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Discussion: montreal

  1. #21

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    La plupart des psychologues s'entendent pour dire qu'un des éléments le plus important d'une thérapie est le lien qui est crée avec le thérapeute. Dans le cas des AA, c'est le parrain qui remplit ce rôle. Pour d'autres, ça peut être un médecin, psychologue, psychothérapeute, travailleur social etc.


    À la différence des professionnels, le parrain est traditionnellement disponible 24/7. C'est donc une ressource gratuite et extrêmement utile lorsque le lien est bien établi. Il va pouvoir guider et réconforter dans les moments difficiles.

    La raison principale pour laquelle ce modèle ne convient pas à tout le monde est qu'il ne tient pas compte des découvertes scientifiques qui démontrent comment le cerveau est transformé par l'abus de drogues ou d'alcool et qu'une psychothérapie seule est peu efficace comparativement aux thérapies qui combine pharmacologie et psychothérapie.

  2. #22

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    Pour ta question Modérato, je ne sais pas. Mais de mon point de vue, j’y vois beaucoup de gens pour qui ça fonctionne. Et je ne crois pas de toute façon que les autres méthodes fonctionnent pour tout le monde non plus.

    Aussi, je pense que c’est plus complexe qu’une simple méthode et qu’il y a d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte. (Comme par exemple, si je ne change rien dans mes anciennes habitudes, peu importe la méthode, ça risque de ne pas fonctionner ou pas très longtemps).

    Pour BudLast, concernant le parrainage, un élément qui moi me plait et que je considère important est que je ne me sens pas dans une relation de "thérapeute/client" avec lui. Je me sens accompagné par une personne qui est au même pied d’égalité que moi et qui a un bagage au niveau de son vécu qui est similaire au mien de par son alcoolisme. Il a aussi une façon de vivre son rétablissement qui me plait. Et pour moi ça a beaucoup de poids.

    Sinon, je ne peux pas parler de ce que je ne connais pas. Pour moi ça fonctionne et pour beaucoup d’autres aussi. Et je ne suis pas là pour débattre de toute façon ni pour faire de la promotion. Je suis là simplement pour échanger, en souhaitant que ça puisse en aider d’autres. Peu importe la façon qu’ils prendront pour s’en sortir.

  3. #23

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    Anonyme,

    Tout à fait d'accord avec toi. Il faut éviter d'élever une méthode peu importe laquelle, en dogme qui fait abstraction de toutes les autres.

    Je mentionnais à Moderato sur un autre sujet que nous gardons un biais favorable pour la méthode qui nous sauvé la vie. Les psy. appel ça le biais de confirmation ou effet halo où on a tendance à rechercher des informations qui confirment ce qu'on pense et à ignorer les informations qui pourraient contredire notre opinion. On s'entoure de gens qui pensent comme nous etc.

    Comme Moderato, je m'intéresse aux causes qui font qu'une méthode fonctionne pour certains et non pour d'autres. On peut se considérer en bonne compagnie sur cette question puisque que même les plus grands experts en n'arrivent pas à un consensus.

    C'est bien que tu veille aider ceux qui pourraient bénéficier de ton expérience. C'est d'ailleurs un autre des points positifs que je vois des 12 étapes.

  4. #24
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    Il y a un article ce matin dans Le Devoir, on dirait qu'il a été écrit spécialement par rapport à cette discussion : http://www.ledevoir.com/societe/5193...la-psychologie
    QU'en pensez-vous ?

  5. #25

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    Il y a plusieurs choses dites dans cet article dans lesquelles je me reconnais effectivement beaucoup. Remarque qu’elle a fait son étude auprès de jeunes adultes et j’ai commencé à consommer à l’adolescence, alors je ne sais pas si c’est pour ça que je trouve qu’il y a beaucoup de vérités dans ce qu’elle dit. Je ne sais pas si ceux qui ont commencé à boire plus tard se reconnaissent aussi autant au niveau des quatre raisons, mais je suppose que oui.

    D’abord sur la façon de voir la consommation à l’adolescence, en minimisant les risques. L’adolescence a été pour moi une période de forte consommation. Si je regarde les amis avec qui je me tenais à ce moment, à ma connaissance on est deux à être devenus alcoolique. Avec du recul, je me dis que déjà j’avais des "prédispositions au niveau de mes comportements ou de ma personnalité" puisque parmi ma gagne, je finissais souvent dans un état plus "amoché" que les autres. J’allais toujours au bout et je suis pas mal comme ça dans tout ce que je fais. Mes parents ne sont pas alcooliques non plus, donc je n’ai pas de modèle à ce niveau là.

    Pour les quatre raisons qui mènent à la consommation, je trouve que ça fait aussi beaucoup de sens et je m’y reconnais également dans les personnes plus à risques de développer le problème.

    J’ai aussi toujours été une personne anxieuse de nature et effectivement j’ai trouvé dans l’alcool un très bon anxiolytique. Ça a été efficace longtemps, malgré le fait que ça en prenait de plus en plus jusqu’à un moment ou ça devient impossible de doser sans passer tout droit. Donc l’utilité que j’y attribuais n’y est plus non plus (et on dirait que le cerveau a une mémoire sélective quand il veut, voulant peut être s’accrocher à l’utilité d’avant et en n’oubliant que ça ne répondait plus à ça à la fin).

    Et aujourd’hui, je me rend compte que, peut être parce que j’ai justement beaucoup donné un rôle de "calmant" à l’alcool, et bien les situations qui me génère beaucoup de stress et d’anxiété, si ça dure trop longtemps dans le temps, il reste que pour moi ça devient des situations qui peuvent être un peu plus à risque.

  6. #26
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    Comment ça marche pour le Baclofène? c'est un médicament que tu prends tous les jours, au besoin, ou autre ?

  7. #27
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    J'ai une question pour toi Bud Last : Est-ce que tu prendrais du Baclofène dans le but de re-consommer de l'alcool, modérément ?

  8. #28

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    Je vais commencer par l'article du devoir. Je suis d'accord avec elle quand elle conclut que la toxicomanie est multifactorielle. Malheureusement, la plupart des thérapies on tendance a se camper dans un modèle qui fait abstraction de l'ensemble des causes et des répercussions biopsychiques de l'alcoolisme. Malgré le fait que l'alcoolisme ait été reconnu comme une maladie à part entière depuis 1950, il persiste encore en 2018 une perception publique et même chez certains professionnels de la santé, qu'il s'agit d'un problème qui relève plus d'un manque de volonté que d'une maladie. Ceci explique du moins en partie, pourquoi on n'est pas plus avancé…
    Mon seul bémol sur cet article porte sur l'étude qu'elle a menée sur l'anxiété. La description qu'on en fait ressemble plus à une expérience qu'une étude qui demande habituellement des protocoles et une méthodologie plus complexe.

    Pour Anonyme,
    Je me reconnais tellement dans ton parcours. J'ai remarqué que c'est aussi le cas pour une multitude d'autres personnes que j'ai connue sur différends forums. L'anxiété mal gérée est un thème récurant chez les toxicomanes et c'est pourquoi les psychothérapies et les médicaments appropriés sont si utiles.

    Pour Moderato,
    Le Bacloféne m'a permis de me sevrer sans m'arracher les trippes. La psychothérapie m'a permis d'acquérir les outils nécessaires pour corriger le cycle mental qui entretenait ma dépendance. Ces deux éléments plus le temps m'on permis de reconstruire mon monde avec des habitudes de vie saines qui m'ont menés vers des projets très valorisants.

    Aujourd'hui, je prends toujours 80mg de Baclofène par jour. Je prends du vin au souper le vendredi et le samedi mais rien le reste de la semaine. Je ne conseille pas ce régime à tout le monde mais pour moi, ça fonctionne. Peut-être qu'un jour je cesserai complètement le Baclofène et je n'exclus pas l'option d'arrêter complètement de boire non plus. Le vin avec le repas, c'est plus un aliment qu'un lubrifiant social et si jamais je trouvais un vin sans alcool qui n'est pas dégeulas, j'en serais très heureux.

  9. #29
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    Merci pour tes réponses. Je continue à me poser cette question à laquelle tu as répondu pour toi : tu pourrais arrêter complètement l'alcool.

    La question que je me pose : Est-ce que des personnes membres des AA tenteraient de re-consommer de l'alcool "normalement" en essayant le Baclofène?

  10. #30

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    Bonne question.
    Je n'ai jamais entendu parler d'un cas semblable. Personnellement, ce n'est pas qq chose que je suggèrerais et je doute qu'un médecin le prescrirais pour cet usage.
    Je vais te donner ma compréhension du fonctionnement du Baclofène.

    Chez la personne alcoolique, le système régulateur de l'humeur est complètement dérèglé. Ce système régulateur dépend de l'équilibre entre le GABA et le Glutamate ; deux acides qui agissent sur les neurotransmetteurs. Le Glutamate excite alors que le GABA détends.
    Quand ces deux acides sont équilibrés dans le cerveau, on a une humeur relativement stable mais l'abus d'alcool vient dérégler la quantité de GABA. Résultat, le Glutamate part en peur et augmente considérablement l'excitation du cerveau ce qui entraine les cravings.

    Le Baclofène rétablit graduellement ce déséquilibre et donne le temps au cerveau de ce rétablir. Ça prend du temps et pour ceux chez qui ça fonctionne, le sevrage est beaucoup moins difficile.

    Chaque personne étant différente, le temps requis pour que les cravings soient sous contrôle est variable. Pour la personne qui ne boit plus depuis au moins un an, je suppose que l'équilibre GABA/Glutamate est revenu normal mais je pense qu'il y d'autres mécanismes neurologiques qui font qu'une rechute demeure possible.

    Il ne faut pas oublier que pour quelqu'un qui à arrêter de boire grâce aux 12 étapes, le conditionnement mental mène souvent à la certitude qu'un seul verre sera suffisant pour causer une rechute. Si c'était mon cas, pas certain que je voudrais prendre une chance comme ça…

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