais pas appelé avant. Je le disais seulement le lendemain. Mais quand j’appelais avant, souvent je ne consommais pas. Pourquoi? Je crois que c’est parce que je me fermais la porte à la possibilité de en le disant, contrairement à quand je ne le faisais pas.

"À l’avenir, je noterai le nombre de jours entre les envies impérieuses en espérant qu’elles s’espacent." Comme tu as dit en fin de semaine, ces envies impérieuses sont causées par une dépendance. Selon moi, les envies vont diminuer au fur et à mesure que la dépendance n’est plus alimentée par la substance qui la créée.

Quand tu as arrêté pendant un mois et demie, avais tu aussi des obsessions? Comment ça se passait?

Bonne journée à vous deux.

Mara
28/03/2018, 15h24
Bonjour Anonyme,

Ça me fait du bien savoir que je ne suis pas la seule à me fourvoyer à propos de l’avant. Je ne suis pas fière de ma dernière consommation pour autant.

Dommage qu’il n’y ait pas l’équivalent des gommes à mâcher ou autres produits avec nicotine pour les alcooliques. Ça m’avait aidée quand les rages de tabac se faisaient sentir. Ceci dit, il existe une plante, le kudzu, qui diminue plusieurs formes d’addiction : alcool, tabac, drogues, médicaments, etc. On en trouve dans les herboristeries. Malheureusement, le kudzu est déconseillé en cas de cancer du sein, mais certains des nombreux lecteurs de ce forum pourraient être intéressés.

La première fois que j’ai arrêté de de boire remonte à une dizaine d’années. Je venais d’apprendre que je souffrais de diabète de type 2 et que je devais consommer de l’alcool un verre à la fois. Je n’en ai pas pris pendant un mois sans aucune difficulté. Je désirais vraiment maîtriser mon taux de glycémie par mon alimentation. Puis, j’ai eu la très, très mauvaise idée de mesurer ma glycémie après un verre de vin, deux verres, trois verres, etc. Malheur, le vin ne fait pas augmenter ma glycémie, ce qui est rare. J’ai refait le test à maintes reprises et c’était bien le cas. La seconde fois que j’ai cessé de consommer, je n’ai pas eu d’obsessions pendant un mois et demi, mais cela date d’au moins cinq ans. Ma dépendance s’est peut-être accrue depuis. Pourquoi avais-je recommencé? Le bon goût y est sans doute pour beaucoup, mais…

Merci encore de ta patience et de ta constance, et au plaisir,

Mara

nanou
28/03/2018, 16h57
Mara, tu es assez lucide pour exprimer clairement ce qu’il t’arrive.
Quand tu vas être prête à cesser de consommer, tu vas être capable d’y arriver.

Ça m’impressionne que tu sois encore assez disciplinée pour faire régulièrement du ménage et de la cuisine. Je dois avouer que je suis moins motivée à ce sujet.

Ces temps-ci, je me sens plus fragile. C’est probablement à cause de quelques petits soucis de santé. Rien de grave, mais ça me cause de la fatigue. En attendant de recevoir les soins nécessaires, je vais me reposer et tenter de me changer les idées, question de ne pas retomber dans mes anciennes habitudes. Je garde à l’esprit les dangers des trottoirs troués...

Je vais continuer de vous lire, toi et Anonyme. Avec sa vaste expérience, il est bien outillé pour te guider dans ton parcours.

Mara
28/03/2018, 18h06
Bonjour à vous deux,

Toi aussi, Nanou, tu fais preuve de lucidité. Avant de lancer cette discussion, j’ai visité le forum et lu la tienne. J’avais remarqué ton esprit structuré.

J’aime bien ta deuxième phrase. Moi aussi, je pense qu’on fait le pas quand on est prêt. Quant à la capacité d’y arriver, je me rappelle l’importance qu’ont eue les encouragements de l’animateur pendant les séances antitabac. Ses nombreux «Vous êtes capables de faire ça !» m’ont beaucoup aidée.

En ce qui concerne le ménage et la cuisine, je ne suis pas aussi disciplinée que ça. Comme je contrôle mon diabète par l’alimentation, je dois préparer presque tout moi-même. Ça peut paraître bizarre de la part d’une alcoolique, mais ma santé m’importe ou du moins m’importait. J’ai commencé à consommer au début de la cinquantaine et à fumer à la fin. Je suis à peu près certaine que si les traitements de radiothérapie avaient déjà commencé, que je ne consommerais pas. J’insiste sur «à peu près». Moi non plus, je ne tiens rien pour acquis.

Quant au ménage, il me semble que ça va avec le printemps, sans compter que mon chat mue. En plus, je devrais être réopérée vers la mi-avril et je sais par expérience qu’une convalescence dans un appartement rangé, c’est bon pour le moral.

Eh oui, les ennuis de santé nous fragilisent, causent souvent de la fatigue et maganent les trottoirs. Je n’ai rien à te proposer comme solutions que tu ne connaisses déjà. Du koudzou contre les trous? Un projet pour se changer les idées? Écrire dans ce forum avant de céder à la tentation?

Nous sommes là. Anonyme avec sa précieuse et vaste expérience, comme tu le soulignes, et moi avec mon cheminement.

Bonne fin de journée,

Mara

Anonyme
29/03/2018, 22h34
Bonsoir

J’espère que tout se passe bien pour vous?

Mara, il y a de la médication qui existe pour aider au sevrage de l’alcool. Tu pourrais en parler à ton médecin si tu veux? Du Kudzu? :)Je ne connais pas ça.

Quand tu dis : " Je suis à peu près certaine que si les traitements de radiothérapie avaient déjà commencé, que je ne consommerais pas." Il y a une semaine, tu as dit quelque chose qui avait attiré mon attention et qui va dans le même sens de ce que tu dis. Tu disais, en expliquant une réalcoolisation "radiothérapie dans 8! J’étais certaine de commencer la radiothérapie prochainement, et comme l’alcool est interdit pendant les traitements, ça m’encourageait à ne pas boire". Ce qui avait attiré mon attention c’est que tu avais mis encourager au passé. C’est sur que quand on est au pied du mur, ça laisse peut être moins de place aux écarts. Mais ça met plus de pression.

Pour l’expérience, je crois qu’on a toutes notre expérience et qu’elles sont toutes aussi valables l’une que l’autre. Le point en commun reste le problème de consommation.

Nanou, ça arrive des périodes où l’on se sent un peu plus fragile. Il ne faut pas s’isoler dans ces moments et ne pas rester seule avec ça, alors ne te gêne pas. Comme a dit Mara, nous sommes là.

Bonne fin de soirée

Mara
31/03/2018, 14h00
Bonjour à vous deux,

Vous allez bien?

Je mange au resto ce soir. J'espère pouvoir résister à l'appel du vin.

Bon samedi,

Mara

Anonyme
31/03/2018, 15h30
Bonjour,

Ça va bien aller Mara et je suis sur que tu peux le faire.

Il y a toujours une section sans alcool dans le menu et quand il n’y en a pas, on peut demander. En apéro, j’aime bien me commander un "virgin cesar" pendant que les autres boivent leur bière. Parfois je poursuis avec la même chose pendant le souper aussi. Personnellement, j’évite ce qui est bière sans alcool ou vin sans alcool (mais il y en a qui en prennent). Je ne me suis jamais saouler au bloody césar alors ça ne résonne pas à grand-chose dans ma tête, contrairement au goût du vin et de la bière (pour ça que j'évite complètement). Sinon un coke, eau perrier, etc. Essaie aussi de toujours avoir quelque chose dans ton verre pour éviter le verre vide.

Comme on a dit, tu peux aussi en parler à ceux avec qui tu vas au resto. Pas besoin d’élaborer, tu peux juste dire qu’à cause de traitements médicaux, c’est mieux que tu ne boives pas. Pas mal sur qu’ils vont faire attention à toi et ça peut beaucoup t’aider.

Allez, tu peux le faire Mara! Bon souper et tiens-nous au courant si tu en as envie.

Mara
01/04/2018, 14h07
Bonjour Anonyme,

Oui, j’ai pu le faire, mais le hasard a joué pour beaucoup. À l’arrivée au resto, j’ai eu très envie d’un verre de vin. Je dis bien « un ». Si nous commandions un demi-litre à trois, c’est ce que j’aurais. Mais mes amis n’avaient pas envie de prendre de vin et ce n’était pas pour m’encourager. Ils n’en avaient pas envie, point. Comme je leur avais dit que c’est préférable de ne pas boire dans les semaines qui précèdent une opération, j’aurais été mal vue de commander un verre. Orgueil oblige. Par la suite, contrairement à la semaine dernière, l’envie a disparu au fil de la discussion et je n’ai pas acheté une bouteille en rentrant chez moi.

Chose curieuse, je peux boire raisonnablement au resto et chez des amis, mais pas seule à la maison. Peut-être parce que, dans le premier cas, je partage un bon moment avec des proches et que, dans le second cas, je me retrouve aux prises avec ma solitude et tourne la situation contre moi.

Un point fort de ton message, Anonyme, c’est le «virgin cesar». Depuis le temps que je cherche une boisson non alcoolisée, mais forte en bouche, pour calmer mes envies de vin ! Il n’y en avait pas au resto hier, mais je vais me procurer les ingrédients pour en préparer.

Encore une fois, merci de ton soutien et de tes conseils, et bon congé de Pâques à toi et à Nanou en compagnie de vos proches,

Mara

nanou
01/04/2018, 20h52
Bonsoir,

Mara, se pourrait-il que le hasard n’a pas été seul à jouer en ta faveur?

Se pourrait-il que, mine de rien, tes amis avaient compris que tu as besoin de support pour ne pas boire avant ton opération?

On peut bien dire ce qu’on veut, et moi la première, mais notre entourage entend ce qu’on ne dit pas explicitement.

Les proches sont là pour nous aider, qu’on le veuille ou non.

Bonne fin de soirée

Anonyme
01/04/2018, 22h33
Bonsoir à vous deux

C’est super Mara! Peu importe si tu dis que le hasard ait joué, tu n’as pas consommé et c’est ce qui compte. Tu aurais très bien pu aller à la SAQ après le resto et boire une fois seule chez toi, et tu ne l’a pas fait.

Et comme dit Nanou, tes amies ont peut être voulu aussi t’appuyer sans que tu ne le sache. Et le fait que tu leur ais dit a eu aussi du bon parce que ça a permis à ton orgueil de jouer en ta faveur en t’aidant à ne pas boire.

"Chose curieuse, je peux boire raisonnablement au resto et chez des amis, mais pas seule à la maison". Est-ce que ça pourrait être aussi parce que, lorsque tu es seule chez toi, tu n’a pas à te soucier du regard des autres par rapport à ta consommation?

Bonne fin de soirée

Mara
02/04/2018, 14h10
Bonjour à vous deux,

Toutes mes félicitations! Vous êtes pas mal perspicaces !

Oui, mes amis sont sensibles et généreux, donc parfaitement capables de se passer de vin pour m’accompagner dans ma préparation aux traitements. Malgré ma dépendance, j’aurais fait, ou essayé de faire, la même chose en pareille circonstance.

Non, il n’y a pas que la culpabilité, la honte et les ennuis de santé qui nous incitent à entreprendre une démarche pour cesser de boire. L’amour-propre aussi entre en ligne de compte. Combien de fois je me suis dit : « Il ne faudrait pas que je me blesse sur le trottoir ou dans mon appartement et que mes amis apprennent que j’étais ivre ». On entend souvent parler d’orgueil « mal placé », mais l’inverse existe, je crois, et il joue en notre faveur.

Si nous ne ressentions plus de honte ni de culpabilité à boire, c’est peut-être parce que nous aurions baissé définitivement les bras.

Bon après-midi ensoleillé et au plaisir,

Mara

Anonyme
04/04/2018, 12h26
Bonjour

J’espère que vous allez bien?
Je crois que tu as entièrement raison au sujet de l’orgueil. Il peut nuire, mais il peut aussi nous servir.

Je crois aussi qu’on peut contrôler pendant un certain temps ce qu’on laisse voir aux autres au niveau de notre consommation. Mais viens un temps où ça devient de plus en plus difficile.

"Si nous ne ressentions plus de honte ni de culpabilité à boire, c’est peut-être parce que nous aurions baissé définitivement les bras ". Je comprends ce que tu veux dire. La culpabilité et la honte sont peut être comme un frein à la conso.

Mais paradoxalement, je crois aussi que la culpabilité peut être un "incitatif" à boire dans le sens où l'alcool aide à "geler" cette émotion et cette perception très négative que l’on a de nous-mêmes. Pour ce qui est de la honte, elle a peut être pour effet aussi de nous empêcher de demander de l’aide (ou de faire en sorte que ce soit si difficile de le faire), et de nous maintenir dans la dépendance.

C’est un vaste sujet parce que ça fait aussi référence à l’image qui est liée à l’alcoolisme et à la difficulté que ça amène à accepter de s’identifier à cette problématique. Alors que pourtant, maintenant c’est reconnu comme étant une maladie.

Bonne journée à vous deux, sous la neige et la slush

Mara
04/04/2018, 20h58
Bonsoir à vous deux,

Bien vu, Anonyme. Il y a deux faces à une médaille et l’orgueil n’y échappe pas. Et comment qu’on boit pour noyer ou geler la culpabilité et la honte d’avoir bu ! C’est le cercle vicieux de l’alcoolisme, non? Par contre, l’amour-propre peut contribuer à ce qu’on décide un jour de se pendre en main, et de faire l’immense effort de demander de l’aide et d’avouer sa dépendance.

Changement de sujet. Depuis que j’ai arrêté de fumer, je ressens un malaise quand je croise des fumeurs dans la rue. Ça ne me donne pas du tout envie de fumer, bien au contraire. Ça ne m’incite pas non plus à les juger ou à leur faire la morale. C’est plutôt comme si je ressentais intérieurement les méfaits du tabagisme pour la société en général, pour les fumeurs, leur santé. Comme si je percevais les problèmes derrière leur dépendance.

Lundi soir, j’ai ressenti le même malaise devant des personnes qui prenaient un verre dans le hall d’une salle de spectacle. C’est peut-être une manifestation de ma prise de conscience. Chose certaine, ça m’aide.

En attendant, je me réjouis de n’avoir pas consommé d’alcool depuis neuf jours. J’ai bien eu un petit «rush» cet après-midi, mais ça n’a pas duré. À suivre.

Ça va pour toi, Nanou ? Pas trop gris dans ton coin ?

Bonne fin de soirée,

Mara

nanou
05/04/2018, 17h00
Bonjour vous deux.

Mara, les premiers jours de sobriété étant les plus difficiles, je te dis bravo pour en avoir atteint neuf. Avec toute la réflexion qui a accompagné ta démarche, c’est une belle réussite.
Et, le fait que tu commences à éprouver un malaise en voyant de l’alcool, c’est bon signe aussi.

C’est gentil de t’informer à mon sujet. Je dois dire que, malgré les périodes plus difficiles, le goût de boire n’est pas revenu. J’apprends à vivre avec mes émotions sans les noyer dans le vin. Ça ne m’est pas facile. Je dois faire des efforts pour y arriver.

En lisant vos textes sur le fait de parler de notre dépendance avec nos proches, ça m’a rappelé l’époque où, pour la première fois, j’ai été diagnostiquée en dépression nerveuse. On m’a alors prescrit des antidépresseurs et un suivi en psychologie. J’avais beaucoup de difficulté à accepter le diagnostic. Je vivais de la honte et mon orgueil en prenait un coup. On était dans les années 90 et le sujet était encore tabou. J’ai continué à travailler sans en parler aux collègues. Je voulais me protéger. Je n’avais pas confiance en la réaction des gens. Je ne croyais pas qu’ils considéreraient cela comme une maladie. La psychologue a cependant réussi à me convaincre d’en parler avec mes amis de l’époque. Je l’ai fait, mais leur réaction m’a déçue et j’ai senti leur malaise.

Moi qui était renfermée, j’avais fait l’effort de m’ouvrir sur mon problème et je me suis retrouvée blessée et mal comprise. On était loin de la publicité dans laquelle le gars revient au travail après avoir traité sa dépression et que ses collègues l’accueillent avec des applaudissements.

Cette expérience explique probablement mon attitude actuelle. Quand j’ai arrêté de consommer de l’alcool, je n’ai pas parlé de mon problème de dépendance avec mon entourage. Je pense que j’ai voulu me protéger, m’éviter de vivre le même genre d’expérience néfaste.

Les mentalités ont changé. Je ne sens pas le besoin de m’expliquer sur ce qui motive mon choix. Les gens comprennent ce qu’ils sont en mesure de comprendre. L’important c’est qu’ils soient au courant que je ne bois plus et que je me sente respectée dans ma décision. Le reste ne regarde que moi.

Bonne soirée à vous deux, à l’abri du vent.

Mara
06/04/2018, 14h36
Bonjour vous deux,

Nanou, la réaction de tes amis dans les années 1990 a certainement contribué à ce que tu sois plus que discrète en ce qui concerne ta dépendance. Moi aussi, j’ai encaissé une réaction de ce genre dans les années 1970. J’allais consulter un psychiatre en cachette. Le jour où j’en ai enfin parlé à mon chum de l’époque, il m’a dit qu’il ne voyait pas pourquoi, mais que si je voulais le faire, ça me regardait. Trente ans plus tard, alors que nous sommes restés amis, je lui ai décrit ma souffrance de l’époque et il s’est mis à pleurer. « Bien sûr, a-t-il dit, que tu étais malade ! Comment ça se fait que je n’aie rien vu ? » Le temps a passé, on a vieilli, les mentalités ont changé. Le ministre Barrette parle même d’offrir un programme public en psychothérapie ! Ces changements ne transformeront pas pour autant une alcoolique aussi réservée que moi en extravertie et ne l’amèneront pas nécessairement à s’ouvrir à son entourage.

Je n’ai pas parlé de ma dépendance à cet ex-chum. Pourtant, il comprendrait et n’émettrait pas de jugement. Je préfère toutefois m’en abstenir et continuer de progresser en votre compagnie. Notre discussion m’aide énormément ; ses effets sont bien réels.

Ça va, Anonyme? Pas trop venteux par chez toi ?


Mara

Anonyme
06/04/2018, 22h24
Bonsoir,
J’espère que vous allez bien?

Je me reconnais pas mal dans vos propos parce que j’ai eu beaucoup de difficulté à en parler moi aussi.

Mais disons qu’avec le temps, ma consommation avait progressé et c’était devenu assez difficile de cacher le problème. Plusieurs de mes proches, dont ma famille, savaient déjà même si je n’en avais pas vraiment parlé. Ils ont d’ailleurs possiblement su que j’avais un problème avant que moi-même je le sache. :confused:

Au niveau de mes amis, j’en ai parlé plus ouvertement à ceux qui sont les plus proches de moi. Pour la majorité, ça s’est bien passé et je ne ressens pas de différence dans le regard qu’ils portent sur moi depuis qu’ils le savent ou que je l’ai dit. Au contraire.
Et il y en a d’autres qui ont été plus mal habile mais je me l’explique surtout par le manque de compréhension de ce qu’est l’alcoolisme.

Et pour d’autres, dont je me sens moins proches, ils savent que je ne bois plus et ça se limite à ça.

Je me rends compte que ce qui m’empêchait d’en parler au départ, c’était beaucoup la peur du jugement et de porter une étiquette. Mais aussi, je crois que j’avais peur de me sentir surveillé (de me fermer des possibilités de reboire en quelque sorte). Le fait de dire que je suis alcoolique, ça voulait aussi presque dire, tout ce que ce mot implique en terme de conséquence. Et ça aussi ça me faisait peur.

Bonne fin de soirée à vous deux
Chez-moi, le vent a laissé place aux flocons.

Mara
10/04/2018, 19h10
Bonjour,

Il y a un mois aujourd’hui que j’ai lancé la discussion Arrêt! Stop! Que d’efforts, de temps et de verres de blanc ça m’avait pris pour rédiger le premier message ! Heureusement, j’avais lu les discussions antérieures dans la section « Problèmes liés à l’alcool » et j’étais quasiment certaine que le forum m’apporterait l’aide dont j’avais besoin. J’en doutais un peu, mais vous êtes intervenus rapidement et j’ai su que j’avais fait le bon choix.

J’ai relu tous les messages que nous avons échangés pendant ce mois et je ne peux m’empêcher d’être impressionnée par le nombre de réflexions et de conseils sensibles, pertinents et fondés qu’ils renferment. Ça en valait vraiment la peine ! J’ai l’impression d’avoir parcouru beaucoup de chemin en votre compagnie et vous vous réjouirez sans doute avec moi du fait que je n’ai pas consommé de vin depuis 15 jours.

Merci de votre présence,

Mara

Anonyme
11/04/2018, 07h40
Félicitations Mara!!
C’est une excellente nouvelle!! Comme on m’a dit en début de parcours: le plus difficile est derrière, et le meilleur reste encore à venir. Le plus difficile ce sont vraiment les premiers jours et avec le temps, on devient de plus en plus habile à contourner les trous qu’il y a sur le trottoir. Les obsessions deviennent de moins en moins présentes et intenses. On sait mieux comment y faire face. On découvre aussi tout le positif qu’il y a à ne pas consommer, tous les avantages que ça a, ce qu’on a du mal à imaginer quand on est encore dans la conso.

C’est une bonne idée de relire ton parcours. Tu peux y voir ta progression et le chemin que tu as parcouru. Tu es sur la bonne voie en tout cas et ça fait vraiment plaisir de te lire.

Merci à toi de venir partager avec nous. Personnellement, ça me fait beaucoup de bien de pouvoir échanger avec vous.

Je vous souhaite une très belle journée à toutes les deux, sous le soleil:cool:

nanou
11/04/2018, 09h11
Bonjour vous deux,
Mara, tu as raison d’être fière et c’est important de le souligner.
Ta venue sur le forum ainsi que les interventions de Anonyme m’ont apporté beaucoup. Merci à vous deux. Votre présence est précieuse pour moi.
Encore bravo et bonne journée!
:D

moderato
15/04/2018, 09h45
Bonjour,

Comment allez-vous ? Je n'ai plus le plaisir de lire vos discussions enrichissantes. Je m'inquiète.

Mara
18/04/2018, 19h48
Bonjour tout le monde,

Je poursuis sur mon erre d’aller. J’ai franchi le cap de la troisième semaine d’abstinence lundi dernier sans grande difficulté. L’envie de boire s’est manifestée à peine une ou deux fois et a vite disparu. Je n'en ai pas parlé dans le forum, car ça risque de devenir répétitif.

Je dois ajouter que mon état de santé m’accapare ces temps-ci. Je passerai une IRM dans deux jours et serai réopérée peu après. Heureusement, je suis très occupée et mes amis toujours présents. Anonyme et Nanou aussi, à leur façon. Je pense souvent à ce que nous avons échangé tous les trois sur le plan du vécu, du soutien, de l’espoir. Même qu’il m’arrive de rire ou de sourire en me rappelant un commentaire, une citation, une pensée.

Modérato,
Je n’ai pas reçu d’avis dans ma messagerie comme quoi tu avais écrit. J’étais venue jeté un coup d’oeil forum au cas où.

Bonne fin de soirée et au plaisir,

Mara

nanou
18/04/2018, 21h20
Bonsoir tout le monde.

Mara, je suis contente d'avoir de tes nouvelles. Je pensais à toi en me demandant si tu avais été opérée cette semaine.

Bravo pour ta troisième semaine d'abstinence, c'est vraiment super.

Bonne chance pour l'IRM et l'opération qui suivra. J'ai l'impression que tu es bien disposée et j'ai confiance que tout va bien se passer.

Je serai avec toi en pensée.
:)

Anonyme
19/04/2018, 08h34
Bonjour
Bravo pour tes trois semaines Mara, tu as une très bonne erre d’aller dis donc!!! :D

Et au risque de me répéter, ne te gêne surtout pas si jamais tu en ressens le besoin. Vaux mieux se répéter que de retomber.

Et peut être que tu ne le sais pas, mais ta force de caractère m’inspire et m’aide beaucoup cette semaine. Hé oui, examens médicaux qui déboulent pour moi aussi. Comment je disais déjà? Essayer de rester dans le moment présent et de ne pas prévivre.

Allez, bonne journée! On ne lâche pas!

nanou
19/04/2018, 20h59
Bonsoir Anonyme,
Bonne chance à toi aussi.
J'aime bien ton expression: rester dans le présent et ne pas prévivre.
Au plaisir.
:)

Anonyme
27/04/2018, 22h03
Bonsoir,
J’espère que vous allez bien? Mara tiens-tu toujours le coup? Ça va?

Et toi Nanou?

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles comme dirait le dicton? Disons qu’avec l’alcool, c’est plutôt surtout inquiétant quand il n’y a plus de nouvelle. J’espère que tout se passe bien pour vous en tout cas.

Bonne fin de soirée

nanou
28/04/2018, 21h55
Bonsoir Anonyme,

Merci de t'informer.

Ça va assez bien. J'en suis maintenant à 9 mois de sobriété.

Comme Mara, je pense être sur une bonne "erre d'aller" et je souhaite que ça continue, malgré quelques petits problèmes de santé qui m'obligent à modérer mes activités en attendant un rendez-vous avec un spécialiste.

Tu as raison, c'est préférable de continuer à donner des nouvelles. En même temps ça me permet de faire le point et de voir où j'en suis avec mon problème de dépendance. C'est sûr qu'après 9 mois, l'obsession est moins accaparante. Côté stratégie, j'ai réussi à me trouver des brevages que j'apprécie beaucoup, surtout en fin d'après-midi. Cette période de la journée, qui était critique pour moi, est devenue un moment agréable où je me fais plaisir.

Le fait de vivre en prenant soin de mon problème de dépendance me rend plus sensible à ce que les autres vivent. Je suis plus ouverte. Je prends le temps d'écouter. J'utilise mon expérience pour exprimer ma compréhension et mon soutien. En même temps, ça m'aide dans mon cheminement.

Et toi Anonyme, comment vas-tu?


Bonsoir Mara. Ça va?

Anonyme
01/05/2018, 13h09
Bonjour Nanou,

Merci d’avoir donné de tes nouvelles. Tu vis ton abstinence très positivement et c’est agréable de te lire. Je crois que oui, ça peut être aidant de continuer d’échanger malgré la sobriété. Le fait de rester en contact avec d’autres personnes qui sont en rétablissement ou qui tente de l’être, à mon avis c’est peut être l’une des clefs pour le maintien de l’abstinence dans le temps. Entre autre, ça aide à ne pas oublier. Ce qui est peut être l’un des risques après que l’abstinence soit bien installée.

Sinon je vais assez bien moi aussi. Je n’ai pas les résultats officiels des examens que j’ai passé, mais le spécialiste qui me les a fait s’est montré rassurant, alors le stress est baissé. Me reste d’autres examens cette semaine mais j’ai confiance. Cette semaine, il s’agit de suivi pour s’assurer que tout est stable par rapport à un problème de santé que j’ai eu il y a quatre ans. Mais j’ai l’impression que c’est ok alors ça va. Merci d’avoir pris de mes nouvelles.

Et ma famille m’a bien fait rire la semaine passée et m’a fait repenser à vous et à notre discussion sur les proches. Un vendredi soir je me suis fait dire : tu devrais peut être sortir ce soir, ça te ferait du bien. Je ne pense pas qu’ils m’auraient dit ça quand je buvais:D Bref, j’ai eu envie de rire parce que c’était plutôt une façon détournée de me dire d’aller faire un meeting. Ça m’a fait sourire et repenser à notre discussion sur le fait d’en parler ou pas et sur la façon détournée d’aborder le sujet parfois.

Je vous souhaites une belle journée.

Mara, j'espère que ça va pour toi.

Mara
01/05/2018, 16h33
Bonjour Anonyme et Nanou,

Outre l’abstinence, on se retrouve en terrain connu, on dirait : examens médicaux, rendez-vous avec des spécialistes, attente de rendez-vous!

Nanou, es-tu en attente comme moi d’un appel pour un rendez-vous? J’ai passé l’IRM il y a plus d’une semaine. L’oncologue avait parlé de m’opérer la semaine d’après. J’aime bien son dynamisme, mais je la soupçonne d’être un brin – un gros brin – idéaliste.

Je suis donc en «stand-by». Même si j’essaie comme vous de «rester dans le présent et ne pas prévivre», l’attente et l’inquiétude sont là. Je garde le moral, mais j’ai l’impression que le stress me gruge par en dedans. Je continue cependant d’aller à la gym, de voir mes amis et de penser à aménager le balcon en fonction de mon énergie. Si suis en radiothérapie pendant l’été, je risque d’en manquer et il me faudra des plantes peu exigeantes.

J’ignore si c’est le fait d’être à ce point centrée sur moi et aux prises avec le cancer, mais j’ai passé le cap des cinq semaines d’abstinence hier, sans grands efforts. J’ignore si l’obsession de l’alcool se manifestera de nouveau un jour, mais en ce moment, je ne me sens pas menacée et ce n’est pas ma force caractère qui agit. Je ne m'assois cependant pas sur mes lauriers.

Comme vous, je consomme des drinks non alcoolisés. J’ai acheté les ingrédients pour faire des virgin Caeser, mais ne m’en suis pas encore préparé. J’attends le soleil! Il me semble que ça se boit bien dehors par beau temps. (Quand on pense qu’il brillait ce satané soleil quand j’ai commencé ce message et qu’il pleut maintenant). Nanou, si ça te tente de partager tes recettes de boissons d’après-midi, n’hésite surtout pas. Tu as piqué ma curiosité.

Prenez bien soin de vous et au plaisir,

Bloody Mara

nanou
03/05/2018, 21h13
Bonsoir Anonyme.

En effet, nos proches ont le tour de communiquer avec nous, tout en respectant notre choix de discrétion. Je trouve ça drôle aussi mais en même temps ça me met à l’aise et ça me touche beaucoup.

Bonsoir Mara.

Oui je suis dans une file d’attente au guichet des spécialistes. Je m’attend à ce que ce soit long, mon cas n’étant pas prioritaire.
Je peux comprendre ton stress et ton besoin de te changer les idées.
Félicitations pour tes 5 semaines d’abstinence et pour ton attitude positive.

Quand j’ai atteint 6 mois de sobriété, je me suis offert une nouvelle machine à café.
C’est comme ça que j’ai commencé à faire des dégustations de différents espressos, cafés et décafs. Et, avec l’arrivée du temps doux, je me suis mise à faire du café glacé. Je n’ai pas de recettes précises, mais je m’amuse à improviser, ajoutant un bâton de cannelle à tel type de café, une feuille de menthe à tel autre type, … Ou bien je verse tout simplement le café directement sur la glace sans ajout supplémentaire. C’est tellement bon que j’ai maintenant hâte de me pointer chez moi en fin d’après-midi pour me préparer un breuvage au café.

Je te souhaite un appel sous peu avec un rendez-vous ferme pour que tu puisses enfin recevoir les soins dont tu as besoin.

Bonne soirée à vous deux

Mara
06/05/2018, 22h22
Bonsoir à vous deux,

Une machine à café, quelle excellente idée ! Nanou, je savoure à distance les arômes de tes improvisations. J’ai l’habitude de dire que ma principale dépendance est le café.
J’ai reçu des nouvelles de l’hôpital. Je serai opérée jeudi prochain. J’appréhende ce moment, mais j’ai la satisfaction d’avoir bien respecté l’abstinence préopératoire : six semaines demain soir. La dernière fois, j’avais consommé du vin la veille et le lendemain. Ouch !

Il m’arrive de penser à boire, mais ça ne dure pas. Si je vois des bouteilles à l’épicerie, je ressens aussitôt le malaise dont je vous ai déjà parlé. À croire que mon métabolisme perçoit la toxicité du produit à travers le verre. Peut-être que si je déambulais dans des allées de grand cru qu’il réagirait autrement, mais là, il dit «Arrêt ! Stop ! », tout comme je le souhaitais lorsque j’ai lancé cette discussion.

Anonyme,
J’ai oublié de te dire à quel point ton anecdote familiale m’a fait rire. C’est chouette de penser qu’il y a un avant et un après consommation, et que l’humour joue un rôle dans le soutien.

Profitez bien des beaux jours qui s’en viennent et prenez grand soin de vous,

Mara

Anonyme
07/05/2018, 22h54
Bonsoir à vous,

C’est vrai que c’est une bonne idée la machine à café. Ça me fait penser au premier voyage que j’ai fait après avoir arrêté de boire. Là où nous étions, il y avait un café "grand cru" un peu hors de prix par ici (du blue mountain). Je m’en étais ramené plusieurs sacs (presqu’une valise pleine). Et quand je suis passé à la douane et qu’on m’a demandé si j’avais acheté de l’alcool durant mon séjour, ça m’avait fait sourire intérieurement de lui dire non, juste du café :cool: Première fois de ma vie que je ne ramenais pas d’alcool lors d’un voyage et ça m’avait fait drôle. Maintenant, je rapporte souvent du café quand je voyage.

C’est super Mara pour l’opération et aussi que tu sois sobre depuis 6 semaines. C’est une très belle victoire, surtout dans le contexte. Ça montre que c’est possible et ça te permet surement de gagner en assurance aussi. Chapeau!! Pour ton appréhension, c’est normal. Essaie de te ramener à ton moment présent si tu sens que tu pars en vrille. Ça va t’aider à mieux passer l’attente je crois.


"La dernière fois, j'avais consommé du vin la veille et le lendemain. Ouch!", oui je trouve que ça démontre bien que l'alcoolisme est vraiment une maladie et que ça va au-delà de la logique et de la raison. Je ne vais pas dire toutes les fois où j'ai fait des choses de ce style là, mais pour moi, ça prouve vraiment que c'est hors de notre volonté.



Et en fin de semaine j’ai eu une demande de permission de ma fille (ado de 14 ans) pour que je lui achète une cannette de palm bay. Première fois que j’ai ce genre de demande venant d’elle. La permission a été refusée, mais je crois que je n’aurai pas le choix d’y réfléchir. Si jamais vous avez des avis là-dessus, je ne sais pas trop comment me positionner par rapport à ça à vrai dire.

Je vous souhaite une très belle fin de soirée

nanou
08/05/2018, 21h49
Bonsoir Mara et Anonyme.

Bon, on dirait qu’on est trois amateurs de bons cafés!
J’avoue que quand je suis fatiguée, préoccupée, contrariée,... je me sens plus fragile et je pense encore au temps où je me calmais en buvant du vin. C’est dans ces moments que mes petits breuvages au café me changent les idées.


Mara,

Tu as eu ton rendez-vous et tu as respecté la consigne. Ce sont deux bonnes nouvelles et ça augure bien pour le déroulement de l’opération et de ton rétablissement. Tu as mis toutes les chances de ton côté. Malgré ton appréhension, qui est tout à fait normale, tu vas pouvoir te mettre sur «pause» et te laisser soigner en toute confiance. Et peut-être même te laisser gâter en même temps. Pourquoi pas?


Anonyme,

C’est une situation embêtante en effet. Elle est encore jeune, mais elle veut essayer des choses. Si tu refuses, tu crains qu’elle fasse ses essais ailleurs. Si tu acceptes, là tu as peur qu’elle y prenne goût. Et tu dois te sentir coincé à cause de ton problème de dépendance. Par contre, avec toutes tes années d’abstinence et de réflexion, tu as ce qu’il faut pour la guider dans ses désirs d’exploration.

Je pense que si tu ne lui donnes pas la permission, elle apprécierait de comprendre pourquoi. Peut-être alors qu’elle te dira pourquoi elle t’a fait cette demande. Et, peu importe ta décision, elle se sentira importante à tes yeux.

Ça m’a pris du temps avant d’accepter l’idée que je devais laisser mes enfants faire leur propre expérience et apprendre à partir de leurs erreurs. On peut leur exprimer nos opinions sur ce qu’il y a de mieux pour eux. Mais on ne peut pas les protéger continuellement. L’important, je pense, c’est qu’ils se sentent à l’aise d’en parler avec nous.

Il s’agit là d’un sujet intéressant. Ce serait super si d’autres personnes donnaient leur opinion.

Bonne fin de soirée

Anonyme
10/05/2018, 12h42
Bonjour
Merci Nanou de partager ton avis avec moi. C’est exactement ça, j’oscille entre les deux et tu comprends très bien mon dilemme. Je dialogue normalement assez facilement avec mes enfants et je crois que j’ai une bonne ouverture mais disons que par rapport à ce sujet, je me rends compte que je fige. Plutôt que d’avoir une attitude d’ouverture, je crois que je risque d’être plutôt sévère ou rigide (et je ne crois pas que ce soit nécessairement la bonne chose à faire honnêtement). J’ai commencé à cet âge et je n’ai jamais même pensé à demander la permission à mes parents. Alors permission ou pas, je crois que la question est à un autre niveau et le dialogue est certainement ce qu’il y a de plus important comme tu dis. En tout cas, je vois positivement et j’apprécie beaucoup le fait qu’elle m’ait demandé (tu me le fais réaliser). Faudrait peut être que je revienne là-dessus pour au moins lui dire et qu’elle sache que j’apprécie son ouverture.

Sa demande m’a pris par surprise alors tout ce que j’ai trouvé de bon à dire c’est de lui demander d’où elle connaissait cette boisson, moi-même je ne connaissais pas le palm bay. Pour qu’elle connaisse ça, c’est donc forcément que des amies lui en ont parlé ou même qu’elle en a déjà bu. Et effectivement, certaines amies en prennent de temps en temps et est-ce que les parents sont d’accord? Semblerait que oui pour une canette devant un feu de camp avec les parents de façon occasionnelle. Pas toutes ses amies mais certaine oui.

Peut être que je le lui permettrai éventuellement, je ne sais pas encore. C’est certain en tout cas que je préfèrerais nettement être là, plutôt qu’elle le fasse en cachette dans un parc. Je vais continuer à y réfléchir parce que je n’aurai pas le choix de me positionner. Je ne sais pas non plus si l’alcoolisme est vraiment quelque chose de génétique ou si c’est plutôt une question de tempérament, ou encore de modèle et d’influence ou encore un mélange de tout ça. J’ai beaucoup de craintes par rapport à ça aussi.

Merci encore Nanou, tes réflexions sont très appréciées.

Bonne journée

nanou
14/05/2018, 18h56
Bonjour Anonyme,

Comment vas-tu?

De mon côté, je te remercie de m’encourager dans mes efforts pour exprimer ce que je découvre dans le contexte de nos échanges. Ça me permet d’apprendre beaucoup et je l’apprécie.

Tu as écrit:
«Je ne sais pas non plus si l’alcoolisme est vraiment quelque chose de génétique ou si c’est plutôt une question de tempérament, ou encore de modèle et d’influence ou encore un mélange de tout ça. J’ai beaucoup de craintes par rapport à ça aussi.»

Je ne suis pas non plus certaine de bien comprendre l’origine d’une dépendance à l’alcool. Mais, sans avoir cherché à me documenter, je parlerais plus d’héritage humain que de génétique.
Dans mon cas, le fait d’avoir eu des parents alcooliques (pas juste ma mère, mais mon père aussi...) et d’avoir été exposée à l’alcool durant la jeunesse, combiné avec une nature dépressive, donc vivant difficilement les émotions, peut expliquer que j’aie été plus à risque de développer une dépendance à l’alcool.
J’aurais bien aimé, comme ta fille, avoir un père devenu abstinent suite à ses nombreux efforts pour s’en sortir. Quel beau modèle ça aurait été pour moi. Mon père était comme les autres hommes de son époque, renfermé et mal à l’aise dans des situations émotives. Il était centré sur son travail et l’importance de subvenir aux besoins de sa famille. Je ne lui en veux pas. Il a fait son possible avec ce qu’il était. La tâche était lourde sur ses épaules, et son travail pas très valorisant.


Bonne soirée.

Mara
14/05/2018, 20h28
Bonsoir Anonyme et Nanou,

Je suis contente d’être suffisamment en forme pour me joindre à la discussion. Ça m’agaçait d’être centrée sur moi. Tout s’est bien passé jeudi dernier : mastectomie partielle légère. Ouf ! Je suis tellement soulagée. Un peu fatiguée, mais pas souffrante.

J’ai vu du Palm Bay aujourd’hui à l’épicerie, ce qui m’a rappelé ton dilemme, Anonyme, à l’idée de laisser ta fille en boire une canette ou non. Contrairement à vous, je n’ai pas d’enfants, mais je me rappelle mes questionnements d’adolescente. Qu’une jeune de 14 ans demande une telle permission à son père me semble bien positif. Elle aurait pu se faire acheter cette boisson par quelqu’un de plus âgé et la consommer en cachette. Mais non, elle a abordé le sujet d’elle-même. Si elle est au courant des ennuis que tu as eus avec l’alcool, elle veut peut-être que tu lui fasses confiance ou que tu la guides. Tes efforts pour t’en sortir en disent long sur le comportement à adopter par rapport à l'alcool.

Pour ce qui est de l’aspect héréditaire de l’alcoolisme, j’ai consulté divers sites internet et n’ai rien trouvé de vraiment concluant. Il y aurait bien un gène qui peut-être, dans certains cas, interviendrait, mais… Dans mon cas, il ne s’agit pas d’un héritage familial. Mes parents consommaient modérément, uniquement lors d’occasions spéciales où j’avais parfois droit à un verre de vin, et j’ai agi comme eux jusqu’au début de la cinquantaine. C’est pour calmer le stress lié à divers événements, notamment des deuils, que j’ai commencé à boire. J’ignore si je peux parler de mon alcoolisme comme d’une maladie physique, mais psychologique, oui.

Bonne fin de soirée à vous deux.

Anonyme
17/05/2018, 22h42
Bonsoir,
J’espère que vous allez bien?
C’est super que tout ce soit bien passé pour ton opération Mara, à chaque jour tu t’en vas vers le mieux maintenant.

C’est vrai que c’est nébuleux le pourquoi on devient alcoolique alors que d’autres ne développeront jamais ce problème. De mon côté mes parents ne sont pas alcoolique ni l’un ni l’autre mais il y en a dans la famille, des deux côtés. J’avais assisté à une session où la personne disait que ceux qui étaient alcooliques avaient certains traits communs. Il parlait notamment de l’hyperémotivité et de l’hypersensibilité. Ça fait du sens avec ce que vous dites.

Je ne sais pas si mes enfants gardent beaucoup de souvenirs de la période où je buvais parce qu’ils étaient quand même jeunes. Je sais que mon fils oui, mais pour ma fille je ne sais pas. Parfois je me le demande, mais j’espère que non.

Cette semaine, il m’est arrivé une mésaventure qui m’a rappelé qu’il faut vraiment être vililantEs par rapport à ce que l’on boit. J’ai voulu essayer quelque chose de nouveau dont j’avais entendu parler parce que c’était supposé être très bon pour la santé(du kombucha). Alors je m’en suis acheté en me disant que ça allait faire différent. Ça se trouvait dans le rayon du bio et avec les choses à boire mais pas alcoolisés, alors je n’ai pas vraiment fait attention. Ça ne m’a pris qu’une seule gorgée pour me rendre compte qu’il y avait de l’alcool dans ça et j’ai vidé le truc dans l’évier mais n’empêche que la gorgée était prise. Si ça avait été placé dans le rayon des breuvages alcoolisés, je n’en aurais jamais acheté et encore moins bu. Ça aurait du être indiqué de façon plus claire il me semble, surtout que ce n’étais pas avec l’alcool. Mais bon, la leçon que j’en retire c’est qu’il faut faire attention quand on essaie quelque chose de nouveau.:rolleyes: Je rigole en le racontant mais disons que j’étais plutôt sur le nerf cette semaine à me demander si je n’avais pas réveillé quelque chose sans le faire exprès.


Bonne fin de soirée à vous deux et j’espère que vous allez bien.

Mara
18/05/2018, 12h27
Bonjour à vous deux,

On pourrait parler longtemps des causes de l’alcoolisme. Les alcooliques que je connais ou que j’ai connus sont émotifs et hypersensibles, mais les personnes émotives et hypersensibles ne deviennent pas toutes alcooliques. Une combinaison de facteurs entre en ligne de compte, je suppose.

De l’alcool dans le kamboucha ! Je n’y aurais jamais pensé ! Oui, soyons vigilantEs ! Il serait pertinent d’aviser les commerçants de placer le kombucha avec les produits alcoolisés.

Je me fais parfois de spritzers avec de la bière désalcoolisée, du jus et de l’eau minérale. Je n’étais pas et ne suis toujours pas une buveuse de bière, et jusqu’à maintenant ce mélange n’a rien réveillé en moi. Il y a une bouteille de moins de - 0,5 % entamée depuis au moins trois jours dans le frigo et la vue des bouteilles pleines dans l’armoire ne me donne pas envie de courir à la SAQ acheter du VIN. On fêtera mes 70 ans dans quelques semaines et j’avais pensé apporter de quoi préparer des spritzers pour «trinquer» avec mes amis. Ça m’aiderait à ne pas consommer de vin, car il y en aura sûrement et du bon !

Si on ne considère pas la consommation de bière désalcoolisée comme une entorse à la sobriété, alors j’ai franchi le cap de la 7e semaine d’abstinence lundi dernier et j’ai bien hâte de compter comme vous en mois.

Prenez bien soin de vous et au plaisir.

Anonyme
20/05/2018, 22h19
Bonsoir Mara et Nanou,

J’espère que vous allez bien?

C’est super pour tes 7 semaines (demain 8:o)!! J’imagine que tu dois voir les effets bénéfiques comparativement à ta première opération ou tu consommais encore?

Pour ce qui est de la bière désalcoolisée, je pense qu’il y a différentes façons de voir. Même chose pour l’alcool dans les produits comme le rince bouche, la bouffe, etc. Il y en a qui évite complètement et d’autres non.

Personnellement, je préfère éviter de boire tout ce qui a un goût qui se rapproche de l’alcool (bière ou vin sans alcool). Et au niveau de la bouffe, si l’alcool a été cuit (évaporé) ça ne me dérange pas mais sinon, c’est pareil et j’ai fait le choix d’éviter.

Pour la bière, j’ai vu dernièrement une pub à la télé pour une bière qui avait vraiment 0% d’alcool et non pas un faible pourcentage (je ne me souviens plus la sorte par contre mais c’est nouveau). En voyant cette pub, je me suis demandé... mais personnellement, je ne buvais pas vraiment pour le goût, ce que je recherchais c’était surtout l’effet. Alors je me dis que de boire de la bière sans alcool, ça ne me donnera pas grand-chose à part de me rappeler le goût et peut être risquer de finir par "réveiller" mes obsessions, et c’est quelque chose que je ne souhaite pas.

Pour tes spritzers, je dis ça comme ça, mais peut être que tu pourrais trouver une alternative pour les faire sans aucun alcool? Si tu tapes "spritzers sans alcool" sur google, j’ai vu qu’ il y a vraiment plein de recettes et elles ont l’air très bonnes.


Et toi Nanou, comment vas-tu?


Bonne soirée

nanou
21/05/2018, 18h07
Bonjour vous deux
Mara,
Bravo pour tes 8 semaines d’abstinence. Tu pourrais déjà exprimer le compte en mois…
Ton opération est maintenant chose du passé et tu te prépares à fêter tes 70 ans. C’est un anniversaire spécial. Dans mon cas, ça faisait seulement quelques mois que j’avais arrêté de boire quand j’ai fêté mes 70 ans. Je me souviens que, pour le toast, tout le monde avait soulevé son verre d’eau, et non son verre de vin. Ça m’avait beaucoup touchée. On en revient toujours à ce qu’on se disait sur le non-dit explicitement de nos proches par respect pour notre choix de discrétion.

Anonyme,
Je vais bien, merci. Je profite autant que possible des belles journées pour m’adonner à mes activités préférées et prendre de grandes bouffées d’air.
Et merci aussi de nous informer de la teneur en alcool du kombucha. Remarque que je n’aurais pas eu, comme toi, le courage de goûter à cette boisson que je trouve … bizarre. :o
Pas facile à trouver de «nouveaux» breuvages (pas trop riches en sucre) pour remplacer l’alcool. L’eau, l’eau minérale citronnée, le café et ses variétés, le thé, la tisane, …
En fin de semaine, on m’a offert du vin sans alcool. J’ai trouvé cela gentil, mais je n’en ai pas pris. Je trouve comme toi que c’est préférable d’éviter ce genre de produit qui risque de nous ramener à nos anciennes habitudes. De toute façon, je pense que je n’en aurais pas aimé le goût.

Salutations à vous deux et bonne fin de journée.

Mara
22/05/2018, 15h16
Bonjour à vous deux,

Ah les substituts d’alcool ! J’ai déjà goûté des vins blancs désalcoolisés. À mon avis, le St. Regis est à proscrire, qu’on soit diabétique ou pas, et le Natureo Blanc (SAQ), supposément très réussi, décevant. Les bières maintenant. C’est Heineken qui fabrique la bière blonde 0.0 % dont parlait Anonyme. J’ai vérifié la teneur en glucides : 4,8 %. Excellent pour les diabétiques. Elle est plus chère que celle de la marque IGA (moins de 0,5 %), mais peut-être plus savoureuse.

Quant aux spritzers sans alcool, ils renferment souvent beaucoup de jus de fruits. Or, les fruits et leur jus ont un fort taux de glucides. Il faut donc en prendre modérément. On peut aussi, selon la recette, utiliser des produits sans sucre ou réduits en sucre.

Nanou, c’est chouette de te lire. Je me demandais si des trous avaient surgi dans les trottoirs de ton quartier. Franchir le cap des semaines ou des mois d’abstinence, c’est une chose, mais celui des 70 ans d’âge, alors là ! Quelqu’un m’a dit que c’est un privilège de vieillir et c’est d’autant plus vrai pour moi cette année. Je savoure le fait d’être en vie, en forme, entourée et sobre. Je trouve bien touchant le geste de tes amis qui ont trinqué à l’eau pour ton anniversaire. Quel tact ! Quelle délicatesse ! Je pense toujours apporter de quoi préparer une boisson désalcoolisée à ma fête. Personne ne trouvera à redire étant donné les traitements de radiothérapie à venir…

Merci encore à vous deux pour votre écoute et votre présence, et au plaisir.

nanou
23/05/2018, 21h26
Bonsoir Mara

Tu as écrit: "Je me demandais si des trous avaient surgi dans les trottoirs de ton quartier. Franchir le cap des semaines ou des mois d’abstinence, c’est une chose, mais celui des 70 ans d’âge, alors là !"

Avec le temps, dix mois pour moi demain, les trottoirs troués sont devenus plus faciles à contourner. J'ai entrepris de me tracer des parcours plus sécuritaires que j'utilise au besoin quand la fatigue est au rendez-vous et que je risque de m'enfarger.

Depuis que j'ai 70 ans, je vois les choses autrement. Je me détache peu à peu de tout ce que j'ai accumulé. Je prends chaque objet devenu inutilisé, je l'évalue, je décide de m'en départir, je le classe dans mes souvenirs, je lui trouve une nouvelle vocation. Ça m'amène à faire des deuils et à passer à autre chose. À chaque fois que j'ai un peu de temps libre, j'avance un peu plus dans ma répartition de choses.

Du temps, j'en ai encore devant moi. Je vieillis, mais je veux vivre encore longtemps. J'ai juste besoin d'espace, pour mes nouveaux projets.

Bonne fin de soirée

Mara
27/05/2018, 14h14
Bonjour Nanou,

Merci pour ton message, véritable cadeau de fête !

Moi aussi, depuis quelques années, je trie, j’élague, je donne, notamment aux enfants de mes amis qui quittent la maison. Chaque fois que je me défais de quelque chose, physiquement ou mentalement, je me sens plus légère, plus libre. Je souris au souvenir de ma vie d’étudiante, des petits trucs glanés dans les bazars d’églises.

Avec la maladie, le temps avait pris une autre dimension. Je commence à retrouver mes repères et à regarder au-delà des rendez-vous médicaux, mais pas trop. Les traitements de radiothérapie à venir représentent une borne. Le jour où j’entendrai le mot «rémission », je pourrai penser à ma vieillesse. Pour l’instant, j’aspire à la santé.

Bravo pour les 10 mois d’abstinence ! Perso, je continue de marcher dans vos pas, Anonyme et toi. J’ai eu toute une surprise cette semaine. J’ai assisté à un événement et j’ignorais qu’on y servirait du vin. Quand je m’en suis rendu compte, j’ai eu un peu peur. Tout ça pour dire que je n’ai ressenti aucune envie d’en consommer. Je me suis même approchée de la table où on le servait et j’ai parlé avec des personnes qui en buvaient sans reluquer leur verre. Je n’en reviens pas. Du coup, j’appréhende moins mon party de fête.

Tout va bien de ton côté, Anonyme ? Le Palm Bay alimente-t-il toujours tes réflexions?

Bon dimanche à vous et au plaisir.

Anonyme
28/05/2018, 22h52
Bonsoir,
C’est agréable de vous lire. Félicitations Nanou pour tes 10 mois, ça va bientôt te prendre un gâteau!! On a, semble-t-il, le même mois d’anniversaire d’abstinence. ;)

J’aime bien ta phrase "J'ai entrepris de me tracer des parcours plus sécuritaires que j'utilise au besoin quand la fatigue est au rendez-vous et que je risque de m'enfarger". Je trouve que c’est très sage comme attitude.

Mara, c’est bien de voir que tu apprends à te faire confiance dans des situations où il y a de l’alcool et que tu ne vois pas ton arrêt comme une privation. Il y a beaucoup de "première fois sans alcool" dans la première année (premier Noel sans alcool, première fête, la st-jean baptiste, les vacances d’été, premier voyage, etc.). Toutes les occasions étaient bonnes, mais on réalise que l’alcool n’est pas essentiel comme on pouvait se l’imaginer.



De mon côté oui je vais bien et je continue effectivement à me poser des questions sur le Palm Bay ou plutôt sur mon rôle de parent versus la consommation de mes ados. Selon les échanges que j’ai eu avec d’autres parents il y a vraiment les deux façons de voir (plus permissif et ceux ou c’est non catégorique à cet âge). Ça reste donc très subjectif, je pense. Alors je verrai, la prochaine fois ou elle me le demandera.

Bonne fin de soirée

Mara
30/05/2018, 13h00
Bonjour vous deux,

Anonyme, ton commentaire sur les nombreuses premières fois de la première année d’abstinence va m’aider beaucoup. Je ne m’étais pas rendu compte que je prenais confiance en moi. J’avais seulement été surprise et bien sûr contente de ma réaction face au vin lors de cette soirée. J’avais aussi constaté que je n’avais pas besoin d’alcool pour apprécier le spectacle, l'ambiance, les conversations, etc. En fait, on peut tout faire «sans». D’ailleurs, des artistes qui ont cessé de consommer disent qu’ils sont aussi créatifs sans alcool qu’avec. Alcool et drogue ne riment pas nécessairement avec imagination.

Quand j’ai lancé cette discussion, il a été question du deuil lié à l’arrêt : cette démarche prend beaucoup de place, les désavantages ne pèsent pas lourd comparativement aux bienfaits, tout deuil est suivi d’une renaissance, etc. Je n’avais pas pensé que, comme dans le processus du deuil de nos proches, il y a les premières fois sans eux, surtout la première année.

J’espère que vous allez bien tous les deux et que vous profitez des beaux jours.

nanou
04/06/2018, 21h41
Bonsoir,

Mara, tu as écrit: «Pour l’instant, j’aspire à la santé.»
Je comprends très bien que tu doives avancer par étapes.
Et l’état d’esprit dans lequel tu le fais va grandement t’aider à atteindre ton objectif.
J’ai confiance que tu vas y arriver.

Comment s’est passé ta première fête sans alcool?

Mara et Anonyme, je constate aussi que l’alcool n’est pas essentiel, bien au contraire.
Ces temps-ci, une personne très proche de moi a des problèmes de santé et n’en connaît pas encore la cause. Le fait que je sois sobre me permet d’être bien présente à ses côtés et de l’aider à trouver toutes les ressources nécessaires. Je me sens plus disponible, plus impliquée dans le processus d’entraide. Sans alcool, j’y arrive beaucoup mieux.

Anonyme, je serai heureuse de souligner mon anniversaire d’abstinence le même mois que toi. À combien d’années d’abstinence es-tu rendu?

Bonne fin de soirée.

Mara
07/06/2018, 21h11
Bonsoir,

J’avance par étapes, mais si elles n’en finissent plus. J’ai vu l’oncologue cette semaine et, à notre grande déception, les résultats des analyses en patho n’étaient pas prêts. Ce contretemps a tout de même un aspect positif : je n’ai pas pensé à boire pour le surmonter.

La première fête sans alcool aura lieu en fin de semaine. Je vous en dirai plus long après et penserai à vous si jamais l’envie de lever le coude se manifestait.

Bonne fin de soirée à vous et au plaisir.

Anonyme
08/06/2018, 13h20
Bonjour
C’est vrai ce que tu dis Nanou par rapport au fait que l’abstinence nous permet d’être beaucoup plus disponibles auprès des autres. Cela me rappelle dans mes derniers moments de consommation ou mon fils m’avait fait un dessin alors qu’il était dans le bureau de la directrice de l’école à cause de son comportement. Sur ce dessin il avait fait lui et moi en train de jouer ensemble et il avait écrit une phrase qui disait qu’il aimerait passer plus de temps avec moi. J’étais pourtant souvent à la maison...:confused: Comment je pouvais lui manquer alors qu’on vivait ensemble et que je passais pratiquement toutes mes soirées à la maison? J’ai gardé précieusement ce dessin et je l’ai encore aujourd’hui. Tout ça pour dire qu’effectivement notre présence n’est pas la même que quand nous étions dans l’alcool. Je pouvais être là physiquement mais intérieurement, je n’y étais pas complètement. J’étais aussi beaucoup centré sur moi-même et sur mon besoin de consommation. Aujourd’hui, je trouve que j’ai de la chance parce que je m’organise pour avoir du temps de qualité avec mes proches. Je fais du "ratrappage" si je peux dire. J’ai arrêté en 2010. Je ne sais pas encore si je vais prendre mon jeton cette année mais si je le fais, ce sera celui du 8 ans. Toi Nanou, as-tu prévu de faire quelque chose pour souligner ton anniversaire d’abstinence?

Pour Mara, je te souhaite un très bon anniversaire et une très bonne première fête sans alcool!! Si tu as des doutes concernant les envies possibles cette fin de semaine, n’oublie pas les petits trucs comme planifier à l’avance ce que tu pourrais boire. Tu peux penser à nous aussi si l’envie se fait sentir ou même venir en parler si tu sens qu’il y a un risque.


Je vous souhaite une belle fin de journée à toutes les deux

nanou
08/06/2018, 20h55
Bonsoir,
À mon tour Mara de te souhaiter Bonne Fête! Et beaucoup de plaisir en compagnie de ton entourage.
Anonyme, je ne sais pas encore comment je vais souligner mon premier anniversaire d'abstinence. Me connaissant, je vais improviser quand le moment sera venu.
Bravo Anonyme! 8 ans c'est une belle réussite.
Merci à vous deux d'être là, je l'apprécie beaucoup.
Bonne fin de soirée.
:)

Mara
12/06/2018, 12h42
Bonjour à vous deux,

Tout va bien, selon moi du moins, côté abstinence. Je vous raconte les faits chronologiquement. Lundi le 4, j’ai mangé au resto avec un groupe d’amis. À mon arrivée, plusieurs étaient déjà là, un verre de vin à la main. Je m’en suis tenue à l’eau jusqu’au moment de commander mon plat et un verre de rouge. Contrairement au vin blanc ou au rosé, le vin rouge ne fait pas partie de mes habitudes. Lorsqu’on me l’a servi, je ne l’ai pas calé à la vitesse grand V. Je l’ai consommé à petites gorgées, prenant le temps de le savourer, comme mes parents me l’ont montré. Petit bémol, cependant. À la fin du repas, j’étais un peu moins attentive aux autres. Ça m’a déplu et j’ai pensé à ce que vous aviez écrit en ce sens.

Le jour de mon anniversaire, je n’ai eu aucune envie de boire. Je m’en suis tenue à l’eau du robinet. Il faut dire que là où la fête avait lieu, elle provient d’une source ou d’un puits. Je l’ai bue dans un verre à vin et personne ne m’a fait de commentaires. Il faut dire aussi que je n’aime pas le mélange des vins lors de «potlucks», même si on s’en tient à une couleur. On remplit son verre sans goûter vraiment et si on ne sait plus où on l’a déposé, on s’en lave un autre et on recommence. J’aime beaucoup ce genre fête où on rencontre souvent des personnes qu’on n’a pas vues parfois depuis longtemps, mais ce n’est vraiment pas l’occasion de déguster du vin.

J’étais quand même passée à la SAQ acheter une bonne bouteille à offrir aux hôtes. C’était spécial de remettre les pieds dans ce lieu connoté négativement. Je n’ai ressenti aucune envie de consommer. J’ai gardé la bouteille chez moi plus de 24 heures sans penser une seconde à l’ouvrir.

Dimanche soir par contre, ç’a été un peu plus difficile. J’ai soupé chez une amie qui m’a accueillie un verre de blanc à la main. Je l’aurais bien accompagnée, mais j’ai pensé à vous et j’ai résisté. Outre les effets néfastes sur le métabolise, je ne voulais pas me sentir distancée, en queue de peloton. Je tenais à rester dans le rang, à vos côtés.

Question santé, je ne suis toujours pas fixée : mastectomie totale ou radiothérapie? J’essaie de rester dans le présent et de ne pas prévivre. Je me suis acheté des plantes pour ma fête et m’inspire de leur « désir » de croître.

Merci pour vos vœux d’anniversaire et pour votre présence.

nanou
13/06/2018, 21h23
Bonsoir Mara,

Merci pour ton témoignage. Il nous révèle une personne authentique et sensible.

Ta façon de voir les choses en ce qui concerne l’abstinence, m’amène à me poser des questions. Déjà, quand Moderato s’était mis à me questionner à la fin de mon fil de discussion, j’avais commencé à remettre en question ma façon de vivre sans aucune consommation d’alcool.

Il a écrit:
‘Certaines personnes cessent d'un coup de consommer et d'autres diminuent graduellement jusqu'à cesser complètement et d'autres en viennent à consommer socialement. Je me demande toujours comment on peut faire pour cesser radicalement de consommer… ’

Alors ici je pose la question. Est-il possible d’arrêter de boire et, avec le temps, de devenir un buveur social occasionnel?

Si quelqu’un peut m’éclairer sur ce sujet, je vous en serais très reconnaissante.

Bonne fin de soirée

Anonyme
14/06/2018, 08h32
Bonjour,
Avant d’arrêter de boire, j’ai passé pas mal de temps à essayer de contrôler ma consommation. Personnellement, c’était l’inverse de toi Mara, parce que je n’aimais pas le vin blanc. Alors quand je voulais essayer de me contrôler, c’est ce que je prenais. Donc je changeais de sorte d’alcool en croyant que ça allait m’aider à me limiter. "je ne prendrai plus d’alcool fort, juste de la bière", ou "plus de vin rouge mais seulement du blanc" etc. J’ai déjà essayé aussi de me mettre des règles de consommation. C’était pareil avec la cigarette quand je faisais le ménage de la voiture. Je me disais que je ne fumerais plus dans la voiture. Deux semaines après, je fumais le bras sortie par la fenêtre. Et encore deux semaines plus tard, je fumais la fenêtre ouverte mais le bras à l’intérieur de la voiture. Et quelques temps encore plus tard, mon cendrier débordait littéralement et je me foutais complètement que la fenêtre soit ouverte ou fermée. Ça illustre, mais c’était idem pour mes règles par rapport à l’alcool, ça ne tenait pas.

Quand j’essayais de me contrôler, peu importe le moyen que j’utilisais, ça me demandait de l’effort. Et l’effort provoquait de la frustration alors je finissais toujours par me dire "au diable…" et à me "contenter". Donc, peu importe le type d’alcool, cela reste problématique pour moi. Le vin blanc n’est pas moins pire que le rouge. La seule différence, c’est que je n’aime pas le goût. Ne pas l’avoir bu à la vitesse grandV à mon avis, ça ne veut rien dire. Si je bois une coupe de vin blanc, même en prenant une soirée entière pour le faire, c’est à moi que je vais causer du tort. Pas sur le coup, quoique ça va certainement m’amener à croire que j’ai pu le faire sans trop de difficulté alors je pourrai encore le faire éventuellement, etc. Je crois bien que rapidement j’en viendrais à me dire que comme j’ai pu le faire à telle occasion, je peux certainement le faire encore et me mettre à "focuser" là-dessus et peut être même à provoquer les événements ou je pourrai me prendre ce fameux petit verre. Et j’imagine bien la suite... de plus en plus souvent et ce serait surement idem pour la quantité (juste un verre, dans quel intérêt si je n’ai pas un minimum de "feeling"?). J’ai déjà arrêté de fumer pendant 3 ans et c’est exactement ce qui s’est passé dans ma tête quand j’ai repris. Ça m’a repris 20 ans et plusieurs tentatives d’arrêt avant d’être capable de réarrêter de fumer à nouveau.

Bonne journée

Mara
14/06/2018, 14h41
Bonjour à vous deux,

« Est-il possible d’arrêter de boire et, avec le temps, de devenir un buveur social occasionnel ? » Toute une question que tu as posée là, Nanou ! Anonyme, si je me fie à ton message, la réponse est non. Quant à moi, il ne faudrait pas considérer mon récit chronologique du 12 juin comme un oui net et précis. J’ai rapporté les faits, tous les faits. Ça aurait été malhonnête de ma part de parler uniquement des deux occasions où je n’ai pas bu et de passer sous silence LE verre de rouge.

J’ai lancé cette discussion il y a un peu plus de trois mois. Je suis trop nouvelle dans le décor pour tenter de justifier ce verre. Loin de moi l’idée d’être au-dessus de la mêlée. Je suis dedans, très dedans, et j’ai peut-être joué avec le feu. J’ai souvent entendu dire qu’un premier verre, après une période plus ou moins longue de sobriété, pouvait être un premier pas vers la rechute, donc à éviter à tout prix. Pour la Xième fois, j’ai fait une recherche sur le sujet dans internet et j’ai trouvé des commentaires étoffés, personnels ou professionnels, pour et contre la consommation occasionnelle. Se pourrait-il qu’il n’y ait pas UNE réponse et que chaque cas soit unique ?

Dans le cadre de ma démarche, et peut-être que ça intéressera aussi les visiteurs du site, je vais rappeler quelques faits. J’ai aimé le goût de ce verre de rouge, mais pas le « feeling » bien qu’il ait été très léger. Il m’a rendue un peu moins attentive aux autres, et je l’ai trouvé futile et inutile. J’ignore donc si je recommencerai. Chose certaine, du moins je l’espère, je ne prendrai plus de blanc ni de rosé, et suivrai le conseil d’un ami aujourd’hui décédé : ne jamais en avoir à la maison.

Ma psychothérapeute m’avait dit à quelques reprises : « Vous êtes capable de vous contrôler. » Je ne la vois plus depuis la fin de janvier. Nous avons suspendu nos rencontres le temps que je soigne mon cancer. Elle m’a quand même téléphoné peu après pour me dire que, si je n’arrivais pas à cesser de boire pendant ce temps, il serait bien qu’on se voie. Bien sûr, je savais avec ma raison que je devais arrêter, mais son appel m’a secouée. J’ai finalement trouvé de l’aide auprès de vous, Anonyme et Nanou. Depuis, mon parcours s’est amélioré.

Le cancer m’impose aussi des restrictions. Je n’aurai pas de mastectomie totale, mais de la radiothérapie et peut-être aussi de la chimiothérapie. Cette dernière possibilité fait suite aux récentes percées – ça date de deux semaines environ -- dans le traitement du cancer du sein. J’en saurai davantage dans trois semaines. Mais peu importe le résultat d’un test en ce sens, j’en ai pour des mois avec l’interdiction de consommer, ce qui bien sûr me motive grandement.

En passant, mes recherches dans internet n’ont pas démenti cette réalité d’ordre général : l’alcool et le cancer font très bon ménage.

Merci de votre soutien et au plaisir de vous lire.

nanou
18/06/2018, 13h06
Bonjour,

Ça m'a fait du bien de lire ton témoignage Anonyme.
Et puis ça m'a fait réfléchir bien sûr. ( Aye! Qu'on réfléchit donc quand on a une dépendance à l'alcool! ) :rolleyes:

Tu nous décris l'expérience que tu as vécue. Et ça semble clair que tu as tout intérêt à ne pas consommer à nouveau. À partir de là, je peux faire le choix de profiter de ton expérience, de me l'approprier et de continuer à vivre sans aucun alcool.

Mon cas est un peu spécial jusqu'à présent puisque j'ai cessé de boire d'un coup, tout comme, à l'âge de 25 ans, j'ai arrêté de fumer d'un coup aussi. ( Décidément je suis égale à moi-même... ) Mais ça fait que j'ai besoin de m'appuyer sur l'expérience de quelqu'un d'autre pour combler mes lacunes. Parce que je ne me sens pas pour autant à l'abri d'une rechute.

Là où ça devient difficile, c'est lorsque je me retrouve dans des rencontres sociales et que les autres ont un verre de vin à la main. N'est-ce pas Mara? Je te comprends très bien.

Je pense avoir progressé un peu à ce niveau. Il y a deux semaines, j'ai été invitée à une fête et je savais qu’évidemment il y aurait du vin. J'ai apporté une bouteille d'eau minérale gazéifiée et c'est ce que j'ai bu. L'une des personnes présentes, qui avait probablement oublié que je ne prenais plus de vin, m'a offert de m’en verser un verre et, comme j'étais seule avec elle, je lui ai dit que j'avais arrêté de boire. Elle a paru surprise mais n'a pas passé de commentaire, ne sachant visiblement pas quoi dire.
Ça m'a fait drôle d'avoir dit ça. J'ai même craint de m'être mis de la pression sur les épaules. Mais, avec le temps, je me suis dit que ça allait m'aider. Comme si j'officialisais ma décision de ne plus boire d'alcool.

Aussi, j'ai été invitée à une rencontre en juillet avec un groupe de femmes que je n'ai pas vues depuis une dizaine d'années. Celle qui a organisé l'événement nous a demandé de l'informer de nos goûts en matière de vin. J'en ai profité pour les informer que je ne buvais plus de vin. Voilà qui est clair. À moi maintenant de voir comment je vais me sentir une fois sur place.

Peut-être que je commence à accepter ma dépendance à l’alcool...

Encore une fois merci à vous, Mara et Anonyme. Votre présence est importante pour moi.

Mara
18/06/2018, 14h14
Bonjour à vous deux,

Un mot en vitesse pour vous transmettre des félicitations. Voilà. J’ai donné signe de vie à ma psychologue vendredi dernier. Je lui ai laissé un message comme quoi des imprévus rallongeaient mes traitements, mais que j’avais bien l’intention de reprendre nos séances dès que je le pourrais. Elle m’a téléphoné avoir plus de nouvelles. Elle s’est réjouie de ce que je n’avais pris qu’un verre de rouge en 12 semaines. Elle a ajouté : «Je sais à quel point c’est difficile [d’arrêter de boire.]» Je lui ai alors parlé de vous et j’ai insisté sur votre rôle. Pour moi, il s’agit d’une avancée à trois.

Bon après-midi.

Mara
20/06/2018, 16h13
Bonjour à vous deux,

Je reprends le fil de notre discussion à la suite du dernier message de Nanou. Oui, on en réfléchit un coup sur ce site ! Oui, l’expérience d’Anonyme est éloquente et je compte bien en profiter.

Nanou, ta phrase « Comme si j'officialisais ma décision de ne plus boire d'alcool » m’a rappelé la décision de «sortir du placard» que j’avais prise dans le bureau de ma thérapeute. J’étais prête à aller vers des personnes aux prises avec le même problème que moi pour le résoudre. Voilà pourquoi je m’étais inscrite à ce forum et que j’avais lancé une discussion. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas parlé de ma dépendance à mon entourage, mais ton expérience va m’aider à l’officialiser à mon tour. Peut-être que nous sommes toutes les deux en voie d’accepter notre dépendance à l’alcool. Tu as franchi un grand pas, je pense, et je t’en félicite. À moi de jouer !

Encore une fois, merci à vous deux. Votre présence est plus que bénéfique.

Anonyme
21/06/2018, 21h13
Bonsoir,
Ça fait vraiment plaisir de vous lire, surtout de voir que vous semblez être en train de consolider votre choix de ne plus prendre d’alcool.


Nanou, je trouve que tu as raison et qu’ il est vrai que cela demande du temps pour accepter son problème de consommation. Je crois effectivement que d’admettre est bien différent que d’accepter. J’aime bien quand tu dis que le fait d’en parler était un peu comme si tu officialisais ta décision de ne plus boire d’alcool. Je comprends tout à fait. Le dire, je crois que tu as raison et que c’est un grand pas vers l’acceptation.

Je trouve que vous avez raison aussi quand vous dites qu’on en réfléchie un coup quand on réalise qu’on a un problème de consommation. C’est quelque chose qui comme vous, occupait beaucoup mes pensées avant d’arrêter et aussi après. Tellement que quand je remettais en question à savoir si j’étais vraiment alcoolique, et bien je finissais par me servir de ça pour me dire que si je n’avais pas de réel problème, je ne réfléchirais pas autant là-dessus. Ça stoppait ce genre de pensées quand j’essayais de me convaincre en douce que je n’étais peut être pas si pire que ça après tout.:cool:

Je regardais les nouvelles cette semaine et je voyais les gens se faire des provisions d’alcool au cas où la SAQ ferait la grève à la St-Jean. Ça m’a fait sourire et apprécier.

Bonne fin de soirée à vous deux

nanou
25/06/2018, 22h03
Bonsoir vous deux.

Comment vas-tu Mara?

Tu as terminé ton dernier message par: "À moi de jouer!". J’avoue que ça m’a un peu inquiétée et j’ai le goût de te dire de respecter ton rythme. Je pense que le changement ne vient pas d’un coup. Il prend place au fil du temps, des réflexions et des apprentissages. Et surtout, un jour à la fois. Laisse le temps faire son œuvre. Je sais ... ça prend de la patience...

Anonyme, tu as écrit: "Tellement que quand je remettais en question à savoir si j’étais vraiment alcoolique, et bien je finissais par me servir de ça pour me dire que si je n’avais pas de réel problème, je ne réfléchirais pas autant là-dessus." Wow! c’est songé ça! J’aime bien cette façon de voir les choses et je vais tâcher de m’en rappeler.

Plus tôt ce soir j’ai écouté l’entrevue avec Dan Bigras. J’apprécie sa manière toute simple de livrer son message. "Briser le silence", "dire les vrais affaires", "on n’est pas des méchants", "on est des humains". C’était un témoignage bien touchant et ça va m’aider dans mon étape d’acceptation. Écrire, ça fait du bien. Parler, c’est libérateur, ça fait baisser la pression.

Anonyme, je suis comme toi en ce qui concerne une possible grève à la SAQ. Je prends ça avec humour. Après tout, j’ai une bonne réserve de San Pellegrino Terme 1899. ;)

Bonne fin de soirée.
:)

Mara
29/06/2018, 14h15
Admettre. Accepter. Pour moi, au début, c’était du pareil au même. Je perçois peu à qu’il s’agit de pas à franchir. Un jour, sans doute, j’officialiserai en « disant », mais rien ne presse, en effet, d’autant plus qu’il est recommandé d’éviter l’alcool avant, pendant et après les traitements de radiothérapie et la prise de médicaments anticancer. Je m’en suis fait une règle et n’ai rien consommé depuis le verre de rouge.

Côté réflexion, je suis un peu sur pause. La radiothérapie devrait commencer bientôt et, même si c’est la dernière étape importante et que le pire est peut-être derrière moi – on ne m’enlèvera pas le sein et je n’aurai pas de chimio --, c’est toujours présent dans un coin de mon cerveau. J’essaie de ne pas prévivre, mais…

Je continue de passer devant les succursales de la SAQ sans même les remarquer et d’apprécier que les sacs de recyclage soient bien moins lourds qu’avant. :)

Bon long congé à vous deux et au plaisir.

Mara
16/07/2018, 20h17
Bonsoir Anonyme et Nanou,

Le fil de notre discussion se serait-il tari? Peut-être que vous êtes en vacances ou que vous prenez une pause dans vos réflexions en ce mois de juillet où vous fêterez respectivement vos huit ans et un an d’abstinence. Bravo !

Anonyme, tu écrivais en juin « Je ne sais pas encore si je vais prendre mon jeton cette année ». J’ignore s’il y a un nombre limité de jetons que l’on peut prendre, mais tu auras bien mérité celui des huit ans. Quant à toi Nanou, je suis certaine que tu as trouvé ou trouveras une façon bien chouette de souligner cette première année.

Portez-vous bien et au plaisir de vous lire

nanou
17/07/2018, 21h12
Bonsoir Mara. Je viens tout juste de voir ton message alors voici celui que j'ai écrit alors que je pensais, comme toi, que tout le monde était sur pause.

Bonsoir Mara et Anonyme.
J’espère que vous allez bien. Je ne sais pas pour vous mais, de mon côté, ça me fait du bien de prendre une pause, de juste vivre au quotidien, de ralentir le rythme, de me mettre en mode "été".
Par contre ce soir je sens le besoin d’écrire, de vous dire que je pense à vous qui, tout comme moi, devez rester vigilants, même en été.
Dernièrement, j’ai participé à une rencontre amicale entre femmes, toutes du même âge. Comme des retrouvailles, après plusieurs années sans se voir. L’une de ces femmes, connue ici sous le sobriquet ‘Nanou’ (sûrement choisi pour préserver à coup sûr l’anonymat :o ), l’une d’elles donc avait changé. Elle ne buvait pas d’alcool. Heureusement qu’elle avait prévenu, car, le moment des bulles venu, on lui présenta un verre à vin rempli d’eau minérale. Ouf! Voilà qui a grandement facilité les choses. Quelle pensée bienveillante! Merci et encore merci!
Malheureusement, dans un tel groupe, il y en a toujours au moins une que le changement fatigue et qui sent le besoin d’enquêter. "Alors, tu ne bois plus du tout?" Je l’ai regardée un moment avant de lui répondre calmement: "C’est ça!" sans détourner mon regard. Cela a mis fin à l’interrogatoire, à mon grand soulagement.
J’étais en fait la seule à ne pas boire d’alcool. Il faut dire que ce groupe de femmes déjoue admirablement bien les statistiques. Toutes vivantes et en assez bonne santé.
Tout ça pour dire que je réussis à maintenir le cap de l’abstinence malgré l’ambiance parfois festive de l’été. Et je continue à l’apprécier entre autre parce que ça me permet d’apprécier davantage ces moments de rencontre, alors que je me sens bien présente et attentive aux autres participantes.
Bonne continuation estivale!

Anonyme
17/07/2018, 23h24
Bonsoir à vous deux

C’est un plaisir de lire de vos nouvelles. Oui, il faut rester vigilant, surtout en été je dirais. Le beau temps, la chaleur, les terrasses, etc.

De mon côté j’ai été en vacances, et j’y serais bien resté mais toute bonne chose à une fin. Durant les vacances, il y a une journée où nous avons visité un vignoble (on était six, et ce n’était pas mon idée). Disons que je me demandais ce que j’allais faire là à regarder les autres déguster. Et ça sentait tellement fort que ça m’a donné mal au cœur. Ça a été bien loin de me donner le goût de boire en tout cas. J'ai trouvé bizarre que la visite d’un vignoble me donne mal au cœur. C'est vraiment rendu le monde à l'envers quand j'y pense :D

Et ma fille a finalement eu une permission pour une palm bay. Disons que ça m’a un peu plus "agacé" que la visite de vignobles.

Pour les jetons Mara, non il n’y a pas de nombre limité de jetons que l’on peut prendre. On en prend un au tout début (mais tout est très libre donc on peut aussi ne pas le prendre). Sinon, on peut en prendre un à 3 mois d’abstinence, un autre à 6 mois et ensuite un à chaque année si l’on veut. J’ai décidé de prendre le mien finalement, c’est mon parrain qui va me le remettre.

Nanou c’est vrai ce que tu as dis dans un précédent post que parler est libérateur et ça permet de faire baisser la pression. Je pense que c’est important d’avoir des gens autour de nous avec qui l’on puisse le faire et pouvoir évacuer. Personnellement, je retrouve cette possibilité d’évacuer avec AA. J’ai un parrain aussi avec qui je peux discuter de différentes choses. Ce n’est pas vraiment auprès de mon entourage que j’échange par rapport à mon rétablissement de façon générale.

Pour les questionnements et les enquêtes de ceux qui veulent savoir, je crois que c’est la meilleure attitude à avoir. Je coupais court moi aussi parce que ça m’agaçait. Aujourd’hui, j’ai très rarement à le faire puisque tout le monde qui me connait est habitué au fait que je ne bois pas. Je crois que je me ferais poser des questions plutôt si je buvais de l’alcool ;)

Et toi Mara, comment ça va?

Bonne fin de soirée

Mara
18/07/2018, 09h42
Bonjour vous deux,

Je suis très contente d'avoir de vos nouvelles. Je repars pour la campagne dans quelques minutes. J'étais venue en ville pour un rendez-vous de planification en radio-onco. Je reviens lundi prochain. Je vous écrirai plus longuement à ce moment-là. Je reçois des amis au chalet et l'ordi est en plein milieu de la place, à la disposition de tous.

Au plaisir.

nanou
23/07/2018, 15h41
Bonjour Anonyme.

Je comprends très bien comment tu pouvais te sentir dans une visite de vignoble. Je me mets à ta place, et juste d’y penser, j’ai mal au coeur moi aussi.

Tu as autorisé un Palm bay pour ta fille. J’imagine que tu n’avais pas le choix. Elle a sûrement pris cela comme une marque de confiance. Mais c’est sûr que c’est agaçant pour un parent qui a été contraint d’arrêter de boire de l’alcool.

Je suis d’accord pour dire que ce serait intéressant que j’aie quelqu’un avec qui échanger verbalement sur ma démarche d’abstinence face à l’alcool. Un parrain ou une marraine, une personne qui a connu des moments difficiles à cause de sa consommation excessive d’alcool et qui a de l’expérience dans un cheminement du même genre. Je sais qu’on peut trouver ce genre de ressource au sein du mouvement AA. Le problème c’est de me décider à assister à un meeting une première fois et à y retourner régulièrement. Dans les années 80, ma mère allait dans des meetings AA et elle m’en parlait. Je sais donc comment cela se passe mais je dois avouer que ça ne me tente pas. Pour l’instant ça ne m’attire pas, mais je ne ferme pas la porte.
Parfois je pense à consulter en psychologie auprès d’un ou une spécialiste qui a de l’expérience en traitement d’alcooliques et qui a peut-être même eu le même genre de problème. Je n’en connais pas. Ça ne doit pas être facile de trouver quelqu’un avec qui se sentir à l’aise.

En attendant de prendre une décision à ce sujet (dans mon cas ça peut être long…), j’apprécie beaucoup les échanges qu’on a sur ce forum.

Mara, ça ne devait pas te tenter de retourner en ville avec une telle chaleur. Je te souhaite que tes traitements se passent bien et qu’ils aient un effet positif sur ton rétablissement.

Au plaisir de vous lire.
:)

Mara
29/07/2018, 16h40
Bonjour à vous deux,
Je suis vraiment contente de vous retrouver! J’ai bien aimé le « C’est ça! sans détourner mon regard » de Nanou et je prends bonne note qu’Anonyme aussi coupait court à ce genre questions.

La vigilance ! J’ai été placée devant deux autres premières fois. Il restait deux fonds de bouteille dans le frigo chez mes amis à la campagne. J’étais fatiguée de tous les préparatifs de départ. Quand on vit seul, c’est long, et quand on est anxieux, ça stresse. J’ai donc bu les deux restants et suis tombée comme une roche. Heureusement, la personne qui m’accompagnait ne s’est pas offusquée. Elle s’est occupée de son côté. Le lendemain, nous sommes allées à la SAQ remplacer ces bouteilles et je les ai oubliées. Une semaine plus tard, l’idée qu’il y avait du Noilly Pratt, le seul apéritif que j’aime, ou plutôt que j’aimais, est venue me titiller. Je m’en suis servi un verre et le goût ne m’a pas plu du tout. Après quelques gorgées, j’ai pensé « futile, inutile » et j’ai versé le reste dans l’évier. J’ai aussi pensé aux arguments d’Anonyme contre la consommation occasionnelle.

En ce qui concerne les échanges verbaux au sujet de la consommation, c’est recommandé d’après ce que j’ai lu dans internet. Selon mon expérience, on y vient quand on est prêt et il faut trouver un interlocuteur (parrain, spécialiste, etc.) qui nous inspire confiance et avec qui on est à l’aise. Pas facile à trouver, comme le dit Nanou. Il m’a fallu du temps et un choc émotif pour me décider à consulter. J’avais entendu parler en bien d’une clinique de psychologie près de chez moi. J’ai fait une demande où j‘ai mentionné mon alcoolisme et une thérapeute m’a contactée. Par chance, ça a cliqué tout de suite entre nous et j’ai bien profité de nos rencontres.

Anonyme, je vois un très beau symbole d’entraide dans le fait que ton parrain te remettra ton jeton. C’est très touchant. Ton récit de la visite des vignobles est instructif et rigolo, et l’autorisation donnée à ta fille, bien courageuse.

J’ai eu deux traitements jusqu’ici et je n’ai absolument rien senti.

Portez-vous bien et au plaisir.

nanou
30/07/2018, 17h46
Mara, tous les chemins mènent à Rome. Faut croire que ton chemin est plus ardu. Par chance tu as une thérapeute avec qui tu es à l’aise de parler de tout ça. Et tu as ce forum pour exprimer ce que tu vis. Je te souhaite de trouver en toi la motivation nécessaire, le désir de changer tes habitudes, le goût de vivre sans alcool.

La semaine dernière j’ai atteint une première année d’abstinence. J’ai pensé à toi Anonyme qui en est rendu à 8 ans. Je te dis bravo d’avoir franchi toutes ces étapes et je te remercie de nous partager tes expériences et tes réflexions. Tu es une excellente source d’inspiration.

En un an, j’ai eu des tentations, des hésitations, des doutes, des interrogations. J’ai vécu plusieurs "premières fois" qui m’ont rappelé les dernières fois. J’ai confirmé mon besoin de changement. J’ai affiché mon choix de ne pas boire. J’ai atteint un certain niveau de sérénité. Je suis satisfaite de ma décision.

Je ne veux pas en rester là. Je veux aller plus loin dans ma réflexion. Je veux conserver ma détermination. Je veux rester vigilante et poursuivre mon chemin, une journée à la fois.

Merci d’être là, ça m’aide à avancer.
:)

Anonyme
31/07/2018, 13h04
Bonjour
Nanou, j’aime beaucoup quand tu dis "J’ai vécu plusieurs "premières fois" qui m’ont rappelé les dernières fois". C’est très bien dit parce que c’est exactement ça. L’arrêt de l’alcool n’est pas une privation mais plutôt une libération. Je n’ai jamais vu personne arrêter de boire parce que tout allait bien. Le besoin de changement, peu importe lequel, est bien souvent provoqué par une forme de souffrance.



La première année d’abstinence est je trouve la plus "importante". Je te lève mon chapeau pour tout le chemin que tu as parcouru. D’autant plus que de le faire seule, ce n’est pas la voie la plus facile et ça demande beaucoup de détermination. Je te trouve aussi très inspirante et certainement que tes partages sur ce forum pourront en aider d’autres parce que tu es un bel exemple que c’est possible. Encore bravo!

Concernant AA, je ne voudrais pas que tu sentes que je t’y poussais, parce que ce n’était pas mon intention. Tous les chemins peuvent mener à Rome comme tu le dis. Je disais simplement où moi je vais chercher mon support. Mais je trouve que c’est effectivement très aidant et que c’est peut être un bon raccourci vers Rome:cool:;) (je blague). Plus sérieusement, si jamais tu as envie d’y aller un jour et que tu as besoin d’aide pour le faire, cela me fera plaisir si jamais je peux t’aider à ce niveau.

Mara, ce sont de bonnes nouvelles que les traitements ne te posent pas trop de problèmes et d’inconforts. Bientôt tout cela sera derrière toi. C’est bon signe aussi que tu ais trouvé tes gorgées futiles et inutiles. Disons qu’à partir du moment où l’on sait que l’on a un problème, on dirait que ça se met à boire beaucoup moins bien (en tout cas ça a été le cas pour moi à partir du moment où je me le suis avoué). C’est certain qu’en étant chez des amis, c’est plus difficile de contrôler ce qu’il y a dans le frigo en terme d’alcool. Mais disons que cette expérience te donne peut être un bon indice que c’est peut être préférable de tenir l’alcool un peu hors de portée, en tout cas au début du parcours. Je me dis qu’il est plus sur de mettre toutes les chances de notre côté et que ça ne sert à rien de se titiller le hamster inutilement. Il est bien capable de le faire tout seul sans qu’on l’aide.

"Quand on vit seul, c’est long, et quand on est anxieux, ça stresse ", oui alors tu as possiblement des pistes du pour quoi? Le fait de savoir ce qui peut nous pousser à consommer peut aussi nous aider à le prévenir et à se trouver d’autres moyens. Ce sont en quelque sorte les trous qu’il y a sur le trottoir:o


Bonne journée à toutes les deux

nanou
06/08/2018, 15h59
Bonjour vous deux,

J’espère que vous allez bien.

Merci Anonyme pour tes commentaires positifs et tes encouragements. Je tiens à te dire que je n’ai jamais senti que tu me poussais vers AA.

Tu as écrit: "… si jamais tu as envie d’y aller un jour et que tu as besoin d’aide pour le faire, cela me fera plaisir si jamais je peux t’aider à ce niveau."
J’ai réfléchi et je pense que je vais profiter de cette occasion pour accepter ton offre. Ça pourra m’aider à me décider à y aller et j’aurai ainsi de meilleures chances d’aborder le contexte de la bonne façon. Merci d’y avoir pensé, c’est apprécié.

Mara, j’espère que tes traitements se passent toujours bien et que tu vas continuer à nous donner de tes nouvelles.

Bonne fin de journée … au frais si possible.
:)

Mara
06/08/2018, 18h51
Bonsoir à vous deux,

À défaut de « me titiller le hamster , je me creuse le chou pour savoir pourquoi le fait d’avoir versé mon verre d’apéritif dans l’évier me semble une plus grande victoire que les fois où j’ai refusé un verre. Parce que je l’avais dans les mains et que ça aurait été facile de le finir? Espérons qu’il s’agit là de la dernière fois d’une première fois. Je me méfierai à l’avenir des frigos et des bars chez mes amis, qui peuvent contenir des bouteilles entamées. Les pleines, je m’étais faite à l’idée qu’il y en aurait. Chez moi, il n’y a plus de bouteilles ouvertes et lorsque j’en ai acheté une à offrir, je n’ai pas pensé y toucher.

« Le fait de savoir ce qui peut nous pousser à consommer peut aussi nous aider à le prévenir et à se trouver d’autres moyens .» Bien dit, Anonyme. Je vais devoir simplifier les préparatifs de vacances et me rappeler que les gorgées d’alcool que j’ai prises (fonds de vin et apéro) n’avaient pas bon goût. Futiles et inutiles pour qui veut aller à Rome.

Nanou, c’est tout un pas que de penser à chercher du soutien en dehors de ce forum. Bravo !

Les traitements vont bien. C’est plutôt le médicament anticancer qui me dérange (distraction, anxiété, etc.). J’en ai pour un an à le prendre. Heureusement, je n’ai pas songé à boire pour atténuer ces effets secondaires.

Merci encore pour vos propos et votre témoignage.

Anonyme
08/08/2018, 22h47
Bonsoir,
Tu as raison Mara de dire que de vider un verre ou une bouteille entamée dans l’évier est une victoire. Personnellement, je trouve qu’il était plus tentant de succomber à une bouteille ouverte qu’à une bouteille fermée. Juste un fond... c’est pas grand-chose, ça limite la quantité, etc. etc. les beaux discours que l’on peut se raconter pour essayer de se convaincre que ce ne serait pas si grave.

" Je n’ai pas songé à boire pour atténuer ces effets secondaires", ça aussi c’est vraiment super. Apprendre à se vivre sans avoir recours à l’alcool, surtout dans les moments où on avait tendance à le faire, je trouve que c’est la plus belle victoire. Ça reste que ce n’est jamais quelque chose qu’il faut considérer comme acquis. Mais de voir qu’on peut le faire et que c’est faisable, une journée à la fois, c’est encourageant. Et en plus, on s’évite la gueule de bois et d’avoir mal aux cheveux. Je trouve aussi qu'on apprend à se connaître soi-même à travers tout ça, et c'est positif.


Nanou, ça me touche que tu ais envie de te donner cette chance et d’essayer. Si tu veux, laisse-moi savoir dans quelle région tu es (par message privé) et je verrai comment on peut s’organiser.

Bonne fin de soirée à vous

nanou
12/08/2018, 21h51
Bonsoir vous deux,

Mara, maintenant quand je suis avec des gens qui boivent du vin, je pense à ton expression "futile et inutile". Ça exprime bien ce que c’est devenu pour moi aussi. Et ça me fait sourire en plus.

Et oui je suis maintenant décidée à essayer de participer à une rencontre entre alcooliques. Je me sens prête à faire les premiers pas dans ce genre de démarche.

Anonyme, ça me fait du bien de lire tes messages. Tu as la générosité de nous faire profiter de ton expérience. Tu as les bons mots pour nous aider à éviter les pièges. On sent que tu nous comprends et que tu nous respectes.

Merci à vous deux d’être là.

Mara
14/08/2018, 13h35
Bonjour à vous deux,

J’ai beaucoup aimé l’aspect positif de vos derniers messages. Je vous en dirai plus long quand les traitements seront terminés. Il en reste trois, mais la fatigue m’est tombée dessus. Entre les repas et les visites à l’hôpital, je cogne des clous sur un polar.

Portez-vous bien.

Anonyme
16/08/2018, 23h14
Bonsoir
Mara, prend bien soin de toi et reprends vite tes forces pour retrouver la forme. Comme on dit, l’important d’abord! L’important actuellement est très certainement de reprendre ton énergie et de te reposer. Tu auras amplement le temps ensuite pour te creuser le chou comme tu dis.:o

Nanou, cela me fait plaisir si mes messages peuvent t’aider. Mais sache que vous m’aidez énormément vous aussi.



Je vous souhaites une très belle fin de soirée

Mara
18/08/2018, 14h52
Bonjour à vous deux,

Finie la radiothérapie ! Je ne pensais pas me sentir aussi soulagée après le dernier traitement. J’ai même trouvé suffisamment d’énergie pour proposer à des amis de fêter l’événement avec moi. Nous avions rendez-vous pour le souper à une terrasse. La température était divine et les images de vin blanc dégusté en pareilles occasions ont commencé à défiler. Une fois sur place, j’ai demandé s’il y avait de la bière désalcoolisée, même si ça ne me faisait pas envie du tout. La serveuse m’a alors proposé un virgin ceaser ! Je n’en avais encore jamais pris, mais les propos d’Anonyme à ce sujet ont fait tilt. Ce virgin cocktail a complètement chassé l’envie du vin. Je l’ai même trouvé meilleur. Une heureuse première fois. Merci pour le tuyau, Anonyme.

Je voulais aussi vous anoncer que j’avais entrouvert une porte vers le « dire ». Un tout petit geste, mais bien conscient. J’étais chez un couple d’amis et j’avais apporté de la bière à 0,0%. La conversation a porté sur la consommation d’alcool. Je faisais remarquer à quel point c’était présent dans les séries télévisées. Pas un repas, hormis les petits-déjeuners, où on ne consomme pas, sans compter les nombreuses scènes dans les bars. Ma copine qui boit très peu et toujours dans des occasions spéciales m’a parlé de sa surprise lorsqu’elle avait vu à l’écran une policière se verser un verre de vin dès son arrivée à la maison après le boulot. Elle était seule, a insisté mon amie, quel intérêt y a-t-il à boire seul ? J’ai souri, voire pouffé, intérieurement. Je lui ai répondu que beaucoup de gens prennent un verre en rentrant à la maison pour décompresser et que je m’étais moi-même arrêtée souvent pour acheter du vin après le travail. J’ai ajouté, et c’est là mon mini-pas, qu’après un verre, on s’en verse bien sûr un autre. Je n’ai pas précisé que la bouteille y passait dans la soirée, mais j’avais effleuré avec une proche la question de mon alcoolisme.

Merci pour vos bons mots pendant les traitements. Oui, le plus gros est maintenant derrière moi.

Bon après-midi sous le soleil.

nanou
21/08/2018, 16h42
Bonjour vous deux,

Ça fait plaisir Mara de te retrouver. Ton traitement a été assez intensif. Il semble s’être fait sur une courte période. Tant mieux si tout s’est bien passé.

De mon côté j’essaie de changer ma vision des choses. Je me rends compte que j’ai des limites au niveau de ma capacité à faire un cheminement en solitaire. Particulièrement ces temps-ci alors que je suis plus fatiguée et donc plus facilement irritable, je trouve ça bien difficile. Je réalise que j’ai intérêt à chercher de l’aide et à échanger verbalement avec d’autres alcooliques. Arrêter de boire c’est une chose, mais ne pas recommencer c’en est une autre et c’est pour cette partie-là que j’ai besoin de soutien.

Voilà où j’en suis dans mes réflexions.

Bonne fin de journée

Anonyme
23/08/2018, 17h54
Bonjour à vous,
Mara, ce que tu racontes comme discussion avec ton amie m’a fait sourire. Ça me rappelle des échanges que j’ai eu moi aussi et qui me faisaient réaliser à quel point notre perception vis-à-vis de l’alcool est différente quand on a un problème que pour quelqu’un qui n’a pas de problématique. Quel intérêt de boire seul? Et pour nous, et bien c’est évident que plein de gens le font. En fait, je me demande jusqu’à quel point c’est vrai et que ce n’est pas seulement nous qui avons cette perception? Je me pose la question mais je ne le sais pas. Juste pour donner un exemple après que j’ai arrêté, un ami était venu manger chez moi. Comme je ne buvais plus et qu’on était pour être juste les deux, il s’était apporté une bouteille de vin. Plus tard dans la soirée, on était en train de ranger et il me demande ou est le bouchon de la bouteille afin qu’il puisse la refermer et la mettre au frigo. Le bouchon???? Dans la poubelle que je l’avais mis. Alors on avait rigolé parce que moi, jamais je ne refermais une bouteille de vin, c’est clair que le bouchon pouvait aller à la poubelle direct et je ne me suis jamais posé de question là-dessus. Il y a plein de petits comportements comme ça où on croit que c’est tout le monde qui fait comme ça mais qu’en fait, je me suis rendu compte que non. Même chose, plein de gens n’ont pas besoin d’avoir d’alcool pendant un repas alors que, pour moi, le repas était incomplet s’il n’y avait pas la bière avant, le vin pendant, etc. J’incitais finalement les gens à boire plus qu’ils ne le font en réalité quand ils étaient en ma compagnie. Et je n’en n’avais pas du tout conscience. Mais il reste que c’est quand même vrai que on est hyper sollicité parce que boire est quelques chose d’associé aux fêtes, au côté sociable, etc. Il y a beaucoup de pub aussi.

Concernant la bière sans alcool, ça me fait sourire aussi parce que ça me fait penser à un panneau publicitaire que j’ai vu sur l’autoroute récemment. C’est une pub de bière 0,0% d’alcool et sur le panneau il est écrit : pour les vrais amateurs de bière. En le voyant, ça m’a fait rire parce que je me suis demandé si réellement les vrais amateurs de bière boivent de la bière sans alcool??? Mais encore là, ma perception est peut être biaisée parce que moi, à choisir, jamais l’idée me serait venue d’acheter de la bière sans alcool à la place de la vrai bière.

Mais c’est un bon pas en avant Mara, comme on a déjà discuté, je pense que le fait que notre entourage proche sache que nous ne souhaitons plus boire, nous ferme un peu plus la porte vers la consommation.

Nanou je crois vraiment que tu fais le bon choix. Comme tu dis, arrêter est une chose et se maintenir dans l’abstinence en est une autre. Je te souhaite de persister avec les réunions parce que je crois vraiment que c’est un très beau cadeau que tu t’offres. N’importe quand si tu as besoin (pour toi aussi Mara), cela me fera toujours plaisir.


Je vous souhaites une très belle soirée

Mara
27/08/2018, 13h29
Bonjour à vous deux,

Nanou, c’est tellement impressionnant que tu aies arrêté de boire d’un coup et par toi-même qu’il est difficile d’imaginer que tu puisses recommencer. Mais, comme on se le disait, rien n’est acquis. C’est super que tu aies décidé de trouver du soutien auprès d’autres alcooliques. Parlant d’aide, si je me rappelle bien, la fatigue chez toi était liée à un ennui de santé. J’espère que le surcroît dont tu parles n’est pas inquiétant et que tu as enfin pu consulter un spécialiste.

De mon côté, oui, les traitements ont été de courte durée. J’ai bénéficié des résultats d’une autre étude. On s’est aperçu qu’avec un certain type de traitements (j’ignore s’ils sont plus intenses), on arrivait au même résultat en trois semaines plutôt qu’en quatre à six. Je vais bien. L’énergie remonte et je ne pense pas à boire d’alcool.

Anonyme, la pub « Pour les vrais amateurs de bière » m’a bien fait rire. Après avoir goûté des vins blancs désalcoolisés supposément réussis, moi non plus, je ne présenterais pas une 0,0 % à des connaisseurs comme une véritable bière. Ceci dit, dans le cadre du Défi 28 jours de la Fondation Jean Lapointe, on a dressé la liste des meilleures bières désalcoolisées ou presque. Certaines ont même une bonne cote. J’apporte toujours plusieurs bouteilles à 0,0% lors de soupers, pique-niques, etc. Chaque fois, au moins une personne en prend simplement pour goûter ou pour éviter de consommer un deuxième verre d’alcool avant de conduire.

L’un des avantages de ces bières, c’est que certaines sont faibles en glucides et en calories. En plus, on peut faire tous les « drinks » à la bière sans consommer d’alcool. Une alternative aux sempiternels mélanges de jus et d’eau minérale.

Comme on est souvent amené à réfléchir au fil de cette discussion, j’ai tenté de trouver une ou des réponses à la question soulevée par Anonyme : « Quel intérêt de boire seul? Et pour nous, et bien c’est évident que plein de gens le font. En fait, je me demande jusqu’à quel point c’est vrai et que ce n’est pas seulement nous qui avons cette perception? Je me pose la question mais je ne le sais pas. » J’ai googlé et trouvé beaucoup de messages où il est question de buveurs solitaires, qui laissent croire que le phénomène est répandu. Rien sur le sujet au Québec, mais deux URL européennes intéressantes.
https://aide-alcool.be/alcool-femmes
http://madame.lefigaro.fr/societe/alcoolisme-parental-interview-michel-lejoyeux-psychiatre-addictologue-161117-145597

Merci, Anonyme, de m’offrir ton aide si jamais je désire assister à des réunions avec d’autres alcooliques. Ça pourrait être le cas un jour.

Bonne fin de journée et au plaisir.

nanou
05/09/2018, 18h28
Bonjour vous deux,

Merci pour vos bons mots.

Mara, avec tout ce que j’entends aux rencontres entre alcooliques, c’est en effet surprenant que j’aie arrêté de consommer par moi-même. Et je réalise que le danger de rechuter est toujours présent, peu importe le nombre d’années d’abstinence. Je pense donc que ces rencontres me sont nécessaires. Pour moi, c’est une façon prévoyante d’éviter de gros problèmes.

L’alcoolisme est une maladie qui fait des ravages et qui progresse de façon fulgurante. On ne peut pas en guérir mais on peut en bloquer la progression en arrêtant de boire. Ça fait partie de ce que j’ai retenu jusqu’à présent.

Côté santé, il n’y a pas eu d’amélioration. Je suis toujours en attente au guichet des spécialistes. Mon cas n’est pas grave, mais assez inconfortable. En effet, ça me cause de la fatigue dont je me passerais bien. Je vais m’en tenir à ces propos, avant que les gros mots sortent …

Dernièrement, j’ai pu partir en vacances, mes premières sans alcool. Ça s’est bien passé et ça m’a fait du bien. C’est sûr que l’alcool est omniprésent dans un endroit de villégiature. Mais les mots de Mara: "futile et inutile" me sont revenus en mémoire plus d’une fois. Malgré moi, j’ai été témoin des abus d’une jeune femme. En fin d’après-midi, après avoir enfilé plusieurs bières et ensuite une bouteille de vin, elle a à peine touché à son repas et on ne l’a pas revue de la soirée, alors qu’il faisait si bon prendre l’air en admirant le coucher du soleil. Ça m’a rappelé des souvenirs …

"Quel intérêt de boire seul?" C’est discret. Ça dérange surtout la personne qui boit. Et on n’a pas à s’expliquer. Situation parfaite pour un alcoolique. J’ai bien expérimenté cela.

Là-dessus, je vous souhaite une bonne fin de soirée.

Anonyme
06/09/2018, 23h00
Bonsoir,

Merci Mara pour les liens, ces textes sont très intéressants. J’ai aussi beaucoup consommé en solitaire. Mais je crois bien que le fait de boire seulE, pour décompresser est une habitude qui pourrait être à risque. C’est difficile à comprendre pourquoi des gens développeront le problème de l’alcoolisme et que d’autres ne le développeront pas.

En fait, je me rends compte que j’ai beaucoup de mal à savoir ce qui est normal quand on parle de consommation versus ce qui ne l’est pas. Parfois je me demande aussi depuis combien de temps j’ai ce problème et encore là, je trouve que c’est difficile à savoir.

Est-ce qu’on peut être quelqu’un qui boit de façon excessive pendant plusieurs années, sans être encore alcoolique, et ensuite développer le problème et le devenir? Ou c’est l’inverse et c’est pour ça que certains ont des habitudes de consommation à risque, parce qu’ils ont justement le problème à la base? La poule ou l’œuf? Un ensemble de facteurs sûrement...

Tout ça pour dire finalement que des gens peuvent peut être avoir des comportements qui peuvent les mener sur une pente glissante et que, allons savoir pourquoi, ces gens ne développeront pas le problème et ne glisserons peut être jamais.

Nanou c’est super que tes vacances se soient bien passée et que tu aies pu en profiter. Comme on a déjà dit, on gagne beaucoup de temps dans une journée en ne buvant pas et en vacances, on dirait que c’est encore plus appréciable.

Je vous souhaite une belle fin de soirée

Mara
14/09/2018, 14h45
Bonjour à vous deux,

Oh, que j’ai eu envie de prendre un verre samedi dernier pour me détendre à la suite de petites contrariétés ! Pas grand-chose, mais l’effet décontractant de l’alcool me titillait. Je me voyais au resto avec un verre de blanc. Finalement, j’y suis allée avec un livre. J’ai choisi un plat original par sa présentation et ses ingrédients, et les serveurs m’ont recommandé des titres et des auteurs. Je n’ai bu que de l’eau, me suis changé les idées et suis revenue chez moi apaisée. Ouf ! Un hasard qu’on ait été si gentil avec moi ? Peut-être que nos proches ne sont pas les seuls à deviner nos besoins et à nous apporter du soutien.

Je suis tombée sur un autre article intéressant, britannique cette fois : « Non, arrêter l'alcool ne fait pas de moi une rabat-joie, alors arrêtez de critiquer mon choix ». Yeh, l’alcool n’aurait pas la cote chez la génération Y !
https://www.huffingtonpost.fr/laura-o-donnell/non-arreter-lalcool-ne-fait-pas-de-moi-une-rabat-joie-alors-arretez-de-critiquer-mon-choix_a_23510287/

J’ai marché beaucoup des jours derniers en vue de la randonnée à laquelle je participerai la semaine prochaine. J’espère que ces vacances seront aussi sobres que bienfaisantes.

Au plaisir.

nanou
14/09/2018, 21h42
Bonsoir vous deux,

Bravo Mara d’avoir évité le piège de la consommation. Et tu as réussi à te détendre sans alcool. J’imagine que ton expérience au chalet t’est revenue en mémoire et que tu n’as pas eu le goût de revivre ça.

"Non, arrêter l'alcool ne fait pas de moi une rabat-joie, alors arrêtez de critiquer mon choix." Je suis d’accord, l’abstinence n’exclut pas le plaisir. Depuis que j’ai arrêté de boire, j’apprécie davantage les rencontres sociales. Je suis plus en contact avec mon plaisir et plus ouverte aux autres. Et, même quand je suis seule, je me sens bien mieux. Je dois ajouter que j’ai de la chance, parce que, jusqu’à présent, les gens de mon entourage n’ont pas critiqué mon choix. J’imagine même qu’au contraire ils trouvent que je suis plus agréable qu’avant.

Anonyme, tu as écrit: "C’est difficile à comprendre pourquoi des gens développeront le problème de l’alcoolisme et que d’autres ne le développeront pas."
Je me suis justement passé cette remarque pendant mes vacances alors que mon compagnon n’a pris aucun alcool, malgré le fait que je le mettais à l’aise d’en prendre. Je me disais: pourquoi ça ne lui cause pas de problème à lui? En plus qu’il a eu un père alcoolique. Alors que moi, j’ai un problème de dépendance. Lui est capable de boire avec modération et moi non. Si je recommence à boire, je vais nécessairement en arriver encore à trop consommer et nuire à ma santé. C’est en effet difficile à comprendre.

Mara je te souhaite une randonnée aussi bienfaisante que vivifiante.

Bonne fin de soirée à vous deux.
:)

Anonyme
17/09/2018, 09h20
Bonjour
Mara, je me joins à Nanou pour te souhaiter une bonne randonnée et de bonnes vacances, dans la sobriété.

"Non, arrêter l'alcool ne fait pas de moi une rabat-joie, alors arrêtez de critiquer mon choix". Je ne crois pas moi non plus que j’ai moins de plaisir en ne buvant pas, au contraire. Quand je vais à des occasions et que je vois des gens qui consomment trop, ça me fait souvent me rappeler ce que c’était. Les souvenirs que j’en garde sont ceux de mes dernières années de consommation, une période où il n’y avait plus beaucoup de notion de plaisir lié à la consommation. Je ne m’ennuie donc pas de cette période. Et ceux qui me connaissent ne critiquent pas mon choix non plus.Je crois même qu'à l'inverse, ils me préfèrent à jeun.:cool:


Bonne journée

Mara
17/09/2018, 11h36
Bonjour,

Oui, Nanou, mon expérience au chalet m’est revenue en mémoire a pesé lourd dans ma décision, de même que «futile, inutile». J’ai aussi pensé à nous. Je n’avais vraiment pas envie de me faire du tort et d’avoir à décrire un autre faux pas.

Anonyme, j’applique tes conseils dans la préparation de mes vacances. J’essaie de faire simple pour éviter le stress qui, avec l’âge, se manifeste rapidement quoique, dans ce domaine, je sois assez douée naturellement. J’ai profité d’une mini-excursion pour tester mes capacités et mon matériel. Ça me permettra d’améliorer quelques petits trucs avant le grand départ.

Quant à l’article que je vous ai envoyé, il ne faisait que confirmer que non, nous ne nous sentons pas rabat-joie. Il confirme aussi que l’alcool est encore trop souvent pris à la légère. Heureusement, le message commence à passer chez certains jeunes.

Portez-vous bien et au plaisir.

Anonyme
15/10/2018, 21h56
Bonsoir,
J’espère que vous allez bien toutes les deux?
Mara, peut être es-tu revenue de ton voyage? J’espère que ça s’est bien passé pour toi et que tu as pu faire le plein d’énergie et que l’alcool ne t’a pas trop donné de misère. J’espère que la santé va bien aussi.


Nanou, j’espère que tout va bien pour toi aussi...


Bonne fin de soirée:)

Mara
16/10/2018, 13h08
Bonjour à vous deux,

Il faut croire que nos planètes étaient alignées : j’ai trouvé le message d’Anonyme comme je m’apprêtais à vous écrire. Oui, les vacances ont été énergisantes, vivifiantes et sobres. À la fin de la journée, certains marcheurs allaient prendre une bière, mais je n’ai pas eu à me dire une seule fois « futile, inutile ». J’étais bien trop fatiguée pour les suivre. Mieux valait recharger mes batteries en lisant.

J’ai été fort surprise de constater que certains randonneurs fumaient ! J’ai songé une fois ou deux à demander une cigarette, voire une « puff », mais ça a passé assez vite. Dans ce fil de discussion, il est principalement d’alcoolisme et des manières de ne pas y succomber. De mon côté, l’envie de fumer se manifeste beaucoup plus souvent que celle de boire. Onze mois après avoir écrasé, je ressens encore plusieurs fois par jour des « rushs » de fumer, ce qui n’est pas le cas pour l’alcool. On m’avait bien dit lors des séances de soutien pour arrêter de fumer que l’envie demeurerait à vie. J’espérais que ce ne serait pas le cas, mais… J’ai quand même constaté récemment que l’obsession du tabac liée au café du matin avait disparu.

Je traîne de la patte depuis mon retour (fatigue, rhume, malaises divers), raison pour laquelle j’ai tardé à vous écrire. J’ai quand même repris ma psychothérapie la semaine dernière, après huit mois d’interruption. J’ai beaucoup parlé de mon cheminement vers la sobriété. J’ai dit à ma psy que l’abstinence me permettait d’être beaucoup plus présente aux autres et elle m’a fait remarquer que cela me permettait également d’être beaucoup plus présente à moi-même. Je n’avais jamais fait le lien. C’était sans doute ce que tu sous-entendais, Nanou, par « Je suis plus en contact avec mon plaisir ».

J’ai aussi dit à ma psy que je devais arrêter de consommer définitivement, que toutes les personnes qui avaient tenté de boire à l’occasion avaient repris leur ancien rythme, ce qu’elle a confirmé. Elle m’avait dit un jour que j’étais capable de me maîtriser et cela avait laissé une mini-ouverture dans ma tête, mais cette fois, le sujet est clos. Merci, Anonyme, pour tes témoignages en ce sens et pour ta persévérance à nous convaincre. Nanou, j’espère que tu trouves le soutien que tu cherchais auprès de certains de nos acolytes.

Portez-vous bien et au plaisir.

nanou
17/10/2018, 17h32
Bonjour vous deux,

Mara, c’est super que tes vacances de randonnée se soit bien passées.
Et bravo pour ton cheminement dans la sobriété.

Tu n’es pas la seule à trouver que le goût de fumer prend du temps à passer.
Quand j’ai cessé de fumer à 25 ans, je me souviens d’en avoir rêvé pendant presque trois ans. Mais, une fois libérée de l’envie de fumer, l’odeur de cigarette est devenu insupportable, de sorte que c’est devenu très facile de ne pas fumer.

Ma participation à un groupe de discussion entre alcooliques m’amène à réfléchir beaucoup sur la personne que j’étais lorsque je buvais et celle que je suis en train de devenir. Oui je suis davantage en contact avec ce que je ressens et davantage ouverte aux autres. Je reçois beaucoup dans ces rencontres et je pense que je vais opter pour un abonnement à vie. J’y côtoie des personnes très attachantes, qui disent des choses qui me rejoignent.
J’ai juste le goût de continuer et d’en apprendre davantage sur le mode de vie préconisé.

Anonyme, je ne te dirai jamais assez merci pour l’aide que tu m’as apportée. Tu m’as bien préparée et tu m’as facilité les choses quand j’ai été prête pour ma première réunion.

Bonne fin de journée.

Mara
22/10/2018, 22h58
Bonsoir à vous deux,

Nanou, ce que tu écris à propos de tes rencontres entre alcooliques me fait réfléchir. Peut-être que je suis passée à côté de quelque chose, ou de personnes, les quelques fois où j’ai assisté à des réunions AA. Je me rappelle avoir écouté une discussion. Je me tenais en retrait, complètement déroutée. Par contre, à la fin de certaines soirées, la présence d’un jeune homme accompagné de sa copine me touchait au plus haut point. C’était le seul jeune et il semblait tellement bien dans sa peau, si loin d’être dépendant. Je l’admirais d’être là au milieu de personnes dans l’ensemble pas mal plus âgées et de s’attaquer relativement tôt dans sa vie à son problème. Si j’allais aujourd’hui à des réunions semblables, je serais sans doute beaucoup plus à l’aise de m’ouvrir aux autres et de les accueillir. J’adresserais peut-être la parole à ce jeune.

La fumée de cigarette m’est déjà très désagréable, mais on dirait que fumer est un réflexe. Trois ans à en rêver, dis-tu? Je n’en ai pas fini avec la gomme à mâcher et les bonbons sans sucre ! Côté alcool, je ne compte plus les mois écoulés depuis la dernière fois où j’ai consommé. Ça ferait trop peu. Je laisse aller. Un jour, ça devrait faire beaucoup.

Bonne fin de soirée et au plaisir.

nanou
27/10/2018, 21h36
Bonsoir,

Mara, je suis nouvelle dans le mouvement et je ne peux pas dire que je sois à l’aise à 100% avec la façon de fonctionner. Je peux te partager mon expérience à date mais je ne voudrais pas que tu penses que je t’incite à adhérer à quoi que ce soit. C’est simplement à titre informatif que je le fais.

Au début j’étais déroutée moi aussi. Je me sentais perdue dans ce monde qui m’était inconnu jusque là. Je trouvais que ça faisait beaucoup à digérer. Et je dois avouer qu’au retour de mes premières réunions (qui se tenaient le soir), j’avais du mal à trouver le sommeil.

J’ai quand même persisté. Parce que j’ai été bien accueillie, parce que j’y ai vu des personnes épanouies, parce que j’ai apprécié l’esprit d’entraide. Dans chacun des témoignages que j’ai entendus, il y avait au moins un aspect qui me rejoignait.

Dans le premier groupe où je suis allée, j’ai échangé avec des personnes plus habituées au mouvement. Deux d’entre elles m’ont parlé d’un autre groupe dont le mode de fonctionnement est différent et elles m’ont suggéré de m’y présenter la semaine suivante pour voir si ça me convenait.

Ce nouveau groupe est devenu mon groupe d’attache et je m’y sens de plus en plus à l’aise. Il s’agit d’un groupe de discussion où, suite à la lecture de quelques pages d’un livre, chaque personne peut, si elle le désire, s’exprimer. Une fois par mois, une personne nous livre son témoignage et on peut ensuite s’exprimer aussi si on veut.

Je retourne à ce groupe à chaque semaine. Je pense que le support que j’y trouve va me permettre d’atteindre mon objectif, celui de rester sobre. Et puis toutes ces personnes sont très attachantes et respectueuses. À chaque fois, je suis heureuse de les retrouver et d’échanger avec elles.

La beauté de l’affaire c’est que c’est toujours correct. Peu importe comment je me sens ce soir-là, je peux écouter, je peux me taire, je peux parler, c’est correct.
Ça me fait du bien à chaque fois. Et je n’ai plus de problème à m’endormir au retour.

Jusqu’à présent, ça fonctionne bien pour moi. Mais je peux très bien comprendre qu’il puisse en être autrement pour quelqu’un d’autre. Il s’agit d’une démarche personnelle et je suis capable de respecter le choix des autres. Encore une fois, j’insiste pour préciser que je ne fais pas de propagande.

Bon dimanche malgré le temps maussade…
:)

Mara
03/11/2018, 20h37
Bonsoir,

Nanou, merci d’avoir pris le temps de me parler de ton expérience. Non, je ne ressens aucune pression de ta part pour que j’adhère à un groupe. Anonyme non plus n’avait pas fait de propagande en ce sens et je vous reconnais là toutes les deux.

Ton groupe d’attache m’intéresse particulièrement. Sa formule me rejoint, notamment la lecture de quelques pages d’un livre, suivie d’une discussion à laquelle on peut prendre part si le cœur nous en dit. Je serais curieuse de savoir de quel type de livre il s’agit. Je suis certaine que tu rencontres des personnes intéressantes et respectueuses. Cela va de soi.

Les séances avec ma psychologue continuent de m’apporter beaucoup. Lorsqu’elles prendront fin, je serai peut-être tentée de me joindre à un groupe, mais chaque chose en son temps.

J’étais préoccupée ces derniers temps parce que j’avais des tests à passer à l’hôpital. J’essayais de rester dans le présent, mais l’inquiétude me grugeait par en-dessous. Finalement, tout est beau et je n’ai pas songé à boire pour me détendre.

Merci encore pour ton témoignage et bonne fin de soirée.

Anonyme
05/11/2018, 23h05
Bonsoir,


En lisant vos expériences, il y a une phrase de Mara qui me questionne un peu. Quand tu dis : "Peut-être que je suis passée à côté de quelque chose, ou de personnes, les quelques fois où j’ai assisté à des réunions AA". Ce que j’espère de tout cœur Mara, c’est que tu ais eu des membres qui ont été là pour t’accueillir et t’accompagner dans ta démarche quand tu es arrivée dans une salle. L’accueil est toujours très chaleureux et des gens sont normalement là pour accueillir les nouvelles personnes. Je pense aussi qu’il faut se donner du temps. Quand je suis arrivé à mes premières réunions, je n’y comprenais pas grand-chose non plus.



Ce sont de bonnes nouvelles que tout continue à bien aller pour ta santé. Ce n’est pas évident de rester dans son moment présent quand on a des inquiétudes alors que pourtant, dans les faits même si on s’inquiète et qu’on est dans le "prévivre", on ne peut rien changer au résultat. Le seul véritable contrôle qu’on a c’est sur la façon de vivre son moment présent. Il y a une petite phase que j’avais lu quelque part et qui m’avait fait réfléchir. C’est : "S’inquiéter, c’est comme ouvrir son parapluie au cas ou ils pleuvrait ". Si on ouvre notre parapluie au cas où, et bien on se prive du soleil en attendant la pluie, qui n’est finalement pas venue. Mais je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire. Et l'important reste que tu n'as pas eu soif.



C’est super aussi que tu ais fermé la porte que ta psy avait ouverte vers la possibilité de reboire. " Elle m’avait dit un jour que j’étais capable de me maîtriser et cela avait laissé une mini-ouverture dans ma tête, mais cette fois, le sujet est clos.", je trouve que c’est tellement risqué de faire miroité ce genre de chose à un alcoolique. J’ai beaucoup de mal à comprendre ce genre d’approche.


Dépendance pour dépendance, personne ne va essayer de nous convaincre qu’on pourrait fumer modérément, quelques cigarettes par jour ou juste la fin de semaine. Ça va de soi qu’on ne peut pas fumer 3 ou 4 cigarette par jour sans vite retomber au paquet par jour. C’est peut être pour ça que c’est plus facile à admettre son impuissance devant la cigarette que devant l’alcool??



Je vous souhaite une très belle fin de soirée.

Mara
10/11/2018, 16h30
Bonjour à vous deux,

Contente de te lire, Anonyme. Oui, on m’avait accueillie chaleureusement chez les AA. On m’avait aussi remis un jeton avec un numéro de téléphone en cas de besoin. Tout ça m’avait aidée : j'avais mis le jeton sous mon oreiller et je n’avais pas consommé pendant un mois et demi.

Parlant consommation, des amis sont venus me rendre visite et ont apporté une bouteille de vin. Elle est restée entamée sur le comptoir pendant deux jours et je ne l’ai pour ainsi dire pas remarquée. Il reste quelques cuillerées à soupe que j’utiliserai dans une sauce qui aura chauffé, bien sûr. La meilleure sauce avec un soupçon de rouge jamais réalisée !

Ta phrase pour contrer le prévivre est bien chouette. Je vais tenter de m’en souvenir. Quant à celle de ma thérapeute, j’aurais dû la mettre en contexte et changer le temps du verbe : « Elle m’avait dit un jour que j’avais été capable de me maîtriser » une certaine fois. Je parlais d’une circonstance en particulier. Par contre, elle était demeurée muette toutes les fois où j’avais parlé de retrouver la façon de consommer raisonnable que j’avais avant la cinquantaine. Jusqu’où jour où elle a dit : « Une porte s’est ouverte lorsque vous avez commencé à boire trop et régulièrement. » Et j’avais répondu : « Et elle ne se refermera jamais. » Elle avait confirmé d’un signe de tête. C’est moi qui me suis fait miroiter cette possibilité. Récemment, je lui ai dit que toutes les personnes que je connais qui avaient arrêté de boire complètement pendant un certain temps et qui s’étaient ensuite essayées à le faire occasionnellement avaient toutes recommencé. Autre oui de la tête de ma psy pour acquiescer.

J’espère que tout va bien de votre côté. Nanou, ça t’apporte toujours beaucoup tes rencontres ? Anonyme, les trottoirs sont tout beaux autour de toi ?

Bonne fin de journée et au plaisir.

nanou
18/11/2018, 21h39
Bonsoir vous deux,

Anonyme, j’aime bien les exemples que tu nous donnes pour illustrer ton propos.
"Si on ouvre notre parapluie au cas où, et bien on se prive du soleil en attendant la pluie, qui n’est finalement pas venue."
Comme alcoolique, je sens bien l’importance de vivre le moment présent. À chaque fois que ça ne tourne pas rond, j’en reviens à ce principe.

Mara, je te dis bravo d’aller chercher de l’aide auprès d’une psychologue. Comme le dit Anonyme, on est impuissant devant l’alcool.

Personnellement, je préfère ne pas en avoir à la maison. Même si je n’ai plus le goût de boire, je ne prends pas de risque.

Je te souhaite la continuation dans la sobriété. Tu dois sûrement en apprécier les bienfaits.

Bonne fin de soirée à vous deux.
:)

Anonyme
21/11/2018, 08h30
Bonjour
Mara, je comprends mieux ce que tu voulais dire pour ta psy. À un moment, j’ai eu l’impression, que j’avais franchi une ligne au niveau de ma consommation (mais je ne suis pas capable de dire à partir de quand:confused:). Quand je l’ai réalisé je crois qu’il était déjà trop tard. J’ai l’impression que cette ligne, une fois franchie, ne permet plus le retour en arrière. Mais ce n’est qu’une impression parce que je ne le saurai jamais en réalité. Je n’avais pas conscience de mon problème de conso avant de l’avoir franchie (ou en tout cas pas complètement conscience). Mais bref, je crois que maintenant la marche arrière est difficilement envisageable. Comme ce que ta psy a dit avec la porte qui s’est refermée. C’est ce que je crois aussi.


Sinon, les trottoirs ne sont pas trop mal dans mon coin. Je vois quelques trous de temps en temps mais n’ai pas du tout envie d’y sauter. Il y a une de mes amies qui est en rechute actuellement. Ça fait plusieurs mois qu’elle en arrache et qu’elle a du mal à réaccrocher. J’avoue que c’est comme une dose massive de piqures de rappel et ça ne me donne pas le gout de reconsommer. Ça me rappelle aussi qu’on n’est pas à l’abri de ça. Et vous?, j’espère que tout se passe bien par chez-vous et que vos trottoirs sont beaux?


Je vous souhaite une très belle journée à toutes les deux.

Mara
02/12/2018, 14h44
Bonjour à vous deux,

Ah, la fameuse porte ! Qu’est-ce que j’ai tâtonné avant de comprendre ! Je me suis trop longtemps tenu le raisonnement suivant : si je suis capable de passer devant les succursales de la SAQ et d’emprunter l’allée des vins à l’épicerie sans être tentée d’en acheter, d’assister à des repas au resto un verre d’eau à la main, etc., c’est sans doute que j’ai retrouvé la capacité de consommer raisonnablement que j’avais avant la cinquantaine. Quelle erreur ! C’était sans compter le côté perfide de la dépendance. Peu importe la durée de l’abstinence et l’absence d’envie, ça peut revenir n’importe quand et aussi fort qu’avant. Il suffirait d’une déprime, d’un choc émotif ou d’un contretemps, et ce serait reparti.

Tu as bien raison, Anonyme, aucun alcoolique n’est à l’abri d’une rechute et le cas de ton amie me rejoint et me parle. Je suis certaine que tu es très présente et très attentive.

Un an après avoir écrasé, les envies de fumer ont diminué et le besoin de mâcher de la gomme s’atténue aussi, on dirait. Moi qui me croyais accro à la gomme pour toujours. Cette bonne nouvelle m’aide à attendre le retour du soleil et à me préparer mentalement à mon premier Noël au Perrier.

Merci de votre patience et de votre soutien, et gare au rhume !